CETTE PAGE EST UN HOMMAGE AU COMMANDANT, OFFICIERS, OFFICIERS MARINIERS, QUARTIER-MAITRES ET MARINS DE CE BÂTIMENT DE LA MARINE NATIONALE

                                    

                                                                      

DESSIN YANN LEBRIS NET MARINE  


 

CASABIANCA ( sculpteur : Georges Saupique )
L'homme lutte contre l'étreinte d'une pieuvre, à l'image du sous-marin « Casabianca » qui, le 27 novembre 1942, s'échappe du port de Toulon investi par les Allemands et devient le symbole des Forces Navales Françaises Libres

 

                                                                                                

                                    

 

 


 

video ecpad     

Casabianca un sous marin francais

décembre 9, 2013 - 13:11

                                        

Titre : La Corse libérée, l’épopée du Casabianca 1942-1943  (2014) 

Genre : Documentaire

Durée du film : 52 minutes

Ecrit et réalisé par Christophe Muel

Avec le soutien  de la Collectivité territoriale de Corse, 

de la DMPA, en partenariat avec le CNC et de la Procirep/Angoa

 

Présentation : La Corse libérée, l’épopée du Casabianca 1942-1943  (2014)


http://www.kilaohm.com/#!la-corse-libre/cm14

Le 27 novembre 1942, le sous-marin Casabianca s’échappe du port de Toulon alors que l’essentiel de la flotte française fait, elle, le choix déshonorant de se saborder après l’invasion de la zone libre par les Allemands. Le commandant L’Herminier et les 85 hommes de son équipage qui refusent d’abandonner le combat, vont alors devenir l’instrument indispensable à la nouvelle étape de la libération du pays : la reconquête de la Corse. A l’aide de témoignages d’anciens sous-mariniers, d’archives et d’extraits du long métrage « Casabianca » tourné dans l’immédiate après guerre, « L’épopée du Casabianca » revient sur cet épisode méconnu de la Libération de la France.

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Bonsoir,
Le commencement de la fin pour le Centre Marine de la Pépinière : la décision de fin d'utilité pour les besoins de la Défense et vente sous 3 ans.
Ce qui confirme la nécessité d'un nouveau point de chute pour l'ACORAM et un grand nombre d'associations "marine".
Bonne soirée

 

                                             

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Pour venir en aide aux patriotes corses insurgés, le général Giraud décide, depuis Alger, d'envoyer les chasseurs de la Troisième compagnie du Bataillon de choc. Embarqués le 11 septembre à bord du sous-marin "Le Casabianca" , ils débarquent dans la nuit du dimanche au lundi 13 septembre à 1 heure du matin sur le quai de la République à Ajaccio. Les "Chocs" sont rejoints spontanément par des patriotes corses, guerriers improvisés, semblables aux soldats de l'an II, qui constitueront la Quatrième compagnie du Bataillon de choc dite Compagnie Corse







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Pour répondre au débarquement anglo-américain le 8 novembre 1942 en Afrique du Nord, l'armée allemande envahit la zone libre et donne l'assaut à Toulon. Afin de ne pas tomber aux mains des Allemands, la flotte française se saborde le 27 novembre 1942. Le Casabianca s'échappe sous la mitraille pour poursuivre la lutte. C'est le début d'une glorieuse aventure, très fidèlement relatée par le commandant L'Herminier en hommage à son équipage. Les missions secrètes sur les côtes de Corse se succéderont jusqu'à la libération de l'île. Frappée du sceau de l'héroïsme le plus pur, une des plus belles pages de l'Histoire de la Marine nationale vient d'être écrite. Jean L'Herminier, né le 25 janvier 1902 à Fort-de-France, entre à l'Ecole navale en 1921 et s'oriente dès 1927 vers les sous-marins. Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre exceptionnel en 1932 en raison de sa belle conduite lors d'une explosion à bord du Persée. Affecté sur le Sidi-Ferruch en novembre 1940, il doit interrompre son commandement début 1942 pour raison de santé. Après un séjour à l'hôpital, il obtient en avril 1942 le commandement du Casabianca, sous-marin de 1500 tonnes, à bord duquel il s'illustrera

                         

L'indicatif international du Casabianca est   F B C B

                               

 
Le capitaine de vaisseau Jean L'Herminier

 

Issu d'une famille de marins, Jean l'Herminier, né en 1902, entre à l'École navale en 1921 et devient ensuite un spécialiste des sous-marins; mais c'est à bord du Montcalm qu'il participe à la campagne de Norvège en avril 1940, puis aux combats de Dakar.

Après avoir quitté le commandement du sous-marin Sidi-Ferruch, sous l'effet d'une grave maladie, au début de 1942, son énergie et son courage lui permettent de recevoir le commandement du sous-marin Casabianca dès avril. Il le sauve du sabordage de la flotte à Toulon en novembre 1942. Le 13 septembre 1943, il entre en libérateur dans la baie d'Ajaccio.

Éprouvé par la maladie, il est contraint de transmettre son commandement en octobre 1943, et subit immédiatement l'amputation des deux jambes. Maintenu exceptionnellement en activité de service, il sert la Marine jusqu'à sa mort en juin 1953.

article marine nationale

COLLECTIVITÉS DÉCORÉES DE LA MÉDAILLE DE LA RÉSISTANCE

Entre parenthèses, la date du décret et la lettre R pour une attribution de la médaille avec rosette

Sous-marin CASABIANCA ( 03/08/46 R )

La Médaille de la Résistance récompensait les personnes ou les collectivités françaises ayant :

¨  pris une part spécialement active depuis le 18 juin 1940 à la résistance contre les puissances de l’Axe et leurs complices sur le sol national ou en territoire relevant de la souveraineté française ;

¨  pris une part effective et importante au ralliement de territoires français à la France combattante ou rendu des services signalés dans l’effort de guerre de ces territoires ;

¨  joué un rôle éminent à l’étranger dans la propagande et dans l’action des organisations destinées à grouper et à soutenir les efforts de la Résistance ;

¨  rallié des troupes, des navires ou des avions dans des conditions exceptionnelles de difficultés ou de dangers ;

¨  rejoint les Forces Françaises Libres dans des conditions particulièrement dangereuses et méritantes

 

 

DECESERMI.jpg (217014 octets)   COLS BLEUS DU SAMEDI 13 JUIN 1953 N°305  

   

ermibrest.jpg (110258 octets)   cols bleus 05-07-2003 N° 2666

 

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fr_1570 : Bicentenaire du rattachement à la France
Bicentenaire du rattachement à la France
fr_2808 : La Libération
La Libération

Le 8 septembre 1943 vers 18 heures 30, la radio annonce un armistice entre les Alliés et l'Italie. Pour les patriotes corses, le signal est donné de l'insurrection : de violents combats s'engagent contre les troupes hitlériennes qui occupent le pays depuis le 11 novembre 1942. Le 9 septembre 1943, la Corse devient le premier département français libéré. L'annonce de cette libération, et de cette résistance donne un nouvel élan aux maquisards et partout en France, les combats s'engagent.
Au bas du timbre, on aperçoit le sous-marin Casabianca commandé par le capitaine Jean l'Herminier qui permit le débarquement du premier commando venu d'Alger.

Notons pour la petite histoire que le film « le Jour le plus long » n'a pas été tourné sur les plages de sable normandes, mais sur la plage corse de Saleccia dans les Agriates (au Nord de l'île). Lors des repérages en 1960, les américains jugèrent les côtes normandes trop défigurées par les résidences secondaires pour y tourner le film avec Robert Mitchum.

Ce timbre comporte une erreur, consultez la page du bêtisier de la philatélie française consacrée à la «baie» de Biguglia (Corse)

 

 

2003 

- Cette année, la Corse célèbre le 60ème anniversaire de sa libération.

 

 

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photos cols bleus liberation de la corse N° 2675 DU 04-10-2003

 

 

                                             

                                               Bulletin AGAASM plongee n° 389 octobre 2003


J.O n° 117 du 20 mai 2004 page 8930
texte n° 8
Présidence de la République
Ordre national de la Légion d'honneur

Décret du 19 mai 2004 portant promotion et nomination

NOR: DEFM0400459D


Ministère de la défense


Par décret du Président de la République en date du 19 mai 2004, pris sur le rapport du Premier ministre et de la ministre de la défense et visé pour son exécution par le grand chancelier de la Légion d'honneur, vu la déclaration du conseil de l'ordre en date des 25 mars et 19 avril 2004 portant que les présentes promotions et nominations sont faites en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur, sont promus ou nommés notamment au titre des articles R. 42 et R. 43 du code de la Légion d'honneur et de la médaille militaire, et au titre des articles 1er et 2 du décret n° 2003-117 du 14 février 2003 fixant les contingents de croix de Légion d'honneur pour la période du 1er janvier 2003 au 31 décembre 2005, pour prendre rang à compter de la date de leur réception, les militaires n'appartenant pas à l'armée active désignés ci-après :


Au grade d'officier

 

MARINE NATIONALE


Gicquel (Louis, Yves, Marie), 22 décembre 1921, maître principal. Chevalier du 25 mai 1974.

 

 

                         http://www.rotilom.com/juin44/corse.htm

 

                                               

ÉQUIPAGE DU CASABIANCA

La plage historique de Saleccia


Cette plage des Agriates est célèbre, en dehors de sa beauté Seychellienne, pour avoir servi de décor à deux évènements historiques :
le sous-marin Casabianca- le débarquement du commandant Colonna d'Istria en Corse en juillet 1943 au cours de l'épopée du sous-marin "Le Casabianca" (Cf. site de Stéphane Delogu)
- le tournage de certaines scènes du film "Le jour le plus long" pour représenter des plages de Normandie (?? sans doute, parce que la météo normande n'était pas aussi clémente que celle de Corse !)
Plage de Saleccia

 

Lermi1.jpg (11439 octets) Base Marine D'Aspretto  Masque du C.F L'HERMINIER
Stele2.jpg (17489 octets) Base Marine D'Aspretto  Masque du C.F L'HERMINIER
Casa70.jpg (57187 octets) CARGESE Monument commémorant le premier contact ,nuit du 13 au 14 décembre 1942 du SM CASABIANCA
Lermin.jpg (38087 octets) AJACCIO (parvis de l'ancienne gare maritime palais des congres en construction)Buste du CF L'HERMINIER Commandant su sous marins CASABIANCA.
TAPE DE BOUCHE DE L'AVISO 69
FANION DE L'AVISO

                     http://www.netmarine.net/bat/avisos/cdtlermi/index.htm

 

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                            CÉRÉMONIE A ARONE

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Je vous informe du décès de Monsieur Georges Vaubourg à l'âge de 90 ans ancien membre de l'équipage du sous-marin Casabianca de 1942 à 1945

       

LES CEREMONIES DES 9 ET 10 SEPTEMBRE 1983 EN CORSE

Première manifestation à la Base Aéro-Navale d'ASPRETTO où le Commandant de la Marine en Corse, en présence des autorités civiles et militaires et des anciens du « CASABIANCA » dévoile la stèle à l'effigie de L'HERMINIER. Un détachement de marins et la musique des Équipages de la flotte rendent les honneurs.

Dans un brève allocution le Commandant LEMERCIER donne la signification de cette cérémonie. Nous en reproduisons ci-après les principaux passages :

 

Extraits de l'Allocution du Capitaine de Vaisseau LEMERCIER, Commandant la Marine en CORSE ( 9 septembre 1983 )

La Marine en Corse renforcée de l'Amicale des Anciens du CASABIANCA et des délégations du CASABIANCA, du l'HERMINIER et du d'ESTIENNE D'ORVES s'apprête à marquer solennellement cette journée.

 

Les marins de carrière et les recrutés originaires de toutes les régions de souveraineté française qui œuvrent ici aujourd'hui ont rendez-vous avec ceux qui ont fait l'histoire. Et je leur propose de vérifier auprès des acteurs et des témoins eux-mêmes l'exactitude de ce petit résumé :

 

-  la libération de la CORSE s'est faite en septembre 43 par le soulèvement des Patriotes contre les occupants, avec l'appui des troupes régulières débarquées à AJACCIO à partir du 12 septembre par des navires de la Marine Nationale. Ce soulèvement a été l'aboutissement de deux années d'efforts, de souffrances, de luttes et de deuils dont nos aînés ont eu leur part.

Ainsi, sommairement instruits du passé, ils se sentiront dépositaires de l’héritage d'honneur que nous ont légué, le CASABIANCA, bien sûr, mais avec lui, les sous-marins « L'ARETHUSE » et « PERLE », les contre-torpilleurs FANTASQUE et le TERRIBLE, et tous ces acteurs de la libération de la Corse.

 

La Marine en Corse est gardienne du masque de l'HERMINIER depuis plusieurs années. Et la stèle que nous allons dévoiler n'est pas neuve ; elle a été simplement déplacée. Car il nous a paru normal, logique, impératif qu'elle soit ici même sur l'alignement de la Batterie Haute, de la Chapelle, du mât de pavillon et du monument aux victimes de l'accident de février 45, nos dernières victimes de la seconde guerre mondiale en Corse.

 

Sur cet alignement qui pointe vers l'Ouest du Golfe où apparut le 12 septembre à 23 heures, le CASA, puis le 14 septembre, les Contre Torpilleurs, unités dont les actions nous permettent de bénéficier quarante ans plus tard, d’une exceptionnelle amitié reconnaissante auprès de toute la population de la Corse.

Ainsi, à chaque cérémonie qui rassemblera sur cette place d'armes tout équipage de la Marine en Corse, l'HERMINIER et le CASABIANCA seront définitivement présents.

Après la messe à la mémoire des morts en la cathédrale d'AJACCIO, c'est la deuxième manifestation en l'honneur du général Paul COLONNA D'ISTRIA. Monsieur Charles HERNU, ministre de la Défense et M. LAURAIN, secrétaire d'État aux Anciens Combattants, dévoilent avec Monsieur Charles ORNANO, sénateur-maire d'AJACCIO, la plaque du square qui porte désormais le nom de notre camarade dont le Ministre dira qu'il fut l'unificateur et chef de la résistance corse.

 

Nous donnons ci-après l'essentiel de l'allocution de Monsieur d'ORNANO : Inauguration de la Place Général Paul COLONNA D'ISTRIA ( 9 septembre 1983 )

Extraits de l'allocution prononcée par M. d'ORNANO, sénateur-maire d'AJACCIO

Le 9 septembre 1943, la CORSE, premier département français à s'être soulevé contre l'occupation fasciste, se libérait du joug de l'oppresseur, préfigurant ainsi ce qui allait, dans les mois suivants, être réalisé sur l'ensemble du Territoire National.

Ainsi, notre Île prenait valeur de symbole et devenait source d'espoirs pour des millions d'hommes et de femmes qui pouvaient enfin entrevoir la fin du cauchemar.

Ce résultat n'a été rendu possible que par l'action infatigable et, bien souvent, le sacrifice de quelques uns qui ont su, dès le début de l'occupation, maintenir vivace la flamme de l'espoir et de faire entendre au milieu des périls la voix de la FRANCE ÉTERNELLE.

 

Parmi ces FEMMES et ces HOMMES, qu'animaient bien souvent des idéologies diverses, mais qui avaient pour point commun le refus de la servitude, nous voulons, quarante ans après, honorer celui qui fut l'artisan infatigable de l'unité de la résistance insulaire, celui sans qui jamais une action efficace n'aurait pu avoir lieu, celui, enfin, qui par ses qualités, son courage et sa force de persuasion réussit à forger les outils d'une libération que d'aucuns jugèrent à l'époque prématurée mais qui donna le signal du soulèvement général.

 

Représentant du Haut Commandement Français à ALGER (1) Paul COLONNA D'ISTRIA alors capitaine de gendarmerie (2) débarque en Corse dans la nuit du 3 au 4 avril 1943 avec mission de « coordonner » les efforts de ses compatriotes, fusionner si possible les éléments particuliers en un faisceau cohérent, homogène, capable d'obéir à une impulsion unique et d'apporter, le moment venu, une aide efficace aux troupes franco-alliées appelées à débarquer en Corse.

 

Investi d'une mission de diplomate, d'une mission de chef militaire, d'une mission politique aussi, Paul COLONNA D'ISTRIA devient alors « CESARI » et parvient, grâce à ses qualités, à atteindre très rapidement l'objectif assigné.

 

Coopté par le FRONT NATIONAL il regroupe les militants locaux des organisations « COMBAT », « FRANC TIREUR », « LIBÉRATION » et les « F.F.L. D'ACTION R 2 CORSE » et devient l'organisateur et, donc le véritable artisan des forces de l'Intérieur.

 

Cette mission une fois accomplie, Paul COLONNA D'ISTRIA participe activement à l'insurrection et fait partie du Conseil de Préfecture (3); avec Arthur GIOVONNI, Henri MAILLOT, Maurice CHOURY et François VITTORI.

 

Le moment de la Libération est arrivé et Paul COLONNA D'ISTRIA peut être fier du chemin parcouru. Le 22 septembre 1943 à AJACCIO il reçoit des mains du Général GIRAUD la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur avec la citation suivante :

 

« Organisateur et chef de la Résistance corse, le Commandant COLONNA D'ISTRIA a pendant six mois mené sur sa terre natale une vie de proscrit, relevant les énergies, armant les patriotes, préparant avec un courage in­domptable la libération de son Pays. A su dans les heures tragiques incarner les plus belles qualités de sa race : FIERTÉ INDOMPTABLE, HAINE FAROUCHE DE L'ENNEMI et AMOUR PROFOND DE LA FRANCE »,

 

Quarante ans après, AJACCIO et la CORSE se souviennent de cette période, de cet homme. Ils ont choisi de perpétuer sa mémoire et solennellement donnent à cette place son nom afin que la postérité se souvienne de l'artisan  de notre liberté recouvrée

...

Une émouvante cérémonie se déroule ensuite au Monument aux Morts d’Ajaccio, des gerbes sont déposées par toutes les associations d'Anciens combattants et résistants et Monsieur Charles HERNU rend hommage à la Corse française.

 

Quatrième manifestation particulièrement poignante en Baie d'Arone (Piana). La marine reconstitue une « opération clandestine » de débarquement de commandos et d'armes par le sous-marin « CASABIANCA ». Une très belle stèle de granit rappelant les opérations clandestines de 1943 est inaugurée après une remise de décorations, dont la rosette de la Légion d'Honneur à notre camarade Laurent PREZIOSI et la Croix de Chevalier à Marie-Jeanne NESA qui recueillit chez elle la mission « PEARL HARBOUR », hébergea et nourrit nos camarades et leurs partisans.

 

Après une allocution remarquable du député-maire de PIANA qui exalte l’élan généreux de tout son village, ce fut Toussaint GRIFFI.

 

Il retraça avec une précision étonnante l'historique de la mission des Services Spéciaux, rendit un hommage chaleureux à ses compatriotes qui furent ses « complices » discrets et combien courageux. Cette intervention écoutée avec une attention soutenue par une assistance nombreuse et respectueuse, fut sans nul doute l’un des moments les plus impressionnants de cette manifestation d'ARONE

...

 

LE 10 SEPTEMBRE en présence des autorités civiles et militaires, des délégations d'Anciens Combattants et résistants, notre Président National  déposait une gerbe en compagnie de Toussaint GRIFFI devant la plaque qui rappelle le sacrifice de Pierre GRIFFI, son cousin, fusillé par les italiens en juillet 1943.

Il faisait de même en compagnie de l'Amiral LASSERRE devant la plaque qui évoque le souvenir de notre héroïque camarade Michel BOZZI exécuté août 1943. En ces deux circonstances, le Colonel PAILLOLE et l'Amiral LASSERRE retraçaient brièvement l'existence exemplaire de ces courageux français. Ils s'inclinaient avec respect devant leur mémoire et saluaient avec émotion leurs familles.

Le 11 SEPTEMBRE 1983 un déjeuner amical réunissait autour du Président national, au mess des officiers d'AJACCIO les adhérents de la Section AASSDN de la Corse du Sud ainsi que les autorités civiles et militaires locales, en particulier le maire-adjoint d'AJACCIO, le Général Commandant Militaire de la Corse et ses principaux collaborateurs.

A l'issue du repas, notre délégué régional saluait et remerciait les convives et le Colonel PAILLOLE, après s'être associé à ces remerciements, concluait cette rencontre par une allocution très importante, résumée en partie par la presse locale, dont nous donnons, ci-après, l'essentiel :

... « C'est pour moi une grande satisfaction d'avoir constaté avec quelle force l'oeuvre des Services Spéciaux de la Défense Nationale s'est imposée au cours de ces journées du souvenir. Avec quelle ferveur elle a été exaltée.

S'il est exact que la population corse a donné l'exemple du patriotisme, du refus d'admettre la défaite, de la lutte contre l'oppression, il est également vrai qu'il fallait à cette résistance dispersée un catalyseur, un fédérateur. Ce fut le rôle de la mission « Pearl Harbour ». Ce fut aussi le grand mérite de notre camarade COLONNA D'ISTRIA...

Je ne minimise nullement, ce faisant, l'importance de l'action de Fred SCAMARONI, l'envoyé du B.C.R.A. mort en héros, ni celle du Front National qui sut galvaniser tant d'énergies...

Il fallait, en réalité, que la résistance corse, à partir du 8 novembre 1942, s'intègre dans le dispositif stratégique mis au point à ALGER par les commandements français et alliés en vue de la libération de l'Europe et notamment de la Corse.

Il appartenait aux Services Spéciaux de la Défense Nationale de concrétiser cette volonté. Ce fut la mission de « PEARL HARBOUR » déposée par le « CASABIANCA » dans la nuit du 14 au 15 décembre 1942 sur les côtes de la Corse : renseigner, alerter, armer et regrouper les résistants locaux, protéger le secret des opérations militaires prévues par le commandement en donnant a l'ennemi l'impression d'une menace imminente sur la Sardaigne et la Corse, alors que le plan arrêté prévoit en Sicile le premier débarquement sur le continent européen.

Dès lors, le « CASABIANCA », la « PERLE », « L'ARETHUSE », appor­tent, aidés par les parachutages clandestins en tous points de l'île, de l'armement et déposent des missives d'action et de renseignements.

Inquiets par cette pression constante sur l'Île, les forces de l'Axe y consolident leurs positions. Aux 80.000 italiens du Général MAGLI s'ajoutent, en Mai et Juin 1943, une unité d'élite allemande : la brigade SS Reichsführer, tandis qu'en Sicile une Division de Panzer renforce les troupes italiennes. Elle fera gravement défaut aux allemands lorsqu'en juillet 1943 les alliés vont débarquer en Sicile.

A partir de cet événement, tout va se précipiter. C'est l'effondrement de l'Italie. Un peu plus tard ce sera le retournement de quelques unités italiennes contre la Wehrmacht...

En Corse on a le tempérament chaud.

La soif d'action est d'autant plus grande que l'on est armé. Le 8 septembre 1943, à l'annonce de la capitulation italienne, c'est l'explosion, c'est l'insurrection.

COLONNA D'ISTRIA qui a pris la tête de la résistance à AJACCIO nous l'annonce par un télégramme qui stupéfie et consterne le commandement allié. Ses plans sont bousculés. L'appel de la Corse est pressant. GIOVONNI, le représentant du Front National, supplie le Général GIRAUD d'intervenir. Avec l'audace et le sens de l'action militaire qui le caractérisent, le Commandant en Chef français décide, seul, de répondre à l'appel.

C'est l'exploit étonnant qui a été conté et célébré ces derniers jours sans qu'aient été précisées les initiatives et les responsabilités prises par le Général GIRAUD. La Corse est libérée. GIRAUD pourrait dire aujourd'hui comme JOFFRE au lendemain de la Marne, ... « on me conteste cette victoire, mais si j'avais échoué, je sais bien qui aurait été le vaincu »...

Après cette délivrance du premier morceau de la métropole où d'un même coeur se sont jetés dans la bataille les patriotes corses, les Services Spéciaux, le 1er Char et la Division marocaine du Général Henry MARTIN, il restait à assurer la sécurité de l'île et préparer le 2e Bond vers la Provence.

Ce fut la tâche à laquelle se consacrèrent nos camarades GRIFFI, AMBROSI, POLACCI, BONNEVIALLE et tant d'autres...

« Jamais les Services Spéciaux n'ont défilé sous l'Arc de Triomphe ». La discrétion est leur loi. Mais ils ne transigent pas avec la Vérité et ils l'exigent toute entière.

Grâce à l'évocation de cette libération de la Corse nous avons revécu les exploits de nos camarades, de SAULE, GRIFFI Toussaint et Pierre, PREZIOSI, BOZZI, LASSERRE, COLONNA D'ISTRIA, j'en passe... et même LUIZET premier Préfet, combien efficace, de ce département libéré.

Tous ces noms entrés désormais dans l'Histoire, sont ceux de vrais soldats issus de notre Maison, conscients de leurs devoirs, prêts au sacrifice... sans arrière pensée partisane.

A t-on suffisamment mis en évidence que ce premier tronçon de France délivré l'a été par des moyens exclusivement français ? Je voudrais que l'on comprenne ce que cela signifiait pour nous après tant d'années, d'humiliation, de misères...

L'exemple que donnait la Corse allait être décisif pour les autres provinces. Après avoir redonné l'espoir à toute la métropole, l'Île allait servir de tremplin pour sa libération. Comment oublier tout cela ? Comment peut-on discuter sur la réalité et la force des liens qui unissent cette province prestigieuse à la France ?

Au delà des diversités d'origine, de caractère, qui font le charme d'une nation, c'est le sang versé pour des idéaux communs qui fondent une PATRIE et la rendent indissoluble ».

 

(1) Ndlr - Général GIRAUD.

(2) Ndlr - Détaché dans les services spéciaux de la Défense Nationale.

(3) Ndlr - C'est M. LUIZET (ancien officier des Services Spéciaux de la Défense Nationale) qui deviendra le premier Préfet de la Corse libérée.

 

 

5 et 6 février 1943. Sur la plage d’Arone

Après l’opération réussie à la mi-décembre, dans la baie de Chjuni, pas loin de là, Le 5 février 1943, le sous-marin Casabianca venant d’Alger est de retour. Le Commandant L’Herminier a raconté ce deuxième « toucher » en Corse dans son livre « Casabianca . Editions France-Empire.

« 5 février 1943. […]La nuit est obscure, le temps calme, la mer légèrement houleuse. L’heure du rendez-vous est passée. Mais nous n’apercevons point de signaux à terre. Qu’est-il arrivé ? le coin est-il brûlé ? comme celui de Cros-de-Cagnes ? A 400 mètres de terre, nous stoppons et mettons le youyou à l’eau. Asso et Cardot prennent les avirons, les agents (Bozzi * et Chopitel**) embarquent avec leurs postes clandestins.
« A 21 heures 10, après 40 minutes d’attente en surface, nous nous décidons à faire pousser notre embarcation. Elle se repliera à la moindre alerte. […] L’embarcation suivie aux jumelles paraît aborder sans difficulté à la plage toute proche. Nous attendons en vain son retour pendant près de deux heures.
« […] Nous ne recevons aucun signal par la lampe-torche et nous devons bien conclure que les quatre hommes se sont enfoncés dans l’intérieur avec le matériel, sans avoir rencontré  au débarquement l’équipe du Commandant de Saulle […] Puisque l’alerte n’a pas été donnée à terre, nos gens n’on point rencontré l’ennemi et nous espérons qu’ils pourront, comme leurs prédécesseurs l’on fait le 15 décembre dernier, gagner la complicité de quelques Patriotes.
« De toute façon, nous viendrons nous présenter à nouveau au même point de la plage la nuit prochaine, dans l’espoir de récupérer nos cinq manquants et de débarquer nos armes, si la mer se calme tout à fait. […]
« A 20 h. 30 le 6 février, nous  faisons surface par un calme plat. Toujours pas de signaux. Le rendez-vous semble définitivement manqué. Qu’importe ! La mer est trop belle pour que nous n’essayions pas d’en profiter pour débarquer nos armes et munitions et les dissimuler dans le maquis par nos seuls moyens. […] L’endroit, on pourra le désigner par des repères précis aux patriotes de l’île par radio d’Alger. […] Grâce à l’entrain endiablé de l’équipage, 450 mitraillettes et 60 000 cartouches sont transbordées dans les cinq canots pneumatiques, en vingt minutes.
L’opération de mise à terre et de dissimulation dans le maquis de ce chargement dure longtemps et fait courir le risque aux hommes à terre et au sous-marin qui dérive avec la houle qui s’est levée. Tous risquant aussi d’être repérés car il est déjà 5 heures du matin. Le retour s’avère difficile : tous les hommes sont récupérés mais deux embarcations sont perdues.
« Tout à coup, nous apercevons des éclats lumineux. Est-ce enfin Lasserre ? ou bien une patrouille ennemie ? Nous sommes convaincus que ce sont les nôtres. »



Arone. L’évacuation des armes débarquées par le Casabianca

Extrait du livre de Maurice Choury, « Tous bandits d’honneur » (Ed. Piazzola. 2011)

Les armes débarquées par le Casabianca le 6 février sont évacuées par les Résistants le lendemain. En 1943, la route qui mène aujourd’hui à Arone n’est qu’un sentier.

Arone est un site d'une exceptionnelle grandeur. L'arc pur d'une plage de sable fin descendant en pente douce se déploie sur plus d'un kilomètre à l'abri des montagnes. Exposée au midi, Arone jouit d'un climat incomparable. La vigne, l'oranger, le cédratier pourraient y apporter la richesse. Mais 1a plage est à plus de deux heures de marche de toute agglomération et pour gravir les quatre cents mètres d'altitude où Piana est juchée, pas la moindre route. La contrée est désertique.

«Ché», Pascal Versini et Jean Alfonsi[1] (dit Rastulello) transportent les armes de nuit, à dos de mulets, par la montagne en direction du Salognu, vers un abri de bergers où ils les entreposent.

«Ché» redescend à la plage pour effacer toute trace du débarquement. La barque plate est toujours là, énorme pièce à conviction. Il entre dans l'eau jusqu'aux aisselles, l'attaque à coups de pioche et cache les débris dans le maquis.

Malheureusement, une caisse de cartouches qui a servi d'oreiller au commandant de Saulle au cours de la nuit est oubliée dans la bergerie de la plage. La compagnie ennemie qui patrouille le lendemain la découvre. Un berger, Antoine-François Spinosi, alerte les patriotes. La répartition des armes est accélérée. Piana, Ota, Marignana, Cristinacce reçoivent leurs dotations de mitraillettes. Jean Nicoli et André Giusti montent d'Ajaccio avec une camionnette à double fond et livrent tout un chargement d'armes aux groupes du Front National de Sainte-Marie-Sicché et Petreto-Bicchisano.

Pascal Versini sera arrêté en mars[2], et le dépôt d'armes saisi avant d'avoir été complètement réparti. Mais «Ché» et son fils Baptiste échapperont de nuit à l'encerclement ennemi, sauveront leurs armes et constitueront un maquis aux environs de Piana[3]



[1]     Son homonyme Jean Alfonsi

[2]     Condamné à 24 ans de réclusion et déporté

[3]     Avec Rastulello, Antonarello, les frères Nesa, Xavier Bazziconi et Benoît Versini, ils échapperont une seconde fois à l'ennemi au cours de l'investissement de Cristinacce


C’étaient bien « les siens ». Armes et munitions seront enlevées dans les heures qui suivent pour être distribuées aux patriotes. Mais les deux hommes, Asso et Cardot, chargés du convoyage ne pourront pas rejoindre le sous-marin à cause de l’état de la mer.

*Michel Bozzi dit « Bianchi » a été arrêté par les fascistes italiens à Ajaccio. Il a été fusillé à Bastia, le 30 août 1944.
** Chopitel dit « Tintin », porté disparu au cours d’une mission entre Ajaccio et Caldaniccia, dans les environs d’Ajaccio, une semaine avant la libération d’Ajaccio.





Giovoni embarque à Capu di Fenu

Extrait de « Tous bandits d’honneur ». Maurice Choury. Ed. Piazzola. 2011. Pages 105 et 106.

Le 4 septembre, je remonte dans la région de Vico, pour y org­niser un parachutage. Le recrutement est en plein essor mais le canton est encore totalement dépourvu d'armes. Je me dispose à passer la nuit à Parapaggio, nid d'aigle juché au-dessus d'Arbori, quand arrive Martin Borgomano, en proie à l'agitation la plus vive:

Annibal! Annibal! Il faut redescendre tout de suite à Ajaccio... «J’aime Paimpol et sa falaise, son biniou et son grand pardon»..,

Le message d'alerte?

Oui, on vient de l'entendre à la radio...

Pas de doute, le débarquement est imminent1! Nous dévalons sur Ajaccio où les événements se sont précipités. Le sous-marin est annoncé. Notre rendez-vous fixé dans le golfe de Lava est accepté. «Lorraine» (Maillot) est déjà parti pour Villanova avec l'équipe de réception. On attend «Luc» (Arthur Giovoni) en instance de départ pour Alger. Toute la soirée du 5, je guette son arrivée au carrefour du Haras, comme convenu, pour le piloter... Qu'est-il devenu? Je suis mortellement inquiet. J'apprends le lendemain qu'il est arrivé à bon port. En avance de quelques heures sur l'horaire, il a poussé sur Villanova, après avoir conduit un radio à Pisciatello.

 

Au P. C. de la Grotte, on a reçu, un beau jour, un message annonçant pour la nuit même un parachutage combiné: armes et personnel (deux radios) sur «Alouette» vers Alzo de l'autre côté de la montagne, en direction de Corte. Les radios se feront reconnaître par le mot «espoir»...

Sur la carte, «Alouette» paraît assez près de la grotte. En réalité il faut plusieurs heures de marche pour atteindre le terrain... Impossible de décommander le parachutage, le radio n'a pas de contact avec Alger avant le lendemain. On envoie Ghérardi prévenir l'équipe de réception d' «Alouette». Le terrain est classé «arma». Elle n'attend donc pas de parachutistes.

A l'heure prévue, d'immenses corolles de soie descendent vers la terre.

 Oh! Madona! Oh! Madona! répète, extasié, un novice du parachutage.

Tout à coup, dans la pénombre, une forme surgit d'un buisson.

Qui va là? fait un de nos gars d'une voix où perce l'anxiété.

Espoir!

Ici, y a pas d'espoir!

Et un coup de revolver claque.

Fort heureusement, l'homme n'est pas atteint. Il continue de crier comme un beau diable: «Espoir! Espoir!».

On se jette sur lui. On le garrotte. On l'interroge:

Je viens d'Alger. Je suis radio. On vous a annoncé mon arrivée. Du reste, cherchez sur le terrain, il y en a certainement un autre.

C'est pourtant bien invraisemblable, un parachutage de radios sans avertissement préalable.

On organise la battue et on trouve effectivement un deuxième bonhomme, enchevêtré dans son parachute.

L'arrivée de Ghérardi, quelques heures plus tard en compagnie de Français Valentini, de Corte, dissipe le mystère. On délivre les deux radios. L'un d'eux, pris en charge successivement par Georges Albertini et J.-F. Gambini, sera confié à «Luc» sur la route nationale à la borne 5 km 100 après Corte.

A l'aube, le radio et son guide se terrent dans le maquis, près de la borne indiquée. Après des heures de guet, le guide reconnaît la tête de «Luc» à la portière d'une voiture qui ralentit et stoppe. Deux secondes pour y engouffrer le radio et sa précieuse valise, et la voiture repart en ouragan.

Effarement du radio quand il dévisage le conducteur: un colonel italien!...

Notre parachutiste reste digne... et muet. Mais le silence dans cette auto qui brûle la route est trop pesant, Tout à coup, il éclate:

Alors, dites-le, je suis «fait»?

Et «Luc» de répondre de sa voix la plus neutre:

Pourquoi t'énerver, camarade? Tu sais bien qu'il ne faut pas poser de questions.

Le voyage se déroule sans encombre, les sentinelles italiennes présentant régulièrement les armes à chaque village traversé par la voiture du colonel.

On approche d'Ajaccio. A deux kilomètres du pont de Pisciatello, brusque coup de frein. On prie le radio de descendre. Quatre hommes, mitraillette au poing, surgissent du maquis, l'encadrent et l'y entraînent.

Une heure plus tard, notre homme, installé dans un taillis, prend contact par radio avec Alger tout en grommelant des «Ça, alors!» qui n'en finissent plus...

Au même moment la voiture de Cagnoni, à la sortie d'un tournant, débouche sans s'y attendre sur la place de Villanova, déserte en un clin d'œil. «Luc» descend et le véhicule, fanion italien claquant au vent, fait demi-tour et repart.

Villanova est à un kilomètre à vol d'oiseau du point d'embarquement. Mais la région est difficile et infestée d'ennemis Heureusement, j'avais donné à Luc le nom du responsable local du Front National: le maire, Perfettini. Un gamin en indique la maison. N'était ce grand rouquin somnolant sur le perron, on la dirait abandonnée... Mais sous la casquette qui masque le visage du «dormeur», un œil vif n'a rien perdu de la scène.

«Luc» secoue l'homme qui s'ébroue, marmonne et s'en va d'un pas nonchalant. L'affaire se présente plutôt mal...

Le rouquin revient peu après, le visage toujours aussi inexpressif:

Suivez-moi!

Dans une étable voisine, «Luc» est mis en présence d'un grand diable en pantalon de velours, le feutre noir sur les yeux. On s'observe. Allons-y, lâchons «le paquet»:

Je viens de la part d'Annibal.

Oh, vertu merveilleuse du sésame! Perfettini tombe dans les bras de Giovoni, le rouquin devient loquace, le «prisuttu» [1]  est en un clin d'œil sur la table avec le «Campo d'Unico» qui vous fait couler du feu dans les veines.

Le crépuscule se peuple de créatures silencieuses, à la démarche souple: les guides.

Tout est paré. La batterie italienne sous la tour génoise du Capo di Feno, si près du point de débarquement? Excellent! Ils ne se douteront pas que nos «dockers» travaillent sous leur nez. En passant, on «chatouillera» leur fil téléphonique... Oh, juste le temps nécessaire pour les couper de leurs amis au bon moment. En route! «Luc» embarque cette nuit.

Cheminement éreintant par un maquis agressif, longue séance d'alpinisme pour descendre la falaise de granit.

«Luc» est en piteux état, les vêtements déchirés, les pieds en sang, le visage et les mains labourés d'égratignures mais radieux de retrouver Maillot qui, de son creux de rocher, torche en main, émet en morse tous les quarts d'heure la lettre «P» en direction du large.

Peu avant minuit, un cri étouffé: «Le voilà!» Dans le noir un guetteur a cru distinguer une longue silhouette glissant rapidement sur les flots. Pas de doute, cette colonne au milieu, c'est le kiosque du sous-marin. Maillot multiplie les signaux... Un léger clapotis d'aviron... Un canot pneumatique s'est détaché du bord. Un petit commando de reconnaissance débarque ainsi qu'un radio[2]. On prend contact. Le commando est supérieurement équipé. Il est relié au Casabianca par phonie, nouveauté depuis les dernières opérations.

Du sous-marin on appelle

Avez-vous le contact?

Oui.

Luc est-il là?

Oui.

Qu'il rallie immédiatement le bord!

Les feux de la batterie italienne clignotent avec une superbe indifférence. Mais, catastrophe! De l'autre côté, à droite, un puissant projecteur s'allume, fouille lentement la mer, s'immobilise sur le Casabianca, puis éclaire à giorno l'embarquement de «Luc».

Activez! Activez!

Les cœurs battent à se rompre. On fait le gros dos... Rien. Le sous-marin, tout près de la falaise, se confond avec les rochers. Du projecteur, on n'a pas vu les hommes.

Le 6 septembre[3], à une heure du matin,«Luc» est à bord. Le débarquement des fusils antichars (5 tonnes) commence sur un canot pneumatique. A 4 heures, tout est terminé. Maillot organise le transport des armes vers Ajaccio. Giovoni vogue vers Alger où il arrive le 8 septembre à 8 heures du matin.

Les services secrets de l'Armée y attendent «Monsieur Luc» avec impatience. Ils ont appris par radio qu'il apporte des documents de la plus haute importance.

«Kidnappé» à l'arrivée et conduit sans délai à l'état-major, Giovoni, avec une humilité parfaitement feinte, exhibe les «papiers». Il s'agit d'un document de 181 pages donnant le détail de toutes les forces ennemies en Corse:

 

 



[1]     Jambon cru

[2]     Le lieutenant Giannesini

[3]     Trois jours avant l'insurrection, et non le lendemain, comme il est écrit par erreur dans «L'occupation italienne en Corse», de J.-A. Livrelli




 

 

La mission Frederick mise à terre dans la baie de Cupabia. 11 février 1943.

Après la mission Pearl Harbour débarquée par le sous-marin « Casabianca » en Décembre 1942, au nord de Cargèse, c’est la mission « Sea Urchin » conduite par Fred Scamaroni qui est débarquée début janvier 1943 au nord de Propriano par le sous-marin « HMS Tribune ». En février 1943, c’est au tour de la mission « Frederick », elle aussi venue d’Alger, de prendre pied en Corse. Elle est organisée par le Service Secret d’espionnage Britannique I.S.L.D. (Inter Service Liaison Département) M.I.6. Son objectif : créer un réseau de renseignements pour informer les Alliés sur les Forces ennemies italiennes qui occupent la Corse depuis le 11 novembre 1943.  Elle est dirigée par un opérateur radio des Services Secrets britanniques, Guy Verstraete, âgé de 25 ans (nom de code : Wlaminck -  nom d’emprunt : Guy, Charles, Vernuge). Il est  accompagné par deux Corses : le premier, Antoine Colonna d’Istria, âgé de 37 ans,  originaire de Petreto-Bicchisano, directeur d’un Monoprix à Alger. Le deuxième, un parent à lui, Charles Simon Andreï, âgé de 40 ans est instituteur dans cette même ville.

Les trois hommes quittent Alger le 7 février au soir à bord du sous-marin H.M.S. Tribune avec un émetteur radio, des armes automatiques et leurs affaires personnelles. Dans la nuit du 11 février, à 2 heures 10, le sous-marin choisit la baie de Cupabia (Celle-là même où avait débarqué Fred Scamaroni) pour débarquer la mission. A un mille de distance de la côte, le sous-marin met deux canots à la mer. Ils transportent hommes et matériel jusqu’au lieu-dit Scogliu Biancu, près de Cala di Giglio ; non sans quelques frayeurs parce qu’un projecteur ennemi situé à 300 mètres au-dessus balaye la baie de sa lumière.

La mission n’est pas attendue. Il n’y a donc pas de comité de réception. Les hommes doivent dissimuler leur matériel et  quitter la plage et à travers le maquis se hasarder à la recherche de patriotes.

Vie et fin du réseau Frederick.

Le contact est établi avec des parents et amis corses. Colonna d’Istria rejoint Petreto-Bicchisano, Andreï est hébergé par un ami, Jean-Donat Léandri à Propriano. Quant à Vernuge, il s’installe avec son poste radio dans uns bergerie située à 1 km de Tivolaggio, village distant de 16 km de Propriano. De là, il émettra jusqu’à son arrestation, une quarantaine de messages, renseignant les Alliés sur le dispositif des troupes d’occupation.

Informé de l’arrivée à Cupabia, (là où eux-mêmes avaient débarqué), entre  le 9 et 12 avril, d’un sous-marin venant d’Alger, Vernuge et Andrei se rendent sur les lieux pour l’accueillir. Victimes d’un délateur, ils sont arrêtés par les carabiniers. En attendant que ces derniers vérifient leur identité, ils sont enfermés dans une porcherie. Vernuge réussit à cacher sous les tuiles une carte détaillée du golfe du Valinco qui était destinée au sous-marin. Leur identité acceptée, les deux hommes  peuvent repartir, libres, mais un carabinier, poussé par la curiosité, retourne à la porcherie et y découvre la carte qui dépassait des tuiles. Les deux hommes sont rattrapés, arrêtés dans la demi-heure qui suit et conduits à Propriano, et faits prisonniers.

Ils résistent à la torture pendant 24 heures, le temps pour le réseau de s’évanouir dans le maquis. Tous n’y parvinrent pas. Leandri et Tomasini sont arrêtés. L’épouse de François Peretti (Scatena) sera détenue aussi pendant quelques semaines avant d’être relâchée. Les quatre hommes : Vernuge, Andrei, Leandri et Tomasini sont ensuite incarcérés dans la citadelle d’Ajaccio  pour y être torturés.

D’Ajaccio ils sont conduits à Bastia où siège le tribunal de guerre du 7ème Corps d’Armée italien. Le procès des hommes du réseau et celui de Louise Simponpietri qui avait abrité Vernuge à Tivolaggio, a lieu le 5 juillet 1943. Verdict :
Vernuge et Andréi condamnés à mort. Ils sont fusillés le 6 juillet. Vernuge, le belge, s’écroule en criant : « Vive la France ».
Léandri, Tomasini condamnés à 30 ans de prison. Ils mourront sous les bombardements alliés dans leur prison de Castel franco en Italie.
 Les fugitifs sont condamnés in absentia :
Antoine Colonna d’Istria, François Peretti (Pierre Scatena), condamnés à mort.
Tramoni et Mondoloni, 24 ans de prison.
Louise Simonpietri, la mère de Cesari, qui avait abrité Vernuge à Tivolaggio, est relâchée.

                                                                                                                    A.P.

Bibliographie :
« Frederick » la mission oubliée.
Terry Hodgkinson. Larsen Grove Press. 2007
“Flotilles secrètes”. Les liaisons clandestines en Corse et en A.F.N. 1939-1945. Sir Brooks Richards. Ed. MDV

    


CUPABIA


Le monument de granite gris sur la plage de Cupabia est unique en Corse. Ce n’est pas seulement un hommage à trois hommes courageux, le Belge Guy Verstraete, nom de code Vernuge et deux Corses, Charles-Simon Andrei et Antoine Colonna d’Istria, des agents secrets envoyés d’Alger par le Service Secret MI6 mais aussi un hommage au sous-marin anglais HMS Saracen qui les a amenés là en Février 1943.

Les agents avaient été envoyés dans le Valinco pour une mission d’espionnage très dangereuse. Ils devaient ramasser autant d’informations que possible sur les forces d’occupation italienne dans la région ; champs de mines, obstacles de béton sur les plages, même sur des individus et leurs régiments et transmettre ces informations par radio, à Alger, pour être éventuellement utilisées pour un débarquement allié en Corse du Sud Ouest.

Ils travaillèrent avec des hommes de confiance de Propriano et des environs, tous sans exception des membres courageux de la résistance. Si l’un d’entre eux avait été pris ils auraient fait face au peloton d’exécution italien. Aujourd’hui un seul d’entre eux est encore en vie, Benoît Mondoloni qui avait 16

ans a l’époque.

 


La première réception des armes du « Casa ».

Extrait de « Tous bandits d’honneur » de Maurice Choury. Ed Piazzola 2012. Pages 86 et 87

 

Six des nôtres sont là, de ceux qui savent tout risquer: Vincetti, Galletti, Colonna, Benedetti[1] Simi, Agostini. Il faut évacuer les armes sur Casta par un sentier unique. Il faut des hommes, des mulets.

Voici le Front National des Patriotes, voici le peuple de Corse à l'œuvre. Benedetti part en Balagne et ramène cinquante mulets qu'on disperse dans le maquis. Les paysans de Casta, une poignée d'hommes intrépides, guident les convois, offrent journellement une fournée de pain et un veau pour les équipes, dix décalitres d'avoine pour les mulets.

C'est l'enthousiasme. Dans la journée, on vaque ostensiblement aux affaires, les vieux s'emploient auprès des Italiens à connaître les heures et les itinéraires des patrouilles, les enfants font le guet, et chaque nuit les armes passent dans le sentier à deux cents mètres de l'ennemi.

Vincetti et Benedetti dirigent les convois. Colonna d'Istria et Simi surveillent la maisonnette, en bordure de la route où se trouve le dépôt destiné à la Balagne, la Casinca et Bastia. Galetti s'occupe du dépôt de Calamicorno, dans la montagne, réservé au Nebbio. Agostini a la charge du ravitaillement. Du 10 au 20 août, le trafic est intensifié, et à cette date il n'y a plus de matériel sur le rivage.

Et maintenant, il faut le répartir. Il faut des camions, il faut passer sur cette route infestée d'Italiens, d'Allemands, de policiers et coupée de barrages où tout véhicule est arrêté, inspecté. Les risques sont énormes. Simi trouve les camions pour la Balagne. Leoncini, de Penta, doit en trouver pour la Casinca. C'est tout simple: il pénètre de nuit avec Joseph Rossi, de Cervione dans l'usine de Folelli occupée par les Italiens et sort tranquillement le matin avec un camion. Il le charge à Casta en plein midi, alors que les Italiens sont à table, fait panne près du dépôt, repart à toute vitesse, sème en route à son insu les grignons[2] qui camouflent les armes et arrive tout de même à bon port.

Le 20 au soir, un autre camion arrive de Balagne avec Simi. Il est chargé dans la nuit, repart à l'aube avec Benedetti, retourne le soir même, est rechargé, repart avec Simi le 22, et atteint Regino sans accroc. Pendant ce temps, avec Pierre Orsoni. Jean Bagnoli Louis Vallecalle, etc., par des sentiers escarpés, le dépôt de Calamicorno s'écoule vers Lento et le Nebbio[3].

 



[1]     Un des responsables militaires de la Balagne, dit «Le Tigre»

[2]     Tourteau de marc d'olive

[3]     Pages d'histoire de la Résistance corse


La réception des armes et munitions par les patriotes à Saleccia.

Répression à Casta.

Texte de Simon Vinciguerra, cité par Maurice Choury dans « Tous bandits d’honneur » Editions Piazzola 2012. Pages 95, 96

Le 22 août, au soir, sur les 33 tonnes d'armes et de matériel débarqués par le Casabianca à la plage de Saleccia, il ne reste plus à Casta que le chargement d'un camion pour Bastia. Vincetti doit le conduire le lendemain.

Plus de deux cents patriotes ont participé à l'opération. Tous méritent des éloges pour leur conduite[1]. Mais pour détruire l'ouvrage d'une légion de héros, il suffit d'un seul scélérat.

Un traître est apparu. Depuis, il a expié.

Les armes de la Balagne sont entreposées à Regino, dans une savonnerie et un vieux pressoir à olives. Les responsables des villages sont avertis pour la répartition. Simi, Sartori, Alfonsi et Brignetti déplacent le dépôt de la savonnerie trop exposé.

A deux heures du matin, le village est enveloppé de carabiniers. Prévenus aussitôt, Simi et ses camarades se dégagent. Toutes les routes sont barrées. Sans perdre de temps, à pied, à travers le maquis, Simi court vers ses camarades restés aux environs de Casta. Trop tard: une nuée de carabiniers et de chemises noires s'est abattue sur la région. Le village de Casta est pris dans un véritable filet. Vincetti et Galletti sont surpris dans la maisonnette au bord de la route près du dernier dépôt, déjà presque vide.

Les deux hommes ouvrent le feu et tiennent l'ennemi en respect. Mais les munitions s'épuisent. Quelques cartouches encore. Nos camarades s'élancent. Vincetti s'écroule. Galletti passe, poursuivi par un feu d'enfer, et s'enfonce dans le maquis.

Notre Vincetti n'est plus; il est mort comme nous savions qu'il mourrait, après avoir épuisé son lot de grenades et semé la mort dans les rangs ennemis.

Casta est désert; il a subi la haine fasciste. Des maisons ont été défoncées bouleversées, incendiées. Vingt-trois habitants sont incarcérés; les autres ont pris le maquis.

 



[1]     Antoine-François Castellani, de Santa-Riparata-di-Balagne, est tué le 10 août 1943. Antoine-Joseph Vescovali, de la même commune, meurt à Ville-di-Ppietrabugna, au cours d'une mission de la Résistance. Robert Lapina, ouvrier antifasciste italien, volontaire de l'équipe de réception des armes, blessé par l'explosion d'une grenade, est arrêté le 23 août sur dénonciation d'un indicateur fasciste, torturé et fusillé. Son corps affreusement mutilé restera exposé toute une journée, «pour l'exemple», au pied de la vielle église de Rapale.


Le Casabianca. Saleccia 1 et 2 juillet

Le 1er juillet avant l’aube, le Casabianca est en face de la plage de Saleccia mais il doit attendre la nuit pour effectuer le débarquement des 13 tonnes d’armes destinée aux patriotes. A bord, il y a, pour être débarqué, Paul Colonna d’Istria qui avait été embarqué deux semaines auparavant sur le sous-marin Sybil, à Travo, alors qu’il n’y était monté à bord que pour un entretien avec un responsable du S.O.E.

La nuit venue, l’équipage attend vainement que les patriotes chargés de la réception se manifestent depuis la plage. Aucun signal ne leur parvenant, les hommes commencent le transport des armes et munitions à terre. « Les hommes de la chaîne manipulaient les colis qui pesainet jusqu’à 35 kg le long des coursives glissantes, par les écoutilles jusqu’aux mains toutes prêtes d’une autre chaîne qui les transmettaient aux canots. Les hommes travaillaient rapidement, sans bruit, torse nu, suant comme des galériens.

En cette première nuit, huit tonnes sont débarquées et cachées dans le maquis. Colonna d’Istria reste à terre pour  attendre jusqu’à la nuit suivante la suite de l’opération et en espérant l’arrivée des patriotes. A 3 h. 45, après ce premier débarquement, le sous-marin se met en plongée.

Vers 23 heures, en cette nuit du 2 au 3 juillet, il refait surface et achève de décharger à terre les cinq tonnes d’armes et de munitions qui resteront, avec les huit tonnes débarquées la veille, sous la garde de Colonna en attendant l’arrivée des patriotes.

 


 

Casabianca. Saleccia 31.07.1943

Echec dans l’anse de Gradella. 30.07.1943

Rendez-vous avait été pris avec les patriotes pour un débarquement, le 30 juillet, dans l’anse de Gradella, à quelques km au nord de Porto. « Nous faisons surface à 22 h. 50 raconte le Commandant l’Herminier, et nous montons sur la passerelle, après avoir équilibré l’atmosphère de l’intérieur par les porte-voix. Le spectacle est hallucinant. La falaise se dresse à 400 mètres devant nous. Le Cap Seninu, le fond du golfe, la côte sud, par l’illusion de raccourcissement des distances la nuit, semblent nous étreindre. […] Les étoiles luisent. Dans l’obscurité, les petites plages qui nous environnent se détachent comme des ongles immaculés sur la symphonie noire et violette du ciel, de la terre et de la mer.

Dans l’axe de l’anse, à 200 mètres du bord de l’eau nous distinguons une maison de berger. C’est curieux ! Au lieu d’être en ruines comme elles le sont presque toutes, elle paraît avoir un toit. Les Italiens auraient-ils installé un petit poste dans ce coin ? […] Nous n’apercevons aucun signal de nos amis et ressentons un malaise étrange. […]

Les doris glissent sur l’eau sans bruit et poussent vers la terre. Ils ne sont pas à plus de dix mètres du bord quand éclate une fusillade nourrie venant de tous les points de l’horizon ; les balles de mitrailleuses claquent. Nous sommes encadrés, les gerbes jaillissent de tous les côtés, longues et courtes. Les balles sifflent. »

Finalement, le repli se fait sans que personne ne soit blessé, avec le matériel et les embarcations intacts. Mais il faut trouver un autre point de débarquement. Ce sera plus au nord, vers les Agriates, sur la plage de Saleccia déjà abordée au début juillet.

Saleccia 31.07.1943

Il n’y pas plus de comité d’accueil que la première fois début juillet. Ce sont donc les hommes d’équipage qui feront le débarquement des 20 tonnes d’armes et munitions. Un record mondial pour l’époque. En deux nuits –les nuits du 31 juillet au 1er août et la nuit suivante, tout est mis à terre et dissimulé pour attendre que les maquisards viennent récupérer la précieuse livraison venue d’Alger.

 


Depuis Alger, partent des missions chargées d’établir le contact avec la Résistance corse afin
1) de recueillir des renseignements sur le dispositif militaire de l’occupant.
2) de fournir des armes aux patriotes.

Après avoir touché la côte corse par l’ouest, à Topiti, Arone et Saleccia, le sous-marin Casabianca a pour mission, en ce mois de mars 1943, de se rendre dans l’anse de Canelle à 2,5 km au sud de Solenzara pour embarquer deux hommes de la mission Pearl Harbor – Laurent Preziosi et Toussaint Griffi-  et en débarquer deux autres. Il lui faut récupérer aussi  cinq sous-mariniers :  Asso, Cardo, Lionnais, Vigot et Lassere restés involontairement à terre lors des précédents « touchers ».

L’arrivée du Casabianca était prévue pour le 7 mars mais il n’est pas au rendez-vous.  L’attente est longue pour tous ces hommes : les cinq sous-mariniers, les trois hommes de la mission – L. Preziosi, T. Griffi et De Saule -  et les Résistants chargés de l’accueil : François Carli, Jean Nicoli, André Giusti et Pierre Griffi, le cousin de Toussaint. Ils sont pris en charge par Dominique Poli et logent dans un hôtel peu fréquenté. Il faut dire qu’à l’époque la malaria sévit dans ces plaines insalubres et dissuade même les troupes italiennes d’y séjourner.

Tous les soirs et jusque tard dans la nuit, depuis le 8, ils scrutent en vain le large pour apercevoir le sous-marin. « Et chaque fois nous rentrons bredouille, écrivent Laurent Preziosi et Toussaint Griffi* […] Mais ces deux journées nous permettent de nous reposer et d’échanger nos vues sur l’avenir de la résistance. Dominique Poli nous communique les dernières nouvelles de Radio-Londres et Radio-Alger. […] André Giusti se montre prestidigitateur de grand talent par quelques tours de passe-passe qu’il exécute sous l’œil amusé de tous les spectateurs. Il  suscite même l’émerveillement d’une vieille dame qui, attirée par les rires bruyants de toute l’assistance, est venue participer au spectacle. » (1)

Le 10 mars, l’équipe sort à nouveau, la nuit venue, pour longer la côte, attentifs au moindre signe, au moindre bruit qui révèlerait la présence du Casabianca. C’est en fait par le bruit des moteurs diesels, reconnus par un sous-marinier, que les hommes à terre sont assurés que ce soir le Casabianca est bien là. Il apparaît dans une demi-obscurité. Il est bien au rendez-vous fixé, dans l’anse de Canelle mais la mer est trop agitée en ce lieu et mieux vaut aller un kilomètre plus au sud, dans l’anse de Favone, plus calme pour faire les transferts. Et encore heureux que les patriotes aient pu trouver un pêcheur qui accepte avec sa barque –embarcation plus sure- de convoyer tout le monde. « Nous aurions pu y débarquer aisément une grande quantité de munitions si la persistance inaccoutumée du vent d’Est ne nous avait pas considérablement gêné et si nous n’avions pas perdu notre youyou dans la tempête en baie de Bon Porté. Quant à nos lascars (les sous-mariniers revenus à bord), leur joie d’avoir rallié leur Casabianca est touchante» (2)

Pour le Casabianca, ce sera le seul et unique « toucher » sur la côte est de l’île. C’est sur la côte ouest qu’il continuera d’opérer.

Première mission en Corse occupée. T. Griffi et L. Preziosi. Ed. L’Harmattan. 1988. Page 178

(1)    Commandant L’Herminier.  « Casabianca ». Ed. France-Empire. Page194






                                        

La Mission du "Casabianca"

Au niveau du golfe de Chiuni, la route s'enfonce à l'intérieur des terres dans un paysage désolé. Au pont de Chiuni, une plaque commémore l'incursion du sous-marin Casabianca mené par le commandant Lherminier dans la crique voisine de Topidi. C'est là que les agents des Forces françaises libres prirent le contact avec la Résistance corse en Décembre 1942.


a

ASSDN

 

 

Un peu d’histoire

 

Par une nuit sombre de février 1943, le sous-marin « Casabianca », sous les ordres du Commandant L’Herminier, émergeait en silence près de notre côte et débarquait quelques hommes résolus, venus d’Alger pour accomplir leurs missions en territoire occupé. Déposés dans une calanque, près de la Roche Escudelier, dans l’obscurité, ils réussirent à gravir les rochers et à s’infiltrer dans le territoire pour y exécuter leurs missions de renseignements et de contre-espionnage, indispensables pour la préparation des opérations militaires de débarquement et de libération du territoire.

 

Par la suite, avec la même audace, d’autres sous-marins - « l’Aréthuse », « la Perle », « le Marsouin » - renouvelèrent cet exploit presque chaque mois. Dès leur accostage, ces hommes venus de la mer étaient pris en charge par des résistants ramatuellois parmi lesquels Maximin Giraud, Henri Olivier ainsi qu’Achille Ottou et sa sœur Jeanne, dont la ferme servait de point de ralliement aussi bien pour ceux qui arrivaient qu’à ceux qui, leurs missions remplies, regagnaient Alger. Grâce à eux la liaison entre la métropole occupée et l’Algérie Française fut maintenue. Beaucoup sacrifièrent leur vie pour transporter ce flambeau de liberté et d’espoir dans la France opprimée. Sur notre territoire, ce fut le cas d’Alphonse Alfasser qui, dans la nuit du 26 au 27 novembre 1943, tomba sous les balles ennemies pour sauver ses compagnons ainsi qu’un important courrier destiné au commandement français et allié. Son corps repose dans le cimetière de Ramatuelle.

 

Un mémorial national en souvenir de ces actes de bravoure

 

Le Colonel Paillole, président national de l’Amicale des Services Spéciaux de la Défense Nationale (ASSDN), qui était à la tête des services spéciaux pendant la guerre, proposa de dresser un monument sur le territoire de Ramatuelle afin de perpétuer le souvenir de ces 300 agents qui moururent pour la France ainsi que l’héroïque concours des Résistants de la Brigade des Maures au combat libérateur. Dessiné par l’architecte Gaston Castel, cet ouvrage fut réalisé par le sculpteur Marcel Courbier, ami de Jean Moulin et auteur des monuments érigés à Chartres et à Aix-en-Provence à la mémoire de ce martyr de la Résistance française. Il fut solennellement inauguré, le 3 mai 1959, sous la municipalité Gustave Etienne, par M. Edmond Michelet, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, représentant le Général de Gaulle. Ce monument, qui est national et dont la commune est la gardienne, est érigé à l’entrée du village sur le square qui porte le nom d’Alsfasser.

 


 

René Thiers, jeune marin de 21 ans, est à bord du

R Casabianca » quand, le 27 novembre 1942, le sous­marin échappe an sabordage de la flotte à Toulon.

 

Le submersible Casabianca a quitté le quai du Mourillon à 5 h 10, le 27 novembre. Le Mourillon est une partie du port de guerre de Toulon où étaient ancrés les sous-marins qui opéraient en Méditerranée. Une demi-heure plus tard, nous sommes sortis de la rade de Toulon. Nous sommes tous follement heureux d'avoir échappé aux griffes des Allemands. Après que nous soyons restés une journée entière devant Toulon, en plongée, le commandant L'Herminier décide de rejoindre l'Afrique du Nord. Nous pouvons, en plongée, recevoir sur cadre des émissions sur ondes longues ; en surface, nous recevons des émissions en ondes courtes et moyennes, mais il nous faut émettre pour prévenir les Alliés que nous allons nous présenter à l'entrée du port d'Alger. L !émetteur ondes moyennes [... ] est hors-service, mais l'émetteur ondes courtes est en bon état et le radio de quart le met en route. [...] Rien ne se passe : il n'y a pas de jus. Nous n'ignorons pas que l'aviation et les bâtiments de surface ont pour consigne de couler tout sous-marin douteux et vous devinez facilement quelle est notre angoisse. Finalement, lorsque nous ferons surface devant Alger, à proximité des corvettes anglaises, deux hommes bondiront sur le pont et agiteront un pavillon français en avant du canon. Et nous en serons quittes avec une bonne peur. Notre traversée aura duré 24 heures. »

in Corse, de la Résistance à la Libération, CDDP de la Haute-Corse, 1985, p.39-40.

 


 

 

Capitaine de Vaisseau L'HERMINIER

CASABIANCA

ISBN 2-7048-0704-3

110,00 F

256 pagesdemi_fichiers/IMG_3728.JPG

 

Pour répondre au débarquement anglo-américain le 8 novembre 1942 en Afrique du Nord, l'armée allemande envahit la zone libre et donne l'assaut à Toulon. Afin de ne pas tomber aux mains des Allemands, la flotte française se saborde le 27 novembre 1942. Le Casabianca s'échappe sous la mitraille pour poursuivre la lutte. C'est le début d'une glorieuse aventure, très fidèlement relatée par le commandant L'Herminier en hommage à son équipage. Les missions secrètes sur les côtes de Corse se succéderont jusqu'à la libération de l'île. Frappée du sceau de l'héroïsme le plus pur, une des plus belles pages de l'Histoire de la Marine nationale vient d'être écrite. Jean L'Herminier, né le 25 janvier 1902 à Fort-de-France, entre à l'Ecole navale en 1921 et s'oriente dès 1927 vers les sous-marins. Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre exceptionnel en 1932 en raison de sa belle conduite lors d'une explosion à bord du Persée. Affecté sur le Sidi-Ferruch en novembre 1940, il doit interrompre son commandement début 1942 pour raison de santé. Après un séjour à l'hôpital, il obtient en avril 1942 le commandement du Casabianca, sous-marin de 1500 tonnes, à bord duquel il s'illustrera.

 

Comment se procurer les livres France-Empire

Jean L'Herminier PAR NET MARINE

  http://www.netmarine.net/bat/avisos/cdtlermi/celebre.htm


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BANDE ROUGE HORIZONTALE = BÂTIMENT DE GUERRE COULE A LA TORPILLE

BANDE BLANCHE HORIZONTALE AVEC DISQUE NOIR = BÂTIMENT DE COMMERCE TOUCHE

2 CANONS ENTRECROISES AVEC ÉTOILE ROUGE = BÂTIMENT DE GUERRE COULE AU CANON

LES DAGUES = NOMBRE DE MISSIONS SECRÈTES RÉUSSIES

LA CORSE = LIBÉRATION


Un épisode de ma vie raconté sur le site du sous marins CASABIANCA

Pendant les grandes vacances mes parents me payer des cours de maths et de français

Le monsieur qui me donnait les cours s'appelait MONSIEUR STELLA aujourd'hui décède il était Commandant de réserve et avait fait le débarquement en ITALIE en 39-45.

J'avais sans doute bien travaillé pendant les années 1961 1962 il m'offrit le livre de l'époque bibliothèque verte LE SOUS MARIN CASABIANCA.

Ce Monsieur ne savait pas et même moi je pense que six ans après je partais comme engagés volontaire dans la MARINE je servis sur le T47 CASABIANCA puis aux sous marins. 

Quel étrange coïncidence!!!!!!

retrouve le filleul de Monsieur STELLA et sa Fille marie Thé  mai 2003 42 ans après.....

Monsieur STELLA

Officier sorti du rang, très bien noté à l'école de Vincennes, il a fait toutes les campagnes : Tunisie (prisonnier des allemands qui l'ont remis aux italiens), Maroc, Italie (Monte Cassino ), France (du débarquement à Fréjus jusqu'à Besançon), Autriche occupée. Malgré tous ces services, on ne lui a accordé le quatrième galon et la Légion d'Honneur qu'au moment de son départ à la retraite.

témoignage de monsieur Stella Jean Claude son Filleul

 

  

 

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Casabianca

 

Date

Incident

Bataille

Lieu

1931

Mis sur cale

-

France

1935

Mise en service

-

France

2 février 1935

Lancé

France, sous-marin, baptisé Casabianca.

France

juin 1940

-

transfert France vichiste.

Maroc

27 novembre 1942

-

Sabordage de Toulon.

Midi de la France

vers le 29 novembre 1942

Capturé

Défection des navires échappés au sabordage de Toulon, transfert France libre.

Algérie

12 février 1952

Déclassé

-

France

  CITATION A L'ORDRE DE L'ARMÉE DE MER

Communique par le CC DE SAINT EXUPERIE COMMAND EN SECOND DU CASABIANCA équipage bleu (janvier 2002)

ALGER NOVEMBRE 1942  
ALGER LE 20 DÉCEMBRE N°132 M  SIGNE DARLAN
ALGER LE 20 DECEMBRE N°135M  SIGNE DARLAN
ALGER LE 5 AOUT 1943   SIGNE GIRAUD
ALGER LE 30 SEPTEMBRE 1943 N°139 EM G 3

ATTRIBUTION DE LA CROIX DE GUERRE AVEC PALME AU CC L'HERMINIER

 SIGNE LEMONIER 
08 FEVRIER 1944 N° 040 D  SIGNE GIRAUD
ALGER 16 SEPTEMBRE 1944 N° 1.046 EMG/3

LV BELLET ATTRIBUTION DE LA CROIX DE GUERRE AVEC ÉTOILE VERMEIL

 SIGNE C.A SOL

Le 11 septembre 1943, le Bataillon commence un long périple pour la libération de la France. Un élément de la 38e Compagnie débarque en Corse à 1 heure du matin, transporté par le sous-marin Casabianca

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Il était exposé à BASTIA

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NICE MATIN DU 06-10-2003 

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Cols Bleus du 13-12-2003 n°2684

EXPOSE DEVANT L'HOTEL DE VILLE DE BASTIA

PHOTOS communique par le Maître Principal de réserve LAUDUIQUE de la DMD 2 B

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Corse matin du 02-08-2004

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Corse Matin du 30-09-2004

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Le kiosque du "Casabianca" trouve enfin sa place définitive en Corse

 

En 1953, à la demande des anciens combattants, le kiosque de l'illustre "Casabianca" avait été conservé alors que le reste du sous-marin était envoyé à la ferraille.

Placé sur le vieux port de Bastia, des problèmes d'entretien avaient obligé la municipalité à le couper. Après 50 années d'errance sur l'île, les anciens combattants et la ville de Bastia décident en 2002 de le reforger à l'identique.

En octobre 2003, le nouveau kiosque est inauguré à Bastia lors de la cérémonie du 60`°" anniversaire de la libération de la Corse, en présence du ministre de la Défense. Michèle Alliot-Marie, des anciens du "Casa", messieurs Gicquel et Cardot, et d'une délégation de l'équipage bleu du SNA "Casabianca".

Mais le kiosque se trouve alors à un emplacement provisoire. Ce n'est seulement que quelques mois plus tard en juillet 2004 qu'il trouve sa place définitive, face au monument des martyrs de la libération sur un socle au niveau du port de commerce.

Une nouvelle inauguration du kiosque est prévue le 4 octobre 2004, avec la pose d'une plaque commémorant les missions du "Casabianca" en Corse, ainsi qu'un panneau d'informations générales sur l'actuel SNA.

                                                      Lettre aux Amis du Casabianca

      

cols bleus du 27-11-2004

 

Les recherches historique menées par le major (er) (ER) Guy Limongi ont conduit la municipalité de la Ville de Bastia (libérée de l'occupation alle­mande le 4 octobre 1943) à ériger dans cette localité un monu­ment à la gloire de la Ré­sistance, en mémoire du célèbre sous-marin Casablanca ayant participé aux combats li­bérateurs de l ile.

Ce bâtiment aux ordres du commandant L'HERMINIER a joué un rôle éminent dans ces combats alors qu'il effectuait des missions de débarquement d'agents secrets, parmi lesquels le capitaine de Gendarmerie Co­lonna d'Istria (alias Césari, devenu chef de la Résistance insulaire), ainsi que des armes et des munitions, puis un bataillon de choc, entre Alger et la Corse, pour armer et soute­nir les combattants de la Résistance de l'île.

Un véritable symbole dans la lutte contre l'oppression.

Désarmé à la fin de la guerre, ce navire al­lait finir en Bretagne, au cimetière marin de Landévenec. En 1953, son kiosque récupéré allait être présenté au Salon nautique de Pa­ris. Par la suite, le kiosque était ramené en Corse, à Bastia, où, par périples, il allait se promener dans un entrepôt du vieux port, puis au musée, et ensuite à la base aérienne de Solenzara !

Le précieux concours de notre camarade Guy Limongi, ancien marin (ayant actuelle­ment en charge le protocole de la Ville de Bastia), un « mordu » du travail de mémoire et friand de découvertes du passé historique de la Corse, a fortement contribué à la réha­bilitation de ce kiosque, reconstitué par l'équipe qualifiée des ouvriers du Centre technique de la Ville, selon les éléments ré­coltés par le gendarme amoureux de l'intré­pide sous-marin.

Le 4 octobre 2004, la cérémonie commé­morative du 61 e anniversaire de la libération de Bastia, à laquelle participaient toutes les hautes autorités du département, toutes les associations patriotiques avec leur porte­ drapeau, allait se poursuivre à l'emplace­ment définitif du kiosque du sous-marin Casabianca.

Pour cet hommage particulier, seront pré­sents sur les lieux le « Pacha » du sous-ma­rin d'attaque nucléaire, le capitaine de fré­gate Véran, accompagné d'une délégation d'officiers mariniers de l'équipage, ainsi que le capitaine de frégate Berthod, accompa­gné de marins de la base d'Aspretto.

Un dépôt de gerbe devant le kiosque a été effectué par M. Zuccarelli, député-maire de la Ville de Bastia. Puis, c'est à notre cama­rade Guy Limongi que reviendra l'honneur de présenter aux assistants l'historique du glorieux sous-marin.

A savoir que, durant la guerre de 1939­1945, ce bâtiment arborait deux pavillons. L'un tricolore, l'autre, Le Jolly Roger, offert au commandant L'HERMINIER par l'amiral sir Andrew Cunningham. Ce pavillon de pirate noir, à tête de mort, présente les sept dagues du sous-marin (missions secrètes réussies) et ses trois victoires, ainsi que l'île de Corse, dont il a participé à la libération en 1943.

Jacques BATTISTINI.

 

L’ESSOR NUMERO 365 JANVIER 2005

 


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Carte sur souscription 20 fr + port  auprès de l'ONARC CORSE DU SUD MR RACHELLI

pour information DIRECTION DÉPARTEMENTALE DE LA CORSE DU SUD

1 Boulevard Sampiero 20180 AJACCIO Cedex

TEL 0495214281 Fax 0495510667

"La fantastique odyssée du sous-marin Casabianca"

A l'initiative de M. Jean-Lucien Rachelli, directeur départemental  de l'O.N.A.C de Corse du Sud, une carte postale sur le sous-marin Casablanca et ses missions en Corse durant la 2e Guerre mondiale, intitulée "La fantas­tique odyssée du sous-marin Casabian­ca", a été réalisée au bénéfice de l'ceuvre nationale du Bleuet de France, grâce au concours des associations d'anciens combattants et victimes de guerre de la Corse du Sud.

Elle n'est pas commercialisée. Elle est échangée pour un don minimum.

Comme la précédente (Borne de Terre Sacrée), elle conjugue étroite­ment information historique et action sociale.

Sous-marin français de 1500 tonnes, le "Casabianca" porte le nom du célèbre héros corse, mort dans la bataille d'Aboukir (1798), en Egypte, Luce de Casabianca.

Le °'Casabianca", commandé par le capitaine de corvette l'Herminier, est lié à la libération de la Corse (5 octobre 1943).

Reussissant à s'échapper sous le feu ennemi, de la rade de Toulon, le 27 novembre 1942 et à rallier Alger, le sous-marin va effectuer un certain nombre de missions en Corse, dont les us importantes ont fait l'objet d'un monument commémoratif en Corse du Sud

Ainsi dans la baie de Chiuni, le 14 décembre 1942, il débarque le réseau giraudiste "Pearl Harbor' du comman­dant de Saulle.

Le 6 février 1943, il débarque 450 mitraillettes et 60000 cartouches dans la baie d'Arone (Piana).

Le 13 septembre 1943, à Ajaccio, il débarque 109 hommes de la 3e compa­gnie du 1- Bataillon de Choc, aux ordres du commandant Gambiez.

Son rôle a donc été déterminant dans la libération de la Corse. Aussi, le capitaine de corvette Jean l'Herminier a pu dire : « Nous avons rivalisé avec le Cheval de Troie ».

Pour vous procurer cette carte, vous pouvez contacter : la direction départementale de I'O.N.A.C. de Corse du Sud,' 1, boulevard Sampiérô, B.P. 271, 20180 Ajaccio cedex 1 - Tél. 04 95 2142 81 - Fax : 04 95 5106 67.

 

La Chartre Devoir de Mémoire

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Alger amiral LEMONIER


 

HOMMAGE AU CAPITAINE DE VAISSEAU L'HERMINIER

PHOTO PROVENANT des livres

cieletterre.jpg (319856 octets)   ce livre m'as été offert par MONSIEUR SANCHEZ ALBERT ancien QM RADIO sur le delage

ENTRE CIEL ET MER DU CV L'HERMINIER 

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Editeur/Collection : FRANCE-EMPIRE
Année de publication : 1952
Auteur : Cdt Lepotier
Prix (€) : 50

Format : 19*14
Pages : 316
Résumé : « Cap sur la Corse " ! Voilà un titre évocateur !' Il nous rappelle ces heures brûlantes de septembre 1 1943 où une poignée de soldats, de marins et d'aviateurs s élançaient pour libérer le premier département français. Une occasion extraordinaire se présentait : il fallait la saisir Tous les Français ont entendu parler des épisodes de la libération de l'île : le rush du Fantasque et du Terrible . apportant à 40 noeuds le fameux bataillon de choc, les raids successifs des croiseurs et des torpilleurs venant chaque nuit débarquer leur contingent, les actions auda­cieuses et efficaces du maquis et surtout l'extraordinaire odyssée du Casabianca. Très nombreux sont ceux qui ont lu, sous la plume même du prestigieux l'Herminier, les aventures étonnantes de ce sous-marin, nouveau cheval de Troie, dont la coque s'ouvrit une belle nuit, le long des quais d'Ajaccio, pour laisser s'échapper les roq fantassins qui constituaient la première avant-garde du corps expé­ditionnaire français. Mais ces exploits brillants et pittoresques ne consti­tuent pas toute l'histoire de la Corse pendant la guerre. Du premier au dernier jour, l'Ile de Beauté joua un rôle de premier plan. Cette île majestueuse aux. côtes sau­vages, au maquis parfumé, aux vallées silencieuses, vrai paradis qui paraissait plus destiné au plaisir et au délas-sement des hommes qu'aux jeux terribles de la guerre, devint soudain, dans ce conflit, une des grandes positions stratégiques mondiales, une de ces positions-clés dont la possession assurait un avantage capital à celui qui la détenait. Pendant la première phase de la guerre, de septembre 1939 à juin r94o, la Corse fut la sentinelle avancée de nos ,lignes de communication de Méditerranée occidentale. Elle connut ensuite de nombreuses vicissitudes sous une occupation ennemie de plus de 1-oo.0oo hommes - chiffre qui témoigne de l'importance que l'Axe attachait à sa conservation. Libérée, elle se trouva tout d'un coup aux avant-postes et constitua la plate-forme avancée de l'expédition triom­phale de Provence. C'est l'histoire complète de ce drame à plusieurs actes que le Capitaine de Vaisseau Lepotier nous présente aujourd'hui. A vrai dire, l'ouvrage déborde largement de son cadre : il nous fait vivre tout ce qui advint de 1-939 à 1943 dans cette partie de Méditerranée comprise entre la Pro­ vence et l'Afrique du Nord, cette partie de mer qui nous intéresse tant puisqu'elle est, pour notre pays, une véri­table mer intérieure. Mais l'ouvrage conserve son unité, car il gravite autour d'un personnage central : la Corse.

cas10.jpg (46046 octets)  EN PLONGÉE
casa1.jpg (67566 octets) DÉDICACE DU LIVRE
cas9.jpg (91136 octets) PLAQUE COMMEMORATIVE
casa13.jpg (173702 octets) ECOLE NAVALE
casa14.jpg (126902 octets) A BORD DU MICHELET
casa17.jpg (52096 octets)  LE COMMANDANT TRAVAILLE A SON LIVRE
casa19.jpg (75571 octets) TOURNAGE DU FILM
casa2.jpg (67839 octets) Ddemi_fichiers/IMG_3728.JPGANS SON FAUTEUIL
casa20.jpg (52287 octets) DANS LA COUR DU MINISTÈRE DE LA MARINE
casa21.jpg (77585 octets)  
casa6.jpg (62695 octets) A L'ARC DE TRIOMPHE
casa11.jpg (63555 octets) LE CDT ET L'ÉTAT MAJOR
casa12.jpg (44215 octets) ARRIVÉE A ALGER
casa15.jpg (167901 octets) HÔPITAL DE PHILADELPHIE
casa30.jpg (121323 octets) HÔPITAL DE PHIDALPHIE
casa16.jpg (114667 octets)http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/2014/08/27/obseques-du-dernier-sous-marinier-du-casabianca-538778.html LE RETOUR EN FRANCE

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casa1000.jpg (23110 octets) ALERTE
casa1001.jpg (32484 octets) EN PLONGÉE
casa2004.jpg (110016 octets) En plongée les électriciens surveillent leurs moteurs
casa2005.jpg (113458 octets) Tube lance torpilles : paré a faire feu
casa2006.jpg (66309 octets) Les mécaniciens de quart dans les diesels
casa2007.jpg (44278 octets)   casa2008.jpg (33838 octets) SEUL LE PÉRISCOPE TROUE LA SURFACE
casa2009.jpg (132786 octets) LE PANNEAU DE KIOSQUE " qui avale les paquets de mer comme un entonnoir"

L'aventure du 

CASABIANCA 
Le matelot Jean Couturier, sous-marinier du Casabianca en 1943

http://perso.wanadoo.fr/stephane.delogu/casabianca.html

EXTRAIT DU RÔLE D'ÉQUIPAGE DES "PATROUILLES DE L'OCÉAN

                                        ANNÉE 1943

LISTE DU PERSONNEL EMBARQUE A BORD DU SOUS MARIN "CASABIANCA" EN 1943

Communique par le CC DE SAINT EXUPERIE COMMANDANT EN SECOND DU CASABIANCA équipage bleu (janvier 2002)

  1. ÉTAT-MAJOR

 

CAPITAINE DE VAISSEAU L'HERMINIER JEAN COMMANDANT

repose au cimetière de Batignolles

Herminier17.jpg (55553 octets)

info Mr GICQUEL

LIEUTENANT DE VAISSEAU BELLET HENRI OFFICIER EN SECOND

repose au cimetière de Montmartre

ifo Mr GICQUEL

ENSEIGNE DE VAISSEAU 1 CHAILLEY PIERRE  
ENSEIGNE DE VAISSEAU 1 LASSERRE GEORGES  
INGENIEUR MECANICIEN 1 KERNEUR LUCIEN  

 

 

   2. ÉQUIPAGE

 

ROLLAND MARCEL PM MECA 1809 7.28
TAGLAND RENE MTR MECA 103.27.5
VARLET GEORGES MTR MECA 3026.C29
ABGRALL JEAN SM1 MECA 4106.B29
FREMINET MARCEL SM1 MECA 3332.C29
LE DERF MARCEL SM1 MECA 395.L29
NEVEU FELIX SM2 MECA 899.L29
TARIS LOUIS SM2 MECA 454.27.11
PERRIER EMILE SM2 MECA 1778.B29
LE ROUX JEAN MARIE QM1 CANO 241.L34
MORICE RAYMOND QM1 MECA 1403.T32
THIBERT MARCEAU QM1 MECA 2900.T37
BALLOUARD AUGUSTIN QM1 MECA 751.B37
LORIEAU ROGER QM1 MECA 589.L37
DARCHEN THEOPHILE QM1 MECA 790.B38
LE RIBLER MARCEL QM2 MECA 56.D38
ASSO PAUL QM2 MECA 3605.T40
LUC JACQUES QM2 MECA 6273.T38
COLIN PIERRE QM2 MECA 5073.T37
BERNARD

récit bas de page

CHARLES QM2 MECA 3007.C38
PRALY

alamer.jpg (76857 octets)

MAURICE QM2 MECA 6190.T38

Nous avons l’immense tristesse de vous faire part du décès de notre adhérent et ami Maurice PRALY ancien du Casabianca à bord de 1942 à 1945, titulaire de la légion d’honneur, de la médaille militaire, officier ONM, Croix de guerre, croix du combattant volontaire, médaille des évadés et croix du combattant volontaire de la résistance.

Ses obsèques auront lieu le Mardi 5 mars à l’Eglise des Carmes à AVIGNON.

La Section CASABIANCA y sera représentée par le Bureau avec le Porte-drapeau et tous ceux qui voudront ou pourront se joindre à nous.

01-03-2013

 

SEVENO MARCEL QM2 MECA 833.L34
GUILLOU ALBERT QM1 MECA 1758.B35
HEICHEVETTE MAURICE QM2 MECA 2270.C39
GUERIN LOUIS MLTO 2 MECAN 5879.T39
LE BORGNE FRANCOIS MLTO 2 MECAN 32.T42
LE MEUR ROGER MLTO 1 MECAN 254.B.39
CARDOT  anciens casabianac.jpg (36328 octets) ROBERT MLTO 2 MECAN 446T.38
LAPORTE ANDRE MLTO 1 MECAN 2280.C39
TARRADE HENRI MLTO 2 MECAN 7115.T41
BARBOTIN ADRIEN PM TIMONIER 42.841.111
MARECHAL JEAN MTR TORP 991.27.2
QUILLIEN NICOLAS MTR ELEC 2627.11
JEGOU PIERRE MTR TORP 3849.B28
FLOCH LEON SM1 ELEC 768.B.29
GUEGAN ALBERT SM2 ELEC 610.B.33
GUERAN FRANCOIS SM1 ELEC 2094.B.31
SEGALEN ALEXANDRE SM2 ELEC 1289.B.28
HENRY RENE SM2 TORP 4434.B.30
BIETZER JEAN SM2 ELEC 35.C.32
DONNART JEAN SM2 MANOEU 1044.B34
REMUS EMILE SME FUSIL 704.C.37
BERNARD EMILE QM1 MOTEL 4197.T.35
LIONNAIS JEAN QM1 TORP 2870.B.36
GUILLOU JOSEPH QM1 ELEC 603.B.35
LE ROUX GEORGES QM1 CANNON 1546.B.35
MOISAN JOSEPH QM1 ELEC 2423.B.34
BELLEC JEAN QM1 TORP 253.T.37
GICQUEL   anciens casabianac.jpg (36328 octets) LOUIS QM2http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/2014/08/27/obseques-du-dernier-sous-marinier-du-casabianca-538778.html ELEC 1651.B.39
Les obsèques de notre ami Louis GICQUEL auront lieu le mercredi 13 mars à 10 h en l'église de Montéty 11 boulevard commandant Nicolas, à proximité de la gare SNCF suivis de l'inhumation au cimetière central de TOULON.
Le corps de Louis GICQUEL sera exposé à la maison funéraire de Brunet - 1429 avenue Colonel Picot à partir du dimanche 10 mars après-midi.

 

TASSERY MAX QM2 ELEC 662.C.57
VIGOT PIERRE QM2 TIMO 1145.C.39
DEBAULIEU GERMAIN QM2 TORP 980.T38
VILLEMIN MARCEL QM2 ELEC 2304.T37
LE GOFF JEAN QM2 ELEC 322.L39
L'HORSET ROGER QM2 ELEC 3794.B.39
PAUBERT FRANCOIS QM2 FOURRIER 517.L.40
RENAULT CAMILLE QM2 TIMO 1042.T.40
DONVAL JEAN MLTO 2 MOTEL 3003.B37
MARBACH PAUL MLTO 2 ELEC 864.C40
BOUILLAND JEAN MLTO 2 TORP 5983.T.41
COLLOMB HENRI MLTO 2 TORP 6166.T.41
VAUBOURG GEORGES QM2 TIMO 1080.T40
GRAVIER JOACHIM MLTO 2 CANNO 521.L.40
TARLAGLINO CLAUDE MLTO 2 ELEC 3510.T.41
VERGNAUD ANDRE MLTO 2 ELEC 6990.T.41
RICHARD JEAN MLTO 2 ELEC 3119.T.41
PETRE ETIENNE SM 2 RADIO 256.C.34
LEFEBRE JOSEPH QM1 RADIO 6894.T.37
THIERS RENE QM2 RADIO 2369.T.40
FAVREAU PIERRE QM2 RADIO 366.L.38
DUFOUR ROGER MLTO RADIO 711.T.41
LALLEMENT RODOLPHE MLTO RADIO 529 BIS 41
DONIZETTI MARCEL MLTO 2 CUISI 1630.T.41
MARTINEZ JEAN MLTO 2 CUISI 155.T.42
BEHIN RAYMOND MLTO CONNO 4941.T.41
LE CHAIX FRANCIS MLTO MANOEU  
COUTURIER ANDRE MLTO TIMO http://perso.wanadoo.fr/stephane.delogu/casabianca.html
LEHON ANGE QM MECANICIEN     Il a servi sous les ordres des commandants L'Herminier et Bellet à bord du sous-mariCasabianca, du 01/03/1943 au 01/06/1945 3931 B 37


« Un exemple de courage et d’abnégation qui marquera à tout jamais les hommes de l’ombre ». C’est avec beaucoup de solennité et de déférence qu’une délégation du Sous-marin Nucléaire d’Attaque Casabianca s’est rendue à l’inhumation au cimetière de Toulon de Monsieur Louis Gicquel mercredi 13 mars. Quartier-maître électricien, Louis Gicquel faisait partie de l’équipage du sous-marin « Casabianca » qui refusant de se saborder en 1942 s’est évadé pour rejoindre les Forces françaises libres en Afrique du Nord. Pendant plus de 6 ans, toujours à bord de ce sous-marin commandé par le charismatique commandant L’Herminier, il a écumé la Méditerranée œuvrant à la reconquête du territoire français. La semaine précédente, l’équipage du Sous-marin nucléaire d’Attaque « Casabianca » avait assisté à l’inhumation d’un ancien compagnon d’armes de Louis Gicquel, Maurice Praly, au cimetière Saint-Véran en Avignon. Engagé à 17 ans, il avait consigné ses impressions dans un petit carnet. Le commandant L’Herminier saluait alors « son patriotisme fanatique, sa valeur et son mépris du danger ». Avec ces deux disparitions, c’est une page héroïque de l’histoire de la Seconde guerre mondiale se tourne.« Un exemple de courage et d’abnégation (2 photos)

Maurice Praly s’est éteint à l’âge de 91 ans. Il était l’un des tout deniers survivants de l’épisode historique du 27 novembre 1942 : il était alors embarqué sur le Casabianca, le seul bateau qui avait pu échapper au sabordage de la flotte en rade de Toulon. Il s’était engagé à 17 ans en 1938, sur le croiseur la Marseillaise comme quartier-maître mécanicien, avant d’être affecté sur le « Casa » ; et chaque jour de la guerre il avait consigné ses impressions dans un petit carnet ; le commandant Jean Lherminier saluait alors « son patriotisme fanatique, sa valeur et son mépris du danger ».

Après la guerre, Maurice Praly était devenu comptable-maison chez Michel-électricité, route de Morières, puis chez Barthélémy à Orange, où ses qualités lui avaient valu estime et respect. Marin dans l’âme, Maurice Praly avait animé pendant plusieurs années la PMM (Préparation Militaire Marine) d’Avignon – qui porte le nom de Casabianca -, il avait présidé l’Association des Anciens marins d’Avignon, et participait activement à toutes les manifestations de la Marine nationale, accompagné de son épouse Mauricette et de son fils Robert ; il avait également une fille, 4 petits-enfants et des arrière-petits-enfants. Maurice Praly a été fait chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur le 17 juin 1984 ; il était également décoré de la médaille militaire et de l’ordre national du Mérite.

La cérémonie religieuse sera célébrée le mardi 5 mars à 15h en l’église des Carmes d’Avignon, et sera suivie de l’inhumation au cimetière Saint-Véran.

 https://plus.google.com/photos/111392320521715497762/albums/6052644178656517489

https://plus.google.com/photos/111392320521715497762/albums/6052644178656517489

 




Je vous informe du décès de Monsieur Georges Vaubourg à l'âge de 90 ans ancien membre de l'équipage du sous-marin Casabianca de 1942 à 1945
CHARLES COACHE du 1 choc qui a debarque avec le sous marin CASABIANCA en Corse decede 10-08-2014
a  d  fhttps://plus.google.com/photos/111392320521715497762/albums/6052644178656517489https://plus.google.com/photos/111392320521715497762/albums/6052644178656517489ddemi_fichiers/IMG_3728.JPGhttps://plus.google.com/photos/111392320521715497762/albums/6052644178656517489
Bonsoir J Louis,
Voici 3 photos : une à Ajaccio avec Jean Serazin ( le DMD était Alain Mie) la seconde à Calvi, la troisième étant les signataires du bataillon de choc de la photo de "leur" sous - marin.
Et il s'en rappelait. C'était pour le 60 ème anniversaire de la libération de la Corse, il était alors ancien du bataillon bien entendu et vice président national des anciens combattants avec le général Glavany.
Je devrai voir ce dernier lundi prochain à Paris pour les obsèques. Les honneurs militaires lui seront rendus.
Amicalement
Alain
  
 

Pierre Favreau, qui fut opérateur radio sur le célèbre sous-marin, est décédé ce samedi à l'âge de 92 ans.

Il habitait le Cannet-Rocheville et était le dernier des sous-mariniers ayant participé à l'épopée du Casabianca.

Lors du sabordage de la flotte française à Toulon, le 27 novembre 1942, l'équipage du sous-marin décide de s'échapper.

Après avoir gagné Alger, il joue un rôle déterminant dans la libération de la Corse en septembre 1943.


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http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/2014/08/27/obseques-du-dernier-sous-marinier-du-casabianca-538778.html


Obsèques du dernier sous-marinier du Casabianca


Les obsèques du dernier survivant du sous-marin Casabianca ont eu lieu ce matin en l'église du Prado à Cannes. Il s'appelait Pierre Favreau. Du Casabianca, l'Histoire retient sa fuite de Toulon après le sabordage de la flotte française le 27 novembre 1942.
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Pierre Fravreau est décédé samedi à l'âge de 92 ans dans sa résidence du Cannet (Alpes-Maritimes).



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Eloge funèbre de Pierre Favreau



Pierre Favreau, l’équipage du sous-marin de 1500 tonnes Casabianca commandé par L’Herminier puis Bellet est désormais au complet. Vous les avez rejoints, tous ceux dont vous nous parliez si souvent, tous ceux qui animaient votre vie ces dernières décennies.


Pierre Favreau, avec votre départ, pour nous, l’histoire du Casabianca se termine, et c’est la légende du Casabianca qui commence : celle d’un équipage exceptionnel qui a accompli des opérations exceptionnelles. Pour n’en citer que quelques-unes :
-    L’évasion du port de Toulon le 27 novembre 1942 en forçant le blocus.
-    Les multiples débarquements de matériel et de personnels en Corse et le long des côtes métropolitaines. Votre plus grande fierté était qu’aucune de vos caches n’ait été découverte, que toutes les livraisons aient été récupérées par le maquis.
-    Le premier débarquement en Corse avec 109 hommes du bataillon de choc le 13 septembre 1943.
-    Une attaque à la torpille en marche arrière, et bien d’autres encore.


Pierre Favreau, vous nous avez montré que l’esprit d’équipage peut faire s’exprimer ce qu’il y a de meilleur en chacun de nous : la volonté d’accomplir de grandes choses, la persévérance de continuer malgré les obstacles, le courage d’affronter la mort s’il le fallait :
-    Vous avez trompé le contrôle de la convention d’armistice sur les réserves en gasoil pour être prêts.
-    Tout l’équipage, sans exception, est allé voir son commandant pour exprimer la volonté de ne pas se saborder. L’Herminier confie en avoir été ému.
-    Dès votre arrivée en Algérie, vous vous êtes tous portés volontaires pour les missions les plus risquées de renseignement près des côtes métropolitaines et de Corse.
-    Lors de vos infiltrations, vous restiez des heures en plongée, tapis sur le fond, dans des conditions d’insalubrité difficiles et au bord de l’asphyxie.


Pierre Favreau, par-dessus tout, vous souhaitiez que l’esprit du Casabianca perdure. Pour reprendre vos mots « A bord c’était tous pour un et un pour tous. On avait un esprit d’équipe extraordinaire. On a eu des coups durs mais on est tous restés ensemble pendant trois ans. » Sachez que le relais est transmis, que cette flamme continue d’animer les sous-mariniers.


Pierre Favreau, je sais que les derniers mots du Casabianca que vous auriez aimé entendre sont ceux de notre devise, ceux que tous les marins du Casabianca ici présents vous diront lorsqu’ils s’inclineront devant vous tout à l’heure :
« in bello leones, in pace columbae ».
Repose en paix.



Le 23 août 2014                                                                Capitaine de Frégate Alexandre TACHON
                                                                                                Commandant le sous-marin nucléaire d’attaque
                                                                                                « CASABIANCA » équipage bleu.


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IMMERSION DES CENDRES DE M. FAVREAU

© Marine nationale / Y.Jonqueres
Dernière mise à jour : le 9 Février 2015 à 16:30

Le 8 février 2015 à 15h, le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Casabianca a procédé à l’immersion des cendres de M. Pierre Favreau depuis sa plage arrière à l’issue d’une dernière plongée à 300 mètres conformément à la volonté de ce dernier.

Décédé le 23 août 2014 à l’âge de 89 ans, M. Favreau était le dernier survivant de l’héroïque équipage du sous-marin Casabianca de classe 1500T à bord duquel il servit de 1942 à 1945 comme opérateur radio, sous les ordres des commandants l’Herminier puis Bellet. Il a ainsi participé à 6 des 7 citations obtenues par ce bâtiment.

Il est resté un témoin extrêmement passionné et présent de cette époque, en ayant participé à toutes les cérémonies et commémorations ayant trait au Casabianca.

M. Favreau était chevalier de la légion d’honneur, décoré de la  médaille militaire, de la croix de guerre, de la médaille des évadés, de la croix du combattant volontaire, de la croix du combattant volontaire de la résistance extra métropolitaine, de la médaille commémorative 39/45, de la médaille coloniale, de la médaille du mérite de l’Afrique noire, de la médaille de reconnaissance de la nation et du droit au port individuel de la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.

Source : Marine nationale
Crédits : Y.Jonqueres/Marine na




De notre adhérent et ami David Diavorini le document d’un dernier hommage à Pierre Favreau que nous avons eu l’honneur de côtoyer.
Antoine et Jackie
 
Sent: Friday, February 13, 2015 11:49 AM
Cc: david d
Subject: Immersion des cendres de M. Favreau - Extrait Cols Bleus
 

Immersion des cendres de M. Favreau

2015MTLN015 001 029Le 8 février 2015 à 15h, le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Casabianca a procédé à l’immersion des cendres de M. Pierre Favreau depuis sa plage arrière à l’issue d’une dernière plongée à 300 mètres conformément à la volonté de ce dernier.

2015MTLN015 001 038Décédé le 23 août 2014 à l’âge de 89 ans, M. Favreau était le dernier survivant de l’héroïque équipage du sous-marin Casabianca de classe 1500T à bord duquel il servit de 1942 à 1945 comme opérateur radio, sous les ordres des commandants l’Herminier puis Bellet. Il a ainsi participé à 6 des 7 citations obtenues par ce bâtiment.

Il est resté un témoin extrêmement passionné et présent de cette époque, en ayant participé à toutes les cérémonies et commémorations ayant trait au Casabianca.

M. Favreau était chevalier de la légion d’honneur, décoré de la médaille militaire, de la croix de guerre, de la médaille des évadés, de la croix du combattant volontaire, de la croix du combattant volontaire de la résistance extra métropolitaine, de la médaille commémorative 39/45, de la médaille coloniale, de la médaille du mérite de l’Afrique noire, de la médaille de reconnaissance de la nation et du droit au port individuel de la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.

Casabianca : la fin d’une histoire, le début d’une légende

2015MTLN015 001 015

Casabianca : la fin d’une histoire, le début d’une légende

950 copieLe 23 août 2014 s’est éteint le dernier membre de l’équipage du sous-marin de la classe 1500 tonnes Casabianca. Sous les ordres successifs des commandants Sacaze, L’Herminier et Bellet, il a mené des actions décisives au cours de la Seconde Guerre mondiale, en particulier pour libérer la Corse. Avec 7 citations et le port de la fourragère rouge, il s’est imposé comme le symbole de l’état d’esprit et de la combativité des sous-mariniers.

Le sous-marin Casabianca de la classe 1500 tonnes

Le sous-marin est lancé en 1935 et porte le nom du capitaine de vaisseau Luce de Casabianca. Ce dernier avait servi sous les ordres de Napoléon, en particulier lors de la bataille d’Aboukir en 1798 où il est mortellement blessé aux côtés de son fils.

Le sous-marin Casabianca s’illustre dès le début de la Seconde Guerre mondiale, sous les ordres du capitaine de corvette Sacaze. Il obtient sa première citation dans les fjords de la mer du Nord dès 1940.

En 1942, le capitaine de corvette L’Herminier prend le commandement. Il s’attache à développer les compétences de son équipage : entraînements incessants, sorties de cohésion dans les collines, répétition des gestes dans le noir absolu. Surtout, avec son équipage, il met au point des astuces pour tromper la convention d’armistice sur les réserves en gasoil. Malgré les inspections, les caisses se remplissent.

Puis l’Allemagne envahit la zone libre. Elle souhaite s’emparer de la flotte française basée à Toulon et entre dans l’arsenal le 27 novembre 1942. Mais les sous-marins Vénus, Casabianca, Marsouin, Iris et Glorieux appareillent en moins de 5 minutes. Certains réussissent à s’échapper, d’autres non. Le Casabianca obtient sa deuxième citation.

Dès son accostage à Alger, le commandant L’Herminier se rend à l’amirauté faire part du désir de son équipage de repartir au combat. Moins de deux semaines plus tard, il appareille pour débarquer quatre agents de renseignement en Corse.

Les missions spéciales se succèdent en Provence et en Corse, en particulier pour cacher des munitions au profit de la Résistance. Chaque opération suit le même schéma : une approche de nuit, une journée passée posé sur le fond dans des conditions d’insalubrité difficiles et au bord de l’asphyxie, un retour en surface la nuit suivante pour transborder rapidement et dans le plus grand silence des caisses d’armes. La plus grande fierté de tout l’équipage est sans aucun doute que toutes les livraisons aient été récupérées par le maquis.

Les résultats forcent l’admiration : 35 tonnes débarquées au total. Trois nouvelles citations viennent le récompenser. Les britanniques lui attribuent le pavillon Joly Roger à tête de mort, offert uniquement aux sous-marins les plus méritants. Mais le Casabianca ne s’arrête pas là et, le 23 septembre 1943, il débarque 109 hommes du bataillon de choc à Ajaccio. Il devient ainsi l’auteur du premier débarquement d’une force de libération sur le sol de France, qui plus est entièrement française.

Le second maître radio Pierre Favreau

A 17 ans, Pierre Favreau s’engage dans la marine. Après sa formation de radiotélégraphiste, il rejoint le sous-marin Glorieux en océan Indien pour des missions de soutien. Les conditions sont déjà rudes : chaleur et hygrométrie importantes, douches impossibles, nourriture stockée dans des conditions douteuses. Mais cette arme lui plaît et, en 1942, il est affecté sur le Casabianca.

A bord, il découvre un esprit d’équipage hors du commun. C’est d’ailleurs tout l’équipage sans exception qui décide d’aller voir le commandant pour lui affirmer sa volonté de ne pas se saborder. L’Herminier en sera particulièrement ému.

Au-delà de l’échappée du port de Toulon, cet esprit d’équipage leur permet d’affronter les plus grands dangers : les journées à plus de 60 grenadages, dépasser l’immersion maximale avec plus de 45° d’assiette à descendre, attaquer à la torpille en marche arrière, naviguer en plongée par des fonds de 35 mètres. Pierre Favreau le disait lui-même « À bord c’était tous pour un et un pour tous. On avait un esprit d’équipe extraordinaire. On a eu des coups durs mais on est tous restés ensemble pendant trois ans. »

Après la démobilisation, l’équipage reste uni et fonde l’amicale des anciens du Casabianca. Pierre Favreau en est l’un des plus ardents artisans. Il est présent, avec les AGASM, à toutes les cérémonies. Il remet les fourragères aux nouveaux embarqués et nous fait vibrer à chacun de ses récits. Il était devenu un membre de notre équipage.

Avec sa disparition, l’histoire du Casabianca ne peut plus être racontée. Désormais, c’est la légende du Casabianca qui nous sera contée : celle d’un équipage composé d’hommes ordinaires mais qui, ensemble, ont su former un équipage extraordinaire.

Un symbole pour les forces sous-marines

Le Casabianca est devenu un symbole fort des forces sous-marines. Il porte les valeurs qui nous caractérisent. D’ailleurs, L’Herminier écrivait « l’équipage d’un sous-marin a une vie commune, court des risques communs, partage une gloire commune, et si l’heure sonne, trouve une mort commune. »

Preuve en est la date du 27 novembre choisie comme journée du sous-marinier. Comme un clin d’œil pour rappeler qu’il n’y a pas de fatalité, qu’aucune défaite n’est définitive.

Son patrimoine et ses traditions sont donc importants et forment un formidable levier de cohésion et de motivation pour les équipages actuels qui se veulent à la hauteur de leurs anciens. Tous ont d’ailleurs un objectif commun : « que les valeurs qui nous animent puissent continuer à se transmettre grâce à un cinquième Barracuda qui serait baptisé Casabianca, afin que perdure encore pour longtemps notre devise « In Bello Leones, In Pace Columbae ».

660 copie

http://www.marine.defense.gouv.fr/images/breves/Sirpa/1170_copie.jpg

 

 

Cordialement,

 

signature



a







Bonsoir Monsieur VENTURA,

​Je vous adresse, ainsi qu'à Monsieur Joël MAINGUY, les différents documents concernant la carrière militaire de mon père ANGE LEHON.
Vous trouverez ci-joint différentes photos de l'équipage du Casabianca, ainsi que l'article Ouest-France concernant sa remise de la légion d'honneur.
​Pour compléter cet article, mais c'est une autre histoire; mon père a terminé sa carrière militaire en 1960 à bord de l'escorteur d'escadre Vauquelin.
​Le 29 février 1960, alors que l'escadre venait d'arriver aux Canaries, survint le tremblement de terre d'Agadir.
​A l'annonce de cette terrible nouvelle, l'escadre fit cap aussitôt sur Agadir.
​Le Vauquelin fut dans les premiers à être sur place au soir du 1er mars pour constater les dégâts, et, venir en aide aux sinistrés. Ce fut une mission humanitaire, mais pour ce désastre, la folie des hommes n'en était pas la cause.

Son numéro de matricule: 3931 B 37

Pièces jointes:
- article Ouest-France avec photos remise légion d'honneur
- photo groupe de 13 sur le Casabianca (mon père est le 5ème en partant de la droite)
- photo kiosque
- photo équipage
​- groupe de 8 photos  (format 25x20) sur le commandant L'Herminier
​- photos du mariage d'un membre de l'équipage à Philadelphie pendant la période de réparation du 02/08/1944 au 30/03/1945. (Mon père était "garçon d'honneur")






















2 Anciens de l'équipage l'or d'une conférence ANARC à Porticcio le 16 avril 2004

projection du film CASABIANCA

casabianca(1).jpg (114424 octets)

  


 

INFORMATION CASABIANCA http://www.multimania.com/jlventura/page21.htm

pour les caractéristiques du SNA CASABIANCA

           

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SALLE DE CONFÉRENCE SNA CASABIANCA

 

PEINTURE LIBÉRATION DE LA CORSE


Echappée du Casabianca

De l'échappée du Casabianca de Toulon, son camarade matelot du Casabianca Jean Couturier raconte dans son journal de bord:

"5h05, alerte au Klaxon ; ennemi sur les quais ; mitraillage ; sans perdre de temps, j'ordonne : Larguez partout ! . 5h10 dépasse la Vénus prise dans un élément de la panne. 5h 25: devant un filet anti-sous marin ; le patron du remorqueur refuse d'ouvrir (Nota : Effectivement, l'entrée du port de Toulon est interdite par un filet actionné à partir d'un remorqueur) ; bombe ; le remorqueur commence à ouvrir la porte. 5h30 : barrage incomplètement ouvert ; franchi le barrage ; trois avions mouillent les mines par parachute à 100 mètres par babord avant ; plongée ; 5h 40 : route au 100 ; explosion de mines, diverses avaries intérieures".  Source "L'épopée du Casabianca "
f

Se heurte aux patrouilleurs anglais

Le "Casa"  ne sera plus rattrapé, malgré le feu ennemi.Il fait route plein sud.  Il atteint Alger sain et sauf, mais n'ayant pu s'identifier,  se heurte aux patrouilleurs Anglais, qui menacent  de l'envoyer par le fond. L'équipage ne devra son salut qu'à un message en morse envoyé grâce au projecteur situé à l'avant du submersible : "Casabianca. Sous marin Français. Casabianca"...  

Le sous-marin va participer quelques mois plus tard à la libération de la Corse.

Source : Ministère de la Défense (ECPAD):
Le film évoque en fil conducteur le parcours du commandant de l’unité, le capitaine de frégate Jean L’Herminier qui, après de multiples périples, parvint à gagner l’Afrique du Nord en trompant la surveillance des Allemands à Toulon lors du sabordage de la flotte.

Amputé des deux jambes suite à un mal implacable, le commandant L’Herminier est décoré de la cravate de commandeur de la Légion d’honneur par le général de Gaulle sur son lit d’hôpital.

Quelques semaines plus tôt, le commandant L’Herminier se trouvait encore à bord du sous-marin pour un exercice d’alerte : les hommes sont mobilisés, le sous-marin quitte la surface et s’enfonce dans la mer. Au périscope, le commandant observe le navire ennemi, puis, le danger passé, le sous-marin peut refaire surface. La manœuvre terminée, on hisse le pavillon pirate à tête de mort et sept glaives, témoignage des sept grandes missions déjà réussies.













marinecasa1.jpg (115377 octets) LE CASABIANCA A ALGER APRÈS SON ÉVASION DE TOULON (ECPA)
marinecasa15.jpg (61473 octets) l'affût double de mitrailleuses 13.2 mm HOTCHKISSS
marinecasa2.jpg (95957 octets) A L'INTÉRIEUR DE LA COQUE ÉPAISSE LES COUPLES SONT PARTICULIÈREMENT VISIBLE
marinecasa13.jpg (86658 octets) LE POSTE ÉQUIPAGE
marinecasa14.jpg (77506 octets) ACCOSTAGE A BREST DÉBUT 1940 AU PREMIER PLAN LE JUMEAU LE SFAX
marinecasa9.jpg (92935 octets) LES MOTEURS DIESELS
marinecasa10.jpg (37255 octets) CORVÉE DE PATATES AU FOND LE RAVITAILLEUR DE SOUS MARINS JULES VERNE
marinecasa7.jpg (84008 octets) LE CASA ACCOSTE AMARRE LE SFAX
marinecasa11.jpg (126373 octets) DEVANT L'INDICATEUR DE PROFONDEUR
marinecasa4.jpg (90722 octets) AU PÉRISCOPE
marinecasa5.jpg (90325 octets) PANNEAUX D'ACCÈS
marinecasa6.jpg (51985 octets) LE KIOSQUE AU BASSIN

 

 

 

 

photos  marines forces navales août septembre 2000

 

 http://www.infomer.fr/pages/marineEdition/


 

 

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COMMÉMORATION  DU 204éme ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE D'ABOUKIR

 

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cols bleus n° 2651 du 08-03-2003

1798 La flotte française détruite à Aboukir
En rade d'Aboukir (Egypte), la flotte française commandée par l'amiral Brueys d'Aigaïlliers est battue par la flotte britannique sous les ordres de l'amiral Nelson. Seuls quatre vaisseaux sur une vingtaine réussissent à s'échapper. La flotte française venait de débarquer en Egypte le corps expéditionnaire du général Napoléon Bonaparte. Celui-ci est alors bloqué en Egypte et rentrera secrètement en France un an plus tard.

 


Le capitaine de vaisseau

Luce de Casablanca (07/02/1762 - 01/08/1798)

ou la tragédie de l'« Orient »

 

Luce de Casablanca, capitaine de vaisseau, est né à Vesco­vato (chef-lieu du canton de la Casinca, près de Bastia) le 7 février 1762.

Issu d'une famille de militaires, de petite noblesse, aux idées favo­rables à la France, il fit ses premiers pas d'écolier au couvent des Capu­cins du village. Puis il entra succes­sivement au collège de Guilly en 1771, au collège militaire royal de la Flèche (1772-1775), au collège royal de Paris (1775) et à celui d'Ef­fiat (1776-1778).

A la sortie d'Effiat, Luce est orienté vers l'école royale de la ma­rine, à Toulon (1778-1779). Il en sort aspirant garde de la marine, attaché à la compagnie des gardes du pa­villon amiral. A l'âge de 17 ans, il embarque de Toulon pour effectuer plusieurs missions à bord de la fré­gate « La Gracieuse » (27 avril 1779 - 21 mars 1780), la frégate « Le Ter­rible » (2 juin 1780 - 2 mars 1781) et du vaisseau « Le Zélé» pour la guerre d'indépendance de l'Améri­que (2 mars 1781 - 1-janvier 1783).

Il sert ensuite sur la corvette « La Brune » (18 mai 1784 - 24 août 1784), la frégate « La Réunion » (17 avril 1787 - 7 janvier 1788), le brick « L'Alerte » (18 janvier 1788 - 23 février 1788) et la frégate « Lalceste » (13 juillet 1789 - 20 octobre 1790).

Entre temps, il s'était marié à Vescovato en 1784 avec Félice Raffali. De cette union, naissaient Faustina (1785) et Giocante (1787).

Attiré par les idées nouvelles de la Révolution, Luce va entreprendre une carrière politique qui débutera à Toulon. Il s'inscrit au club des Jaco­bins, créé à Toulon le 18 janvier 1790. Le 14 mars 1792, il obtient le fameux certificat de civisme (n° 638). Il est élu député à la Convention et siège sur les bancs de la « Mon­tagne ». Il est membre de la com­mission de la marine. De tempé­rament calme, modéré dans ses actes, il ne votera pas la mort du roi Louis XVI.

Il accède au grade de capitaine de vaisseau le 1 -janvier 1793, mais sa tiédeur politique n'est pas de mise dans les rangs des extré­mistes. Aussi sera-t-il exclu du club des Jacobins. Cela ne l'empêchera pas d'être élu au Conseil des cinq­cents sous le Directoire, jusqu'au 20 avril 1798. II écrira un Mémoire remarquable sur la restructuration de la marine.

Quelque peu déçu de la vie pu­blique, Luce demande sa réintégra­tion dans son corps d'origine, la marine.

Le 19 mai 1798, il se trouve à bord de « L'Orient », vaisseau amiral de l'escadre qui participe à l'expédi­tion d'Égypte. Après la mort de - l'amiral Brueys (commandant l'es­cadre) à son poste de commande­ment, Luce est amené à prendre la direction de « LOrient ». Le superbe vaisseau amiral, fier de ses cent­vingt canons étagés sur trois ponts, pris en tenaille par cinq vaisseaux anglais, explose dans un fracas épou­vantable en rade d'Aboukir.

Luce, mortellement blessé, et son fils Giocante, mousse âgé de 11 ans, refusant d'abandonner le vaisseau, périssent tous deux noyés le 1- août 1798 à vingt-deux heures trente.

Six bâtiments de la marine française ont porté et portent encore le nom « Casabianca », notamment le sous-marin qui, le 27 novembre 1942, refusa le sabordage de la flot­te, s'enfuit de Toulon' et gagna Alger par la suite. Il- effectua de nom­breuses missions en Corse et parti­cipa grandement à la libération de i'Île en septembre-octobre 1943.

 

Michel MICAELLI.

La CHARTE Devoir de Mémoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La maison des CASABIANCA date du XVIII siècle. Au coeur du village, elle témoigne de l’histoire d’une grande famille.

 En médaillon le buste de Luce de CASABIANCA exposé au musée de la marine à Toulon

 

 

VESCOVATO N’OUBLIE PAS SES HÉROS

Regarder la bataille d’ABOUKIR – 1 AOÛT 1798 – depuis ce village de Haute Corse,c’est se transformer en compagnon

 de la mer du capitaine de vaisseau LUCE de CASABIANCA  et son fils Giocante, « mousse de bonne volonté ». 

Embarquement immédiat sur « l’ORIENT »,grâce au récit d’une saisissante vivacité de Michel Micaelli.

Luce et son fils Giocante de CASABIANCA sont des présences ­a mie s pour les Bastiais aux yeux desquels ils incarnent 

une rue et un lycée du centre ville. Mais finalement, la mémoire collective insulaire continue à ignorer l'essentiel, 

des errances maritimes conquérantes et explo­ratrices, des enchaînements de périls pleins de beaux gestes

 et de nobles couleurs,un destin com­mun de va-t-en-guerre à la fois époustouflant et tragique tan­dis que

 l'histoire déferle au large d'Aboukir. Sur fond d'expédition d'Égypte menée par Bonaparte.

 

 

 

 

300 voiles...

      Vescovato, en revanche ouvre des brèches pour laisser s'épan­cher la mémoire des événements. 

Le village de Casinca s'attache à entretenir la flamme de ses enfants, Luce et Giocante, à travers messes, plaques et stèles commémoratives.

      De quoi nourrir l'esprit vagabond de certains de ses habitants, comme Michel Micaelli. 

Au lieu de s'aban­donner à une nostalgique admira­tion, l'homme a entrepris de poser des questions, de fouiller archives, 

documents divers, par y débusquer quelques éclats de vie encore tièdes.

       Ainsi, au rythme d'une recherche rigoureuse, il éclaire les visages dessine les silhouettes, de Luce et de Giocante. 

De lointaines, voici qu'elles se rapprochent. Quelques phrases, d'une saisissante densi­té, suffisent à faire surgir la cha­leur 

et l'émotion et à nous trans­porter dans une autre époque. La mer est calme ce 1 er août 1798 dans la baie d'Aboukir. 

Michel Micaelli raconte «  En l’espace d’un mois, l’escadre française, commandée par l’Amiral Brueys s’est installée en position 

de combat dans la baie. La solution du mouillage à l’ancre, navires amarrés les uns à coté des autres a été retenue . »

 

 

«C'est Nelson ! »

L'armada française - trois cents voiles - à l'allure puissante, infaillible, semble atteinte d'un soudain accès de langueur. 

C'est le calme accablant qui tombe du ciel chauffé à blanc par le soleil égyptien. Autour de 13 heures, 

les matelots de garde distinguent une douzaine de voiles. La mena­ce se mêle à la contemplation de l'horizon. 

Les esprits français sont en proie à une agitation irré­pressible.

Michel Micaelli poursuit : « Nel­son, c'est Nelson ! s'exclame - t­on. Cette fois l'amiral anglais tient sa proie. 

Sur le champ, il a conçu sa manoeuvre d'encerclement 11 portera son effort sur l'avant­ garde française. » 

Le choc est ter­rible. Chaque coup de canon bri­tannique apporte son lot de pertes humaines et matérielles côté fran­çais. 

La férocité du combat est croissante, la supériorité des vais­seaux anglais écrasante.

Bientôt le navire amiral, l'Orient - cent vingt canons répartis sur trois ponts - est touché. Michel Micaelli reprend

« De nombreux officiers français. sont blessés. Parmi eux, l'amiral Brueys, à bord de l'Orient est grièvement atteint à la main et à la tête. 

Un boulet lui arrache la cuisse  gauche il meurt peu après dans d'horribles souffrances à son poste de commandement »

 

Amour filial

Désormais, c'est le capitaine de vaisseau, Luce de CASABIANCA, 36 ans, plein d'audace et de panache, qui à la charge de l'Orient. 

Pour quelques heures à peine. « Cinq vaisseaux ennemis ont pris pour cible l'Orient Ils le canonnent sans relâche », 

développe Michel Micaelli et d'ajouter : « Jusqu'à sa des­truction. Luce est blessé à son tour. L'Orient est pulvérisé. 

Les flammes se dressent et virevoltent comme des serpents survoltés. »

A un peu plus de 22h, la décision est prise d'abandonner le navi­re. Le récit remue, et avec une sobriété captivante reconstitue le puzzle

 des derniers instants de Luce et de son fils. Une sauvage énergie irradie les scènes surgies des tréfonds de la mémoire. 

Le conteur nous entraîne dans un univers brutal où l'on se déchire et s’anéantit.

 Il reprend dans une inspiration romanesque : « Luce de CASABIANCA et son fils Giocante, tout jeune mousse de onze ans 

refusent de quitter leur poste. Autour d'eux plusieurs marins grillent comme des torches. Certains s'agrippent aux mâts, 

d'autres aux pièces de bois dispersées sur l'eau. Ils s'af­faiblissent et disparaissent les uns après les autres.

 Luce exhorte alors son fils. 'saute, sauve-toi. Il est encore temps'. Peine perdue. Giocante refuse. 

Une seule pensée l'assaille, son père, qu'il étreint dans un ultime élan d'amour filial. » Ils ne se lâcheront plus.

 L héroïsme naît dans leur résignation, dans le bruit et la fureur.

Michel Micaelli continue : « L’Orient vole en éclat Luce et son jeune fils Giocante disparaissent dans les flots, engloutis à jamais.

 Face à un désastre d'une telle ampleur, en signe de respect de deuil, les combats ces­sent le feu. 

Les visages des survi­vants trahissent une profonde émo­tion. Luce et Giocante, « mousse de bonne volonté selon les termes 

du livre de bord de l'Orient entrent dans la légende des grandes figures de l'histoire. Leur sens aigu de l'honneur et du 

devoir les a menés jus­qu'au sacrifice. Il était 22 heures 30, ce ter août 1798 à Aboukir. »

Talleyrand le sait : « Il y a quelque chose d'inexplicable dans cette horrible affaire. »

 

 

VERONIQUE EMMANUELLI

Magazine Corse matin du 02-09-2005

 

 

 


 

 


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fnom numéro 281 mars 2005

Le Commandant JEAN L'HERMINIER (1902-1953) ancien pacha du sous marin CASABIANCA à Sollies Toucas dans les années 1950 (Source Jean Claude VINCENT)


 


Saigon le 15 nov 2002

 

Monsieur,

après plusieurs tentatives infructueuses pour vous envoyer ce mail j'espère que vous me lirai tout de même. Je me permets de vous envoyer quelques visuels de maquettes fabriquées dans mon atelier de Saigon, toutes ces pièces sont réalisées par un meilleur ouvrier de France puis pour avoir un excellent rapport qualité prix copie ici a Saigon .Au mois de juin 2002 nous avons inaugure au sein de l'école des sous mariniers nucléaires d'attaques de Toulon une exposition permanente sur l'histoire des bateaux ayant battus pavillon Français depuis 1898.

je vous présente donc la maquette du CASABIANCA ,réalise a 10 exemplaires et numérotée a l'échelle 1 centième pour a titre indicatif le prix de 455 euros .bien sur je suis a même de fabriquer tous types de bateaux sur commande particulière ,je me tiens donc a votre entière disposition pour de plus amples informations mon e mail vungtau562002@yahoo.fr

bien amicalement

Marc Jouandon

            


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350 02
Sous-marin de 1,500 T (Casabianca, Ajax, Fresnel, etc...). Nouveau!
54,75 €

 

http://www.larsenal.com/FR/index.htm

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Marines Magazine L19248 la libération de la Corse

2002

      

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PLAQUETTE ANNIVERSAIRE 1942-2002 (CC De SAINT EXUPERY)

                                                                              


                                                                                                 

 

 

INFORMATION MARINE NATIONALE

 
Sous-marin nucléaire d'attaque Casabianca (S 603)

 

Le sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) Casabianca est le troisième exemplaire d'une série de six sous-marins construits par DCN. Elle compte 5 autres unités : Rubis (S 601), Saphir (S 602), Émeraude (S 604), Améthyste (S 605), Perle (S 606).

Mis en chantier en septembre 1981 et lancé le 22 décembre 1984 à Cherbourg, le SNA Casabianca est admis au service actif le 21 avril 1987.

Le Casabianca est affecté à l'escadrille des sous-marins nucléaires d'attaque (ESNA) et est basé à Toulon.

 
Missions

Le sous-marin d'attaque a une vocation essentiellement tournée vers l'action, dans le cadre des trois fonctions opérationnelles que sont la dissuasion, la prévention et la projection :

- Dissuasion :
Le sous-marin d'attaque est un auxiliaire de la dissuasion. Autonome et discret, il participe à la protection et la sûreté des SNLE, mais également à la phase d'entraînement qui précède chaque patrouille. Le SNA représente par ailleurs de manière générale, par sa mobilité et presque son ubiquité, une capacité à affirmer une présence sous-marine, en regard des activités des marines étrangères, dans des zones de taille importante. Il participe ainsi à la gestion interalliée de l'espace sous-marin. Outre cette mission directe de protection des SNLE, le SNA est également un moyen irremplaçable de formation et d'entraînement en situation réelle à la navigation et aux opérations sous-marines, qualités qui ainsi acquises par les équipages à bord des SNA leur sont bien évidement nécessaires à bord des SNLE.

- Projection :
Sa capacité de déploiement, sa discrétion et sa puissance de frappe en font également un partenaire efficace des forces maritimes de surface, et en particulier d'un groupe aéronaval, qu'il soutient dans les missions de projection de puissance, près des côtes ou en haute mer. Il peut aussi agir en toute indépendance dans des missions de contrôle ou d'interdiction de zone. Sa faculté à se mouvoir discrètement près des côtes permet également au SNA d'être utilisé pour la mise en oeuvre de commandos vers la terre mais aussi pour le blocus de port ou le contrôle de zones d'exclusion.

- Prévention :
Le SNA peut, toujours grâce à sa discrétion et son endurance, effectuer des missions de renseignement et participer à des opérations spéciales comme la mise en oeuvre ou la récupération d'agents depuis la mer. Très autonome, il peut être déployé rapidement et discrètement, loin de son port-base, pour se prépositionner, pendant une durée significative, dans des zones de crise. Le SNA participe enfin aux missions de sécurité générale des approches maritimes du territoire national. Il peut à ce titre, avec discrétion, rechercher, intercepter et poursuivre si nécessaire les objectifs, sous-marins ou bâtiments de surface, qui lui sont désignés.

Observations

Placée sous le commandement d'ALFOST, la composante sous-marins d'attaque comprend six sous-marins nucléaires d'attaque (SNA), appartenant à l'escadrille des sous-marins nucléaires d'attaque (ESNA).

Les quatre premiers SNA, de type Rubis, ont été refondus au cours des années 90, pour les conduire au même niveau de performance, en particulier dans les domaines de la détection sous-marine, des transmissions et de la discrétion, que les deux derniers, de type Améthiste (AMEliorations Tactique HYdrodynamique Silence Transmission Ecoute).

Caractéristiques

- Déplacement : 2700 tonnes en plongée / 2400 tonnes en surface
- Dimensions : 73,6 x 7,6 mètres
- Vitesse maximale : 25 noeuds en plongée
- Immersion maximale : supérieure à 300 mètres

Propulsion

- une chaufferie nucléaire fournissant la vapeur à deux turbo-alternateurs
- un moteur électrique principal entraînant la ligne d'arbre unique
- un groupe diesel générateur permettant d'assurer une propulsion de secours

Équipage

- 10 officiers, 52 officiers mariniers, 8 quartiers-maîtres et matelots
- 2 équipages (Bleu et Rouge) se relaient à bord de 3 en 3 mois.

Armement

- 4 tubes lance-torpilles de 533 mm qui peuvent lancer des torpilles F17 de lutte anti-navires et anti-sous-marines ou des missiles SM 39 à changement de milieu contre buts de surface.
- Ce type de sous-marin peut également mouiller des mines.

Toulon. Sous-marinier à bord du Casabianca
A Brest, les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. A Toulon, les sous-marins d'attaque. Petite plongée dans la vie du Casabianca, l'un des six sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) dont dispose la France.

Les journées du capitaine de frégate Marc Delorme, qui commande le sous-marin nucléaire d'attaque Casabianca, se déroulent sur dix mètres de long, la distance maximale qui sépare les endroits où, 45 jours à bord, il travaille, dort, mange ou se détend.
A bord du Casabianca, 72 hommes cohabitent dans ce petit monstre de technologie de 2.400 tonnes, long de 73 mètres seulement, d ' un diamètre de 7,60 mètres, qui progresse à 25 nœuds , peut descendre à 300 mètres de profondeur et dispose d ' une autonomie de vivres de 60 jours.

Surveillance discrète

Le cuisinier dispose d ' une cuisine de moins de 5 m² . L ' infirmerie tient du réduit. L ' équipage se partage trois WC et trois douches, dont une est réservée aux dix officiers.
Les missions de cet équipage aux conditions de vie particulières vont de la surveillance discrète de trafics en tous genres, à l ' accompagnement du porte-avions Charles de Gaulle, du « traitement » des menaces navales au débarquement discret de forces spéciales ou encore de la surveillance de côtes à la préparation d ' opérations navales d ' envergure.
A bord, des membres de l ' équipage décryptent les multiples sons de la mer . Ils savent distinguer le nombre d ' hélices des navires qui croisent à quelques centaines de mètres ou à plusieurs dizaines de kilomètres.

Personne ne sait

L a principale zone d ' activité du SNA est la Méditerranée et l ' Atlantique dans l ' hémisphère nord.
« Personne, je dis bien personne, à terre ou en mer, à l ' Elysée, au ministère de la Défense ou à Toulon, ne sait où se trouve un SNA lorsqu ' il est en opération. C ' est le commandant qui décide où il va » , explique le vice-amiral d'escadre Thierry d'Arbonneau, le commandant des forces sous-marines.
Deux équipages se relaient à bord. Ils réalisent ensemble trois à cinq semaines d ' entretien à quai, avant que l ' un d ' eux entame 13 semaines d ' activité dont 11 à la mer, au maximum, puis parte pour six semaines de permission.
A bord, il n ' y a pas et il n ' y aura pas de femmes avant longtemps. Les admettre « serait une erreur pour des raisons de promiscuité et de vie à bord » , juge le vice-amiral d'escadre Thierry d' Arbonneau.

Le Télégramme le 30-11-2003 communique Yann Lebris

                          

 

 

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COLS BLEUS 2008


    MERCREDI 09 AVRIL 2003                         

VISITE DE L'AVISO 69 COMMANDANT L'HERMINIER A AJACCIO SA VILLE MARRAINE DE RETOUR DU GOLFE PERSIQUE

                                                                      

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dépôt de gerbes au monument du CV L'HERMINIER

jeudi 10 avril 2003

                              

cols bleus n° 2660 du 24-05-2003

présentation du batiment

http://www.defense.gouv.fr/marine/navires/batiments/lherminier/index.htm


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COLS BLEUS du 13-12-2003 n° 2684


mois de juin 2004 envoyé par l'équipage rouge du SNA CASABIANCA

                                                                                              

                                                                                                                                                                            

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                                                        Le sous-marin nucléaire Casabianca lors de la revue navale 2004 en rade de Toulon (15 août 2004).


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Nouvelles du CASABIANCA année 2004

 

photo la citadelle d'AJACCIO periscope SNA CASABIANCA


http://www.sous-mama.org/les_sous-marins_et_la_memoire/sous-marinier_pendant_la_guerre_39-45_

charles_bernard_nous_retrace_son_embarquement_sur_le_casabianca..._article228.html

tire du site AGAASM SECTION DORIS

 

Sous-Marinier pendant la guerre 39-45, Charles BERNARD, nous retrace son embarquement sur le CASABIANCA... !

jeudi 31 mars 2005.

 

 

L’Odyssée du Sous-Marin CASABIANCA pendant la guerre 1939-1945 par Charles BERNARD Premier maître mécanicien, membre de la section DORIS de l’A.G.A.A.S.M.

Après l’évasion de Toulon sous les bombes et les grenades allemandes 2500 heures de plongée sur les côte ennemies.

Charles, Edouard, Léon, Marie BERNARD naît le 9 mai 1922 à Gravelines dans le Nord, il s’engage dans la Marine Nationale où il sert notamment comme Premier Maître mécanien sur le Sous-Marin CASABIANCA pendant la guerre 1939-1945. Il retrace son Odyssée dans un recueil de brèves que nous avons le grand honneur de publier sur le site de notre section

17 ANS ET DEMI DE SERVICE DISTINCTIONS HONORIFIQUES DE LA GUERRE 39-45.

-  CHEVALIER DE LA LEGION D ’HONNEUR - DECORE 1954

-  MEDAILLE MILITAIRE - DECORE 1946

-  TROIS CROIX DE GUERRE CITE A L’ORDRE DE LA DIVISION "ETOILE D’ARGENT"

-  DEUX CROIX DE GUERRE CITE A L’ORDRE DU REGIMENT « ETOILE DE BRONZE » LA CROIX DE COMBATTANT VOLONTAIRE DE LA RESISTANCE

-   LA CROIX DU COMBATTANT VOLONTAIRE AVEC BARRETTE 39/45

-  MEDAILLE DES EVADES

-  CROIX D’ANCIEN COMBATTANT 39-45

-  MEDAII.LE COMMEMORATIVE GUERRE 39-45 AVEC BARRETTE FRANCE-LIBERATION AFRIQUE MEDITERRANEE

-  MEDAILLE COMMEMORATIVE D’INDOCHINE

-  PORT DE LA FOURAGERE A TITRE PERSONNEL DE LA LEGION D ’HONNEUR AVEC INSIGNE "CASABIANCA "

-  EN 1959 REFORME DEFINITIVE A 85 % ORIGINE GUERRE 39/45 DOUBLE BARRES

Mon père est entrepreneur général en bâtiment, Lieutenant au 110éme régiment d’infanterie, chevalier de la Légion d’Honneur, 3 croix avec citations, il décède de ses blessures de guerre alors que j’ai 11 ans. Je suis adopté pupille de la nation 1e 25 août 1934. Je fais mes études au collège St Joseph de Gravelines, puis à l’école pratique de Dunkerque ou j’apprends le métier d’ajusteur-tourneur. Le 5 août 1938 je rentre à l’école des apprentis mécaniciens de Lorient d’où je sors avec mon brevet élémentaire. Le brevet de mécanicien l ére classe et le brevet de mécanicien d’atelier. Le 1 avril 1940, j’embarque à Brest sur le contre torpilleur VOLTA, le plus rapide du monde. Je fais plusieurs patrouilles dans l’Atlantique, en juin 1940 nous sommes basés à Mers el Kébir et c’est la déclaration de la guerre avec l’Italie. Nous faisons plusieurs raids sur les côtes italiennes. Le 22 juillet 1940 l’Armistice, nous désarmons. Le 3 juillet 1940 à 5 heures, le sémaphore signale la présence de l’escadre anglaise au large. Vers 8 heures les discussions commencent entre un officier de l’amiral Hollant et un officier de l’amiral Gensoul. A 9 heures disposition d’appareillage, plusieurs entretiens ont lieu, à 13h 30 des avions du porte avions font un barrage de mines magnétiques dans la passe. A 16h 45 l’officier anglais quitte le Dunkerque, à 16h 55 nous recevons l’ordre d’appareiller, les premiers obus de 380 tombent devant la digue, les suivants sur la PROVENCE , le BRETAGNE et le DUNKERQUE. Le STRASBOURG appareille, les bâtiments ne peuvent tirer, leurs artilleries sont face à la montagne dans cette enclave les 380 pleuvent des gerbes d’eau de 100 mètres , dans cet enfer le contre torpilleur VOLTA sur le commandement Jacquinet se fraye un passage, devant nous le contre torpilleur MAGADOR est touché sur l’arrière. Nous sortons à travers les mines, nous engageons le combat, deux destroyers coulent, le STRASBOURG demande au Volta de protéger sa sortie. Il ouvre le feu et touche de la première salve le cuirassé RESOLUTION, une deuxième salve et la flotte anglaise se dérobe derrière un rideau de fumée c’est le silence. Le STRASBOURG, quatre contre-torpilleurs et un torpilleur font route sur Toulon. Dans la nuit nous subissons trois attaques aériennes, aucun de nous n’est touché. Le 4 juillet au soir, nous rentrons dans la rade de Toulon. Je termine par les paroles de l’Amiral Gensoul à ses marins : "Vous aviez promis d’obéir à vos chefs pour tout ce qu’ils vous commanderaient pour l’honneur du pavillon et la grandeur des armes de la France si aujourd’hui il y a une tache sur un pavillon ce n’est certainement pas sur le nôtre". 1297 morts dans ce combat. Je pense à mes 87 camarades de ma promotion qui sont morts. Ils ont comme moi 18 ans. Je passe quartier maître le 1er octobre 1940, en novembre j’embarque sur le torpilleur le HARDI un passage sans histoire. Novembre 1941 nous escortons le DUNKERQUE de Mers el Kébir à Toulon pour réparation. Avril 1942, le HARDI désarme, je suis désigné pour le sous-marin CASABIANCA J’embarque le 24 avril 1942, le CASABIANCA est en réparation à l’arsenal. En août lors des essais, une pièce défectueuse dans l’embrayage d’un moteur retarde notre départ pour Madagascar. Entre temps la situation s’aggrave, les américains débarquent le 8 novembre 1942 en Algérie et au Maroc. Des allemands envahissent la zone libre sauf Toulon. Lors du débarquement l’Amiral Darlan est à Alger avec son épouse au chevet de son fils gravement malade.Le 17 novembre 1942, l’Amiral Darlan donne l’ordre à tous les navires de regagner les ports d’Algérie et du Maroc pour continuer le combat. Hélas personne n’a répondu à son appel.

Trouvez ci-après, mes souvenirs sur les missions du CASABIANCA.

Première mission

le 11 décembre 1942 à 20 heures le CASABIANCA appareille en direction de la Corse avec son équipage réduit. A son bord cinq agents secrets et cinq tonnes de matériels, postes de radios, mitraillettes, des balles, des grenades, des vivres, un groupe électrogène. Nous débarquons dans la baie de Chionie sur la plage Topitti. Le 14 décembre à Oh30 nous débarquons les cinq agents : le chef de bataillon Saulle, adjudant chef Griffi, le professeur Priziosi et le radio Griffi. Le 15 décembre à 23h00, nous débarquons le matériel cité plus haut, pendant l’opération de débarquement, la mer se leve et le canot se brise sur les rochers et s’ensable. Les trois membres du canot se trouvent dans l’obligation de se joindre à la mission. Mission réussie, nous faisons route sur Alger, elle s’appelle "réseau Pearl Harbor". Le 19 décembre nous arrivons à Alger, nous préparons la fête de Noël, le réveillon a lieu dans la salle du yacht-club avec le commandant, les officiers et l’équipage. Nous sommes tous prêts pour le réveillon, vers 2lheures un télégramme trouble la fête. L’amiral Darlan vient d’être assassiné. Le réveillon se déroule dans la tristesse, nous venons de perdre un grand chef. Ses obsèques ont lieu le 26 décembre 1942 à 9 heures à la Cathédrale d’Alger. L’assassin est fusillé le 25 décembre à 5 heures. L’Amiral Darlan repose depuis 1950 dans le petit cimetière de Mers el Kébir au milieu de ses marins. Janvier 1943 nous complétons l’équipage, nous préparons notre 2éme mission.

Deuxième mission

Appareillage le 1er février à 20 heures il se déroule en 2 parties.

-  1ère partie : direction la France la côte de Provence. Le 4 février vers 23 heures dans la baie de Bompas sur la plage de Cavalaire, nous débarquons 3 agents avec valise et radio- mission réussie nous faisons route vers la Corse.

-  2éme partie : le 5 février dans la baie d’Arone sur la plage d’Arone vers 23h 30, nous débarquons 2 agents avec leurs valises et radios. A l’arrivée sur la plage, le canot aborde dans les rouleaux qui rapidement le remplissent d’eau et de sable, les deux membres d’équipage se joignent à la mission. Nous ne recevons aucun signai par lampe torche. Nous pensons que les cinq hommes se sont enfoncés dans l’intérieur. Nous envoyons une reconnaissance, elle revient et nous apprend que des rouleaux invisibles du bord rendent le débarquement difficile, la plage déserte, l’embarcation est à peine visible, nous décidons de plonger et d’attendre sur le fond. Nous avons cinq membres de l’équipage à terre. Le lendemain le 6 février vers 23h nous débarquons 450 mitraillettes et 60 000 balles que l’équipage du Casabianca camoufle dans le maquis. Nous n’avons vu personnes de l’équipage, nous regagnons Alger -mission réussie.
-  Le 13 février appareillage d’Alger avec 5 agents féminins direction l’Espagne - Barcelone - nous débarquons nos 5 agents avec leurs valises à un point sur la côte. Nous rembarquons 3 agents et une femme. Nous faisons route sur Alger- mission réussie et sans histoire.

Troisième mission.

Appareillage le 2 mars à 20 heures direction la France , la côte de Provence. Elle se déroule en deux parties : 1 ère partie le b mars dans la baie Bompart sur la plage de Cavalaire. L’état de la mer fait échouer la tentative de débarquement de 3 agents. Nous restons le 7 et 8 mars dans la baie que la mer se calme. Le 8 mars à 23 heures nous décidons de mettre le cap sur la Corse ou nous avons rendez vous le 10 mars. A la sortie de la baie, nous apercevons un feu sur bâbord c’est un chasseur de sous-marins, pas question de faire le combat la mer est trop mauvaise pour une attaque, les batteries sont à zéro, il ne reste plus que notre vitesse pour le semer. Nous faisons route sur la Corse , nous arrivons le 10 mars vers 23 heures dans l’anse de Canelle et l’anse Favone. Le 11 mars à 4 heures du matin nous embarquons nos cinq membres d’équipage laissés à terre dans les autres missions et deux membres de la mission agent Priziosi, Griffi activement recherchés par la D.V .R.A.mission terminée pour la Corse. Nous partons pour la France en espérant débarquer nos agents. Nous restons sur les lieux du 14 au 17 mars la mer est toujours mauvaise et nous empêche de mettre le canot à la mer. Nous faisons route sur Alger le 21 mars. Le Casabianca arrive à Alger il a été fort éprouvé par le mauvais temps. Nous partons pour Oran pour un carénage de deux mois.

Quatrième mission.

Le 28 juin appareillage à 22 heures direction la Corse. Le 1’ juillet sur la plage Saleccia à l’ouest de la pointe Curza et du golfe de Saint-Florent dans cette nuit il est débarqué et camouflé dans la maquis huit tonnes de munitions, la nuit suivante cinq tonnes soit treize tonnes en deux nuits. Mission réussie, faisons route sur Alger, nous arrivons le 6 juillet.

Cinquième mission.

le 27 juillet appareillage à 22 heures direction la Corse. Le 30 juillet nous sommes dans le fond du golfe de Porto il est 23 heures, le commando quitte le bord qu’un tir de mitrailleuse sur le Casabianca arrête. Le commando regagne le bord en abandonnant le doris. Départ en marche arrière pour se dégager et prendre le large, nous faisons route sur la pointe Curza. Le 31 juillet à 22h nous débarquons et camouflons 12 tonnes d’armes et de munitions dans le maquis. Le jour se lève, il est cinq heures l’équipage est encore à terre. Le soir à 22h nous débarquons 8 tonnes soit 20 tonnes en deux nuits. La mission à été très dure pour l’équipage. Malade et fatigué nous arrivons à Alger le 3 août -mission réussie.

Sixième mission.

Appareillage le 2 septembre à 22h direction la Corse , le 5 septembre sur la plage de Capo de Terre prés d’Ajaccio sous les faisceaux de trois projecteurs allemands, nous débarquons cinq tonnes d’armes, le projecteur le plus proche se trouve à 600 mètres du point de débarquement. Nous ramenons à Alger ou il est attendu Luc Giovoni député, second de la résistance en Corse. Nous arrivons à Alger le 8 septembre.

Septième mission.

Le 11 septembre à 12h le 1’ bataillon de choc avec leurs armes, leurs munitions, leurs vivres, embarque sur le Casabianca soit 110 hommes, plus deux tiers de l’équipage volontaire. La mission est très dangereuse, je participe à cette dernière mission même si je dois ne pas revenir pour la réussite de la mission et l’honneur du sous-marin Casabianca. Appareillage à 21h direction la Corse , le débarquement est prévu à 5 kilomètres d’Ajaccio. Nous marchons à plus de 22 naeuds soit 389 Tlm. II fait une chaleur terrible aux diesels, l’air irrespirable avec les vapeurs d’huile et de gas-oil. J’étais chef moteur, je suis resté à mon poste de combat pendant tout le voyage. Le 12 au soir un télégramme, rentrer dans le port d’Ajaccio. A 23h nous sommes en vue d’Ajaccio. A travers les mines et les obstacles, le Casabianca le 13 septembre 1943 à 2h 20 accoste à quai et débarque les 110 hommes avec leurs matériels. Le Casabianca et son équipage est le premier élément de l’armée ainsi que le bataillon de choc à fouler le sol de la patrie depuis la triste date du 22 juin 1940. La nuit suivante le Casabianca sert de pilote aux contre torpilleurs « Malin » et « Fantasque » arrivant avec 3800 hommes à bord. Il est 23h lorsque le débarquement commence. Le 14 septembre le Casabianca quitte Ajaccio pour Alger, nous arrivons le 16 septembre. La mission réussie. Le commandant à souffert pendant cette mission.

Le 20 septembre fut une journée émouvante pour l’équipage. Le Casabianca reçoit la flamme de la Médaille militaire et la fourragère à titre personnel pour l’équipage. Le passage du commandement entre le commandant L’Herminier et le commandant Beliet ancien officier en second, le repas de famille et les adieux du commandant L’Herminier à son équipage. Le soir il rentre à l’hôpital militaire d’Alger pour subir l’ablation des deux jambes. Le général de Gaulle remet lui même sur son lit de souffrance « la cravate de commandeur de la légion d’honneur » nous garderons un bon souvenir de lui. Se termine l’odyssée du commandant « Jean L’Herminier »

Huitième mission.

Le commandant Bellet prend le commandement du sous marin Casabianca et les opérations continuent mais sommes axés sur la destruction des navires allemands - 8 missions - Appareillage le 2 novembre à 20h pour l’Espagne, nous débarquons à Barcelone le 4 novembre à 23h 5 agents dont 3 femmes et repris 3 agents. Route sur Alger arrivée le 6 novembre à 8h
-  mission réussie -

Neuvième mission.

Appareillage le 26 novembre à 20 heures du secteur de Toulon. Le 6 décembre entendu explosions grenades A.S.M. toute l’après midi. Au cours de la nuit aperçu des feux mais trop éloignés pour permettre une attaque. Le 10 décembre route sur Alger, nous arrivons le 13 décembre au matin.

Dixième mission.

Appareillage le 20 décembre à 20h secteur Toulon en surface de jour. Le 21 décembre à 13h 15 alerte avions ; Plongée 13h 30 surface. Le 22 décembre à 4h 30 entendu quelques explosions grenades A.S.M.. A 15h 04 aperçu un chasseur de sous marins armé de 3 canons de 150 et grenades. Il nous a repéré car nous sommes obligés de recommencer l’attaque plusieurs fois. Tubes 5-7-8-9 parés. l5h 40 feu - 2 explosions à 20 secondes au but, 2 explosions à 50 secondes à la cote. Pris la vue au périscope, il ne reste rien sur l’eau. Cap au large car nous sommes sur un fond de 86 mètres . raclages sur la coque. Orins de mines. Tafia le soir, victoire. Le 27 décembre 9h 45 poste de combat voyons un remorqueur tramant un chaland accompagné de deux vedettes. A lOh 30 laissons tomber. A 12h 40 poste de combat, voyons deux escorteurs et deux vedettes. Approchons, une vedette passe à 200 mètres sur l’avant prendre les dispositions de grenadages. Pas repérés à 12h 59, repris le quart. Le 28 décembre à 9h 20 poste de combat. Voici le rapport du commandant Bellet : aperçu un bâtiment dans le nord, constaté par la suite qu’il s’agit d’un cargo jaugeant 4000 T environ protégé par un ballon captif. Ce bâtiment est camouflé d’une bande noire très large courant en zig-zag de l’avant à l’arrière, le reste de la coque est couvert de peinture grise en tons dégradés. L’appréciation de l’inclinaison est dans ces conditions très difficile. Je ne vois pas de cheminée. L’escorte qui le protège est constituée par trois vedettes placées respectivement à l’avant à l’arrière et à bâbord. La mer est très calme, le vent léger d’est. 9h 26 Nous sommes à moins de 1000 m de la route du but. Nous ne disposons que d’une gerbe de quatre tubes étrave et je n’ai aucune confiance dans la gyrodéviation Il faut donc nous maintenir à cette distance et le plus prés possible de la route du but en raison de la lenteur d’évolution du sous marin. Battre en arrière à l’immersion de 25m pendant trois minutes (cette manaeuvre à bord du Casabianca s’effectue fort bien). A 9h 29 stoppé les moteurs, remis en avant progressivement, repris la vue estimée à 1000m, la distance à la route du but. Le dispositif d’escorte n’a pas changé. Jusqu`à 9h 37 les coups de périscope ne font apparaître aucun changement dans la situation. A 9h 371e but est venu de 15° sur la droite, la distance de lancement va s’en trouver augmentée. Rectifié la route d’attaque. Il serait nécessaire de chasser énergiquement mais le spectacle de la vedette de l’aile gauche qui se trouve à moins de 700m de nous m’incite à la prudence. Les coups de périscope sont rapides, l’allure de chasse modérée. Pris les dispositions de grenadages. A 9h 41 feu pour les quatre tubes étrave à 1800m du but dont la vitesse est estimée à 12m. La vedette la plus proche est à 300m de nous à tribord, le cap sur notre avant, le grenadage doit être imminent, moteurs avant 4, barre à droite toute, pour passer sous la vedette, augmenté progressivement l’immersion à 9h 42’ 35" une explosion après 95’ de parcours des torpilles. S’il s’agit d’un impact, cet intervalle de temps est très admissible, puisqu’il correspond à une distance de 2040m. Le claquement de l’explosion nous rappelle le bruit entendu le 22 décembre à 9h 45’ 35".Une explosion plus lointaine. Réduit les moteurs à l’allure minimum immersion 30m. Nous allons maintenant vivre des minutes inoubliables.

L’attaque des vedettes se déclenche à 9h 45’30" et débute par un chapelet de quatre grenades très rapprochées, alors que les tubes étraves n’ont encore pu être refermées (porte extérieure). La tête de batterie arrière saute. Les deux moteurs électriques de propulsion stoppent par l’ouverture des relais, le disjoncteur d’auxiliaire bâbord s’ouvre, la collerette du tuyau de chasse d’air au tube 1 se décolle du tube, la fixation de la soupape de sûreté du tube 3 est ébranlée et provoque une entrée d’eau la soupape s’ouvre. Les aiguilles des manomètres d’immersion s’affolent et se bloquent à des indications variables. De nombreux globes de lampes volent en éclat. La situation à ce moment est très grave. Si le tube 1 ne peut se fermer, la voie d’eau qui se déclare ne peut être combattue par les moyens du bord. Le sort du bâtiment est enjeu. En quelques instants, la tête de batterie arrière est enclenchée, les moteurs remis en marche, les tubes 1, 2 et 4 sont fermés mais les tentatives de fermeture complète du tube 3 restent vaines. L’entrée d’eau par sa soupape et sa fixation, si elle ne compromet pas de façon immédiate la sécurité du bâtiment est cependant inquiétante. Le bâtiment s’alourdit rapidement. Plusieurs tonnes d’eau sont embarquées dans la cale avant. Lorsque les manomètres consentent à fournir une indication d’immersion, nous nous trouvons à 145m assiette + 10. Il est impossible de chasser aux caisses de réglages dont les soupapes de sûreté fonctionnent. Augmenter l’allure jusqu’en « avant 2 » Remonté péniblement à ?Om. Réduit l’allure à « avant 1 ». Les trois vedettes sont nettement audibles séparément au G 16 et leurs émissions ASDIC sur 1 ? KC paraissent calées dans notre direction. Pendant les minutes qui suivent, nous essaierons de maintenir le sous-marin à une immersion profonde à très faible vitesse, le cap sur la terre. Je pense en effet que le bâtiment ne sera bientôt plus manoeuvrable si l’entrée d’eau du tube 3 ne peut être aveuglée. La seule ressource est de se poser sur le fond à une immersion moyenne. Mais le poste avant rend compte que la fuite à pu être réduite au moyen d’un madrier faisant appui sur la soupape. Décidé alors de faire le cap au large et d’entraîner nos adversaires à distance des batteries du Camarat et du Titan. Si la situation exige une action au canon, du moins sera t’ elle tentée dans des conditions moins défavorables. A 9h 50 11 grenades très rapprochées et très violentes. A l Oh 0 1 neuf grenades explosent dans les mêmes conditions que les premières. Le bâtiment se comporte bien, l’immersion variant entre SO et 70m assiette +15 allure minimum des moteurs. Lorsque l’immersion atteint 70m, la chasse aux régleurs est mise discrètement en action. L’allure des moteurs progressivement augmentée. Tous les auxiliaires stoppés, sans distinction. La route est maintenue au sud et les vedettes très proches. Leurs attaques sont exécutées à grande vitesse. Les manoeuvres de la dernière minute, destinées â fausser leur estimation du but me paraissent tout à fait illusoires. Décidé de continuer en route droite, les moteurs sont mis en « avant » pendant les grenadages. Cependant le gyrocompas nous fournit un sujet d’inquiétude supplémentaire. Cet instrument qui a fonctionné avec beaucoup de fantaisie depuis le départ d’Alger, nous entraîne peut être sur un cap inattendu. Nous n’avons plus aucun moyen de contrôle le sondeur s’étant trouvé hors de combat dés les premières grenades. II est donc impératif de prendre la vue et de contrôler la situation au périscope. A l Oh 20 remonté lentement et à faible vitesse à l’immersion périscopique. Aperçu une grosse bouée surmontée d’un empannage en toile à 25m du périscope. Elle matérialise vraisemblablement le dernier grenadage. Vérifié approximativement notre cap. Rentré puis hissé à nouveau le périscope en direction de la terre. Aperçu notre but, il est apparemment stoppé dans la position ou il a été attaqué, le cap vers le nord de la baie de Pampelonne. La plus grosse des vedettes d’escorte est à couple. Le spectacle est vraiment réconfortant. Si le but n’a pas continué sa route vers l’abri tout proche des Salins et se trouve à la même position 40 minutes après l’attaque, il est certainement touché. San nouveau cap peut faire penser â une tentative de rallier St Tropez. Regagné l’immersion SOm. A l Oh 25 remonté lentement vers l’immersion périscopique. Le G 16 enregistre un renforcement très net du bruit d’hélice de la vedette. Commandé « avant 4 » barre à droite toute, immersion 60m. Au même moment nous entendons un vrombissement au dessus du kiosque sept grenades explosent avec une violence inouïe. Dans le kiosque les images deviennent floues, la coque est violemment secouée, la vitre du manomètre d’immersion vole en éclats, le panneau se soulève, visiblement, laisse pénétrer l’eau et retombe sur son siège. A l’intérieur, le personnel est littéralement soulevé du parquet par la violence des chocs. La tête de batterie arrière saute, le bâtiment monte à 13m en assiette -5, l’arrière prés de la surface. Commandé moteurs « avant 6 » (maximum). Le sous marin descend à grande vitesse à 60m. La vedette est toute proche, les émissions ASDIC sont très nettes. Jusqu’à 1 lh 15, tenu l’immersion entre SO et 70m, un moteur « avant 0 » mini 50t/m. Fait dîner l’équipage au poste de combat. Je pense que les vedettes ont épuisé leurs grenades mais qu’elles seront relayées dans I’après midi. Jusqu’à 13h le contact est maintenu mais aucune attaque n’a lieu. Les bruits d’hélices et les émissions ASDIC ayant nettement faibli, repris la vue. Rien aperçu. Fait rompre du poste de combat. Remis de l’ordre à bord. Epuisé 4 tonnes d’eau de la cale avant. Absorbé 80m/m de surpression. Fait route vers la limite est du secteur. Effectué une ronde sérieuse du matériel. Le tube 3 est fermé, enfin, avec 70kg de pression. Constaté un dèsaccorage partiel des batteries. Les accoreurs ont jaillit de leurs encastrements, principalement dans la batterie arrière. Un tuyau d’air de lancement des diesels est cassé. Les thermomètres diesels sont hors d’usage ainsi que de nombreux appareils de mesure. Le tube lance torpille n°11 est plein d’eau. Le miroir du galvanomètre du sondeur est décollé. Les appareils d’écoute, quoique assourdis pendant les explosions sont en état de marche. Dans la soirée, mis au tube 2 et 4 qui sont en état de fonctionner, nos deux torpilles de réserve. Rectifié i’accorage des batteries. Nous devons donner toute la mesure de notre courage et le calme de notre efficacité professionnelle et de notre abnégation (mort). Ces heures resteront gravées à jamais dans notre mémoire. A 20h le bâtiment est de nouveau en état de combattre. 20h surface. Patrouille en surface au sud du Titan. L’absence du sondeur nous interdisant les trajets des nuits précédentes avec les atterrissages sur les haut fond de l’Esquillade. Décidé pour le lendemain d’explorer la baie de Pampelonne et de St Tropez pour y retrouver notre adversaire. Le 29 décembre à 4h plongée, à 4h 45 ronds d’étanchéités à 50m RAS. A 8h 55 atterri à 8 milles dans le 110 de Camarat. Légère brume sur la terre. Rien aperçu en baie de Pampelonne. Nous n’aurons pas le temps d’atteindre l’ouverture de la baie de St Tropez avant la nuit. Le 3 janvier 1944 quittons le secteur route sur Alger. Le 4 janvier, en surface, à 17 naeuds. A l lh 35 un avion en vue, alerte, plongée le ballast 4 arrière ne s’ouvre pas par une assiette négative de plus de 4S° les moteurs (avant 4). L’avant du sous-marin est à lOS mètres pas moyen de rester debout, c’est impressionnant. A 12h surface. A 23h 30 alerte, nous sommes en face d’un sous marin allemand l’un et l’autre nous plongeons et on s’évite, il est comme nous sans torpilles. A Oh surface, reprenons notre route. Le 5 janvier à 9h amarres à Alger. Repos bien mérité pour l’équipage de 15 jours à la montagne et à la campagne. Mois de février nombreux exercices à Sidi-Ferruch et plongée avec 50 commandos à bord, débarquement en pneumatiques exercice à terre et rembarquement. Ces opérations ont lieu la nuit.

Onzième mission.

Appareillage le 11 avril à 20h pour Maddalena en Sardaigne. 23h 45 Alerte plongée un convoi allié que nous venons de dépasser est attaqué par l’aviation allemande. Le 13 avril surface. Diesels en route. Passons le détroit de Bonifacio pour faire escale à la Maddalena en Sardaigne occupée par les alliés. A l 5h amarrés à quai à la Maddalena , le soir sortie à terre, visite au foyer des armées, bar et retour vers le bord en chantant la chanson du Casa : « arrière arrière flotte hitlérienne ou italienne » ce qui a déplu à quelques nationalistes sardes. Il s’en est suivi une bagarre mémorable avec la participation des italiennes qui des fenêtres, nous balançaient des pots de fleurs ou de cactus sur la tête. Malgré la riposte énergique et musclée, nous avons été très heureux de l’intervention d’un GMC américain baché heureusement dont les conducteurs, en tirant heureux coups de 11 mm42 en l’air, ont fait fuir cette populace et nous ont ramené à bord. Le 14 avril appareillage de Maddalena à 9h secteur Nice Cannes. Le 16 avril à 1Sh 5$, entre deux prises de vue au périscope, stupeur, l’avant du bâtiment est violemment secoué. Etonnement général. Prise de vue, le kiosque avec son pavillon national, le canon sont hors de l’eau nous sommes échoués entre Saint Laurent sur Mer et Nice. En face sur la côte des blockhaus allemand. Nous avons été rabattu sur les galets par le courant du Var et nous sommes en position très critique. Arrière 6 moteurs électriques « maxi » alors que les batteries allemandes (aussi surprises que nous) ouvrent le feu. Nous réussissons à retrouver du fond avant d’avoir été touché. Heureusement car l’équipage se voyait déjà défilant à Nice en chantant "Maréchal nous re-voilà.

Le 23 avril, prenons le secteur San Remo désespérés de ne trouver aucun transports à couler, nous envisageons de détruire au canon des dépôts de combustibles sur la côte italienne à Umeglia. A 20h 26 surface, attaque au canon sur les dépôts. Un obus part, hélas le deux ne veut rien savoir, le canon est enrayé. A 20h 29 nous nous éloignons en plongée. Le 24 avril retour au secteur de Nice Cannes. A 20h 30 apercevons un chasseur de sous marins qui nous a repéré lui aussi, attendons la nuit pour l’attaquer au canon en surface. A 21h 30 surface, diesels à 360T/M 16 nœuds. Malheureusement le canon de 100m/m, bien que la culasse ait été visitée par les canonniers, la veille en surface, refuse tout service. Seul le canon de 20 CA est efficace vidons 3 chargeurs sur le chasseur qui surpris de nous voir en surface, rejoint la côte sans riposter. Le 25 avril, reçu ordre d’Alger, devons quitter secteur demain à 4h et faire escale à la Maddalena. A 20h 44 aperçu un chasseur de sous-marins sortant de Cannes. C’est peut être celui d’hier. 20h 54 surface. Poste de combat canon. Nous ayant aperçu le chasseur rentre aussitôt au port. Continuons de longer la côte en surface, aux diesels relativement bruyants, à 600 mètres seulement mystère, les batteries restent muettes. Le 26 avril devions quitter le secteur à 4h mais le commandantdécide de rester jusqu’à midi avec l’espoir de trouver du gibier. A 12h route au sud. Le 27 avril amarrés sur coffre à Maddalena. A 20h appareillage pour Alger. Le 29 avril à 9h arrivée à Alger.

Douzième mission.

Le 20 mai appareillage à 20h pour Barcelone. Le 22 mai à 23h 40 surface devant Barcelone, après avoir laissé défiler un superbe paquebot espagnol tout illuminé avec musique pour les passagers. Puis un chalutier espagnol sort de l’ombre, sans feu, lui, nous approche il fait très beau temps. Plusieurs agents secrets, que nous avons amené d’Alger, embarquent sur ce bateau, puis il nous livre, lui, deux autres agents secrets dont une femme, plus un container métallique rempli de documents paraît-il. Le 24 mai arrivée à Alger vers l Oh.

Treizième mission.

13éme mission : Le 4 juin appareillage secteur Toulon via Maddalena. Le 6 juin à ?h 58 stoppé les diesels dans le détroit de Bonifacio. A coté de paisibles pêcheurs corses qui se demandent bien ce que l’on va leur demander et échangeons SO litres d’huile contre langoustes et homards. Quatre heures d’escale à la Maddalena , refait le plein d’eau potable et appareillage à 17h 54 pour le secteur de Toulon. Le 8 juin à lh 40 en surface, aperçu une silhouette. Armement du canon de 100 qui fonctionne, cette fois, et ce sont 49 obus qui partent sans désemparer, dont plusieurs font mouche car le chasseur dégage une fumée noire. Il riposte vigoureusement mais ses coups passent au dessus de nous. Nous nous approchons d’avantage et voyons qu’il est armé de deux canons de 150, deux de 88, deux de 40. A 2h 02 tubes 1-2-3 et 4 parés - feu. Une torpille reste dans le tube à 300 mètres du bord, deux torpilles rentrent l’une dans l’autre, une énorme explosion, la coque est secouée, la quatrième fait but. Plongée pris la vue au périscope. Rien sur l’eau. Terminé pour lui. Surface continuons la patrouille. 14 juin navire en vue. Poste de combat approchons davantage. C’est un navire hôpital « Le Canada » Pas de chance pour nous, il est interdit de couler ces bateaux. Le 18 juin une formidable tempête se lève. Sh 15 prenons 1e cap. Moteur électrique tribord avant 2. Diesel bâbord en charge autonome. Ciel bouché estime difficile, tangage et roulis provoquent un déversement d’acide des accus dans la cale, ce qui signifie quand rentrant à Alger, il faudra sortir 300 accus au palan différentiel pour laver les bacs et les accoreurs à l’ammoniaque, les fonds de cale, batteries. Le 20 juin arrivé à Alger à 8h, avec une victoire un chasseur de sous marins coulé au canon. Se fut la dernière mission en méditerranée et 2500 heures de plongée depuis Toulon. L’amirauté décide de nous envoyer au U.S.A. pour réparation, un repos de huit jours à Sidi-Ferruch avant notre départ. Le lb juillet à 19h départ pour Casablanca. Arrivée à Casablanca le 19 juillet à 9h. Le 2 août appareillage pour Philadelphie en compagnie d’un escorteur américain. Tous les matins à 8h plongée pour vérification et pesée du sous marin et exercice avec l’escorteur. Pendant la traversée de la mer des Sargasses admirons les vols d’exocets et les tortues. Le 15 août nous remontons le Delaware River, arrivée à Philadelphie à 15h. Nous logeons à la Sub Marine Bak. Plusieurs mois de vie américaine. Pendant la refonte du Casabianca se faisait pour une autre destination le Pacifique. Les événements se déroulent si vite dans le Pacifique avec la bombe atomique que nous allons rentrer en France.

Le 28 février 1945 appareillage pour Kew London, pour faire les essais, après les réparations. Arrivée le 1 ’ mars essais et exercices. Le 15 mars appareillage pour Casablanca via Les Açores. 18h restons mouillés dans la rade, une brume épaisse interdit toute visibilité. Le 16 mars 19h 401a brume se dissipe. Partons avec un escorteur américain. 20 mars Tempête. Le 24 mars arrivée à la Horta dans l’île de Faval. Le 25 mars appareillage pour exercices avec les aviations anglaises et américaines. De 6h 30 à 22h 30 retour. Le 26 mars à 13h 30 départ de la Horta pour Casablanca. Le 27 mars, pointe négative de 30° pendant la pesée. Le 30 mars arrivée à Casablanca à lSh 30. Hélas c’est le début de la dislocation de l’équipage. Le 2 avril les adieux du commandant Bellet à son équipage. Des adieux fort émouvants, celui qui nous à conduit au combat et à la victoire et regagne Paris, nous le regrettons c’était un bon commandant pour son équipe. II reste toujours dans ma mémoire. Une partie de l’équipage regagne la France par petits groupes. Un autre commandant prend le commandement. Après plusieurs visites dont les différents ports du Maroc, le sous marin Casabianca regagne Toulon le 29 septembre 1945, ou son odyssée se termine après avoir écrit les plus belles pages d’histoires entre le départ tragique du 28 novembre 1942 et son retour le 29 septembre 1945. Tous les honneurs lui sont rendus. Quelques jours plus tard, je pars en permission pour embrasser ma mère et mes deux soeurs que je n’avais pas vue depuis janvier 1940 à Gravelines. Le 4 février 1946 je débarque du Casabianca pour embarquer sur l’aviso « Commandant Duboc » Je quitte le Casabianca le coeur serré, mais fier d’avoir été sous les ordres du commandant L’Herminier, du commandant Bellet et de mon ingénieur Kermeur. Dans les mauvais et les bons moments, je revis ce passé dans l’honneur et la gloire d’avoir accompli mon devoir de français. Je conserve un bon souvenir inoubliable. Dans ma retraite avec mon épouse Monique et mes deux enfants Myriam et Charly nous vivons des jours heureux et 57 ans de bonheur.

-  Fait à Bray-Dunes le, 13 août 2001

-  Signé Charles BERNARD

Une anecdote de José VASSEUR

José VASSEUR, Matelot torpilleur sur l’Astréee - 5.9 ko

José VASSEUR, Matelot torpilleur sur l’Astréee

Le fanion du CASABIANCA

C’était en 1958 il me semble. Un monument avait été érigé dans la commune de La Croix Valmer , monument rappelant les opérations du Sous-marin CASABIANCA durant la seconde guerre mondiale. Pour l’inauguration un piquet d’honneur avait été demandé et c’était le sous-marin ASTREE qui avait été désigné pour cette "corvée" dominicale. Le chef de ce détachement était le Second Maître torpilleur Jean, maître chargé sur l’ASTREE J’en faisais partie avec un autre de mes amis, Guillou (électricien) dit " Pain Beurre" et De Brondeau Régis (mécanicien). Pour la circonstance nous avions troqué les rubans légendés de nos bonnets contre d’autres portant le nom CASABIANCA. Le chef avait reçu le fanion du CASABIANCA. Tout cela devait être rendu au retour. Un car nous avait emmené de la 1 ère escadrille jusque la base de Saint-Raphaël, d’où nous sommes repartis dans un camion Citroën surnommé "Junker" en raison de sa carrosserie ressemblant à celle de l’avion. Il n’y avait pas de siège et nous devions nous tenir aux renforts de carrosserie. Lors de l’inauguration où il y avait beaucoup d’Amiraux et Officiers Supérieurs, Madame L’herminier est passée devant nous la tête basse. Elle n’a même pas remarqué que les marins portaient le ruban CASABIANCA et que le chef avait le fanion CASABIANCA sur son fusil. Cette attitude ne surprit nullement le chef Jean qui avait eu l’occasion de rencontrer cette personne aux USA d’où elle était originaire. Pour le déjeuner il nous fallut retourner à la base de St Raphaël et revenir au restaurant où les Officiels déjeunaient. Un gendarme maritime assurait une surveillance à l’extérieur. Il nous fit part du déroulement de ce déjeuner où 2 partis ; les supporters du Cdt Jean L’Herminier et les opposants ; s’étaient copieusement invectivés, et il avait dû se montrer pour ramener le calme. Une plaque devait être découverte sur un rocher dans une crique proche de La Croix Valmer là où les débarquements d’agents avaient eu lieu. Nous nous y sommes rendus toujours avec le "Junker" et par un chemin difficile. A l’issue de la cérémonie alors que nous allions entreprendre la remontée du chemin, un amiral se présenta devant le chef Jean et l’interpella :
-  "C’est le fanion du CASABIANCA ?
-  Oui !
-  C’est trop précieux pour être confié à un second maître. En disant cela il s’empara du fanion et se dirigea prestement vers la route. Un moment de stupeur pour le chef qui ne bougea pas de suite ce qui permit à l’Amiral de se faufiler parmi les gens qui escaladent le chemin et de disparaître. Nous sommes rentrés à la base assez perturbés car c’était l’ASTREE qui n’avait pas été à la hauteur et comme le chef nous le supportions mal. Il ne nous fut fait aucun reproche et ce n’est qu’une quinzaine de jours après que le fanion réintégra le CASABIANCA.

José VASSEUR

A Bastia, dans la cour de l’ancien palais des gouverneurs génois est conservée la tourelle du sous-marin

A Bastia, dans la cour de l’ancien palais des gouverneurs génois est conservée la tourelle du sous-marin "Casabianca"


-  Equipage : 5 officiers plus un en opération et 79 hommes

-  Déplacement en surface : 1500 tonnes

-  Déplacement en plongée : 2000 tonnes

-  Longueur : 92,30 m

-  Hauteur : 8,20 m

-  Vitesse en surface : 20 noeuds

-  Vitesse en plongée : 10 noeuds

-  Rayon d’action : 14.000 milles à 7 noeuds, 10.000 milles à 10 noeuds et 4.000 milles à 17 noeuds Rayon d’action en plongée : 90 milles à 7 noeuds

-  Propulsion : 2 moteurs diesels de 9 cylindres de 4.300 cv 2 moteurs electriques Alsthom de 1.200 cv

-  Armement : 11 tubes lance torpilles 1 canon de 100 mm sur le pont avant, une mitrailleuse de 13,2 en kiosque

Quelques liens sur le "Casabianca"

-  La section CASABIANCA des sous-mariniers de l’A.G.A.A.S.M.

-  Le matelot Jean Couturier, sous-marinier du Casabianca en 1943  

- http://assoc.wanadoo.fr/sous.marin/agaasm/casabianca.htm

 



Les sous-mariniers de l’Astrée rendent hommage à une opération de guerre menée par le Casabianca

mardi 7 mars 2006.
 

L’évocation de la ville de Ramatuelle dans l’article de la section Rubis, me remet en mémoire une journée passée en partie dans cette ville en 1958 ou 1959 je ne sais plus exactement pour l’inauguration d’un monument commémorant un débarquement d’agents par le sous-marin Casabianca.

Nous étions 6 : 5 jeunes matelots et un second maître du sous-marin l’Astrée. Le second maître torpilleur JAN , maître chargé sur l’Astrée et 5 matelots fraîchement sortis de l’école et qui avaient encore en mémoire le maniement des armes. Nous devions constituer le piquet d’honneur lors de l’inauguration de deux monuments. Pour cette occasion il nous avait été distribué des rubans légendes « Casabianca » à mettre en lieu et place de « Sous-marin l’Astrée »., et le chef reçoit le fanion de l’escorteur d’escadre Casabianca. Départ en Junker, c’est ainsi que l’on appelait les camionnettes tôlées Citroën pour la base aéronavale de Saint-Raphaël, à partir de laquelle nous serions pilotés vers les lieux de cérémonie. Un gendarme maritime en motocyclette nous prend en charge et nous amène à Ramatuelle. Il y a un monument (je ne l’ai pas retrouvé lors d’un voyage récent) érigé en souvenir des débarquements faits par le sous-marin Casabianca sous les ordres du Commandant Lherminier. IL y a une musique, pleins de galonnés et étoilés et des civils. Notre rôle sera de rendre les honneurs lors de différents moments de la cérémonie. Fastoche. Marseillaise, dépôt de gerbes, etc. Alors que nous présentons les armes, un groupe de personnalités nous passe en revue. Parmi elles une dame toute vêtue de noir qui marche tête baissée et semble nous ignorer. Le groupe s’éloigne et le chef Jan me dit tout bas, j’étais à sa gauche ;
-  C’est madame Lherminier. Durant la cérémonie elle se trouvait face à nous et elle a bien dû voir que nous portions le ruban Casabianca et que le chef avait le fanion. Etrange attitude lorsqu’elle passe près de nous. Etait- elle intéressée par cette cérémonie ? Cette première partie étant terminée, nous retournons à la base de Saint-Raphaël pour le repas. Une autre cérémonie est prévue l’après-midi. Le point de rendez- vous de l’après-midi était proche d’un restaurant là où déjeunaient les officiels. Un gendarme maritime assurait la surveillance de l’établissement, il discute avec celui qui nous avait pilotés et explique que le repas avait été houleux entre les partisans du Commandant Lherminier et d’autres qui l’étaient moins. Il avait bien failli intervenir. Nous nous rendons ensuite en bord de mer par un chemin escarpé, à peine déblayé des roches inutiles. Sur un rocher à deux pas de la mer, une plaque a été apposée à l’endroit où ont été débarqués les agents. Tant bien que mal nous assurons notre tâche dans un alignement approximatif. La cérémonie terminée, demi tour. Tout le monde se trouve devant nous. Survient alors un amiral qui interroge le chef Jan ;
-  C’est le fanion du Casabianca ?
-  Oui amiral !
-  Trop précieux pour être confié à un second maître ! Et il enlève le fanion du P.M et s’éloigne en courant. Compte tenu du monde qu’il y a devant nous, le chef ne parvient pas à le rattraper, et le fanion disparaît. Le chef habituellement calme est très en colère. il avait rencontré le Commandant Lherminier dans un hôpital en Amérique. Il fait part de la mésaventure au Gendarme maritime qui va rendre compte dès son retour. Pour nous le retour se fait en silence. Le chef Jan rend compte immédiatement à l’officier de garde lors de la restitution des armes. Ce n’est qu’une quinzaine de jours plus tard que nous avons été avisés que la restitution du fanion venait de se faire. Un soulagement. Que penser de cette journée. Elle m’a profondément marqué. Les invités étaient- ils conscients de ce que cette cérémonie représentait pour certains ? Ne pouvaient- ils point laisser au placard leur point de vue ? Par la suite il m’est arrivé d’assister à des inaugurations de monuments commémoratifs et jamais il n’y eut ce genre d’incident.


 

 

 

bulletin ACOMAR décembre 2004

 

 

 

 

  

 

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Cérémonie à la mémoire du CAPITAINE DE VAISSEAU L'HERMINIER 52 éme anniversaire de sa mort

présence d'un ancien du sous marin CASABIANCA Monsieur CARDOT

07 Juin 2005 BASE NAVALE D'ASPRETTO Commandant CF BERTHOD

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corse matin du 13-06-2005

 

 

Insigne A.G.A.A.S.M. section Minerve 





SOUS-MARIN " CASABIANCA "

          En Mai 1999, la section du Finistère des Anciens sous-mariniers alors sous la présidence de Paul Le Maout a organisé un Congrès International qui a amené à Brest bon nombre de délégations étrangères dont des allemands, des autrichiens, des italiens, des américains des anglais, des chiliens et même pour la première fois, une délégation de russes.

          Depuis cette date la section " Minerve " par l'intermédiaire de sa déléguée aux relations internationales (Mme M.C. Finiger) ancien professeur d'anglais au lycée de kérichen envoie régulièrement les vœux de notre section aux présidents des amicales de sous-mariniers étrangers.

          Le 27 novembre 2004 la Bofost a organisé la journée nationale du sous-marin puisque cette date du 27 Novembre a été choisie en hommage pour l'évasion sous les bombardements allemands en 1942 de 5 de nos sous-marins de la base de Toulon pour rejoindre les côtes africaines et poursuivre le combat aux cotés de nos alliés anglais. Parmi ces sous-marins, figure le fameux sous-marin " CASABIANCA " qui au cours de différentes missions, en particulier de missions en corse à permis de débarquer plusieurs agents et matériels sur cette île.

          Pour marquer un peu plus cet anniversaire, la section " Minerve " à décidé d'offrir aux Forces Sous-Marines d'active la maquette du " CASABIANCA " et cette dernière a été remise à l'Amiral commandant les Forces sous-marines françaises après la grandiose cérémonie en mémoire de l'équipage de la " Doris " coulée le 8 Mai 1940 par le sous-marin allemand U-9 et dont l'épave a été retrouvée par deux plongeurs hollandais en juin 2003 par 26 m de fond et à 30 milles environ à l'ouest du Helder. Les moyens mis en œuvre par la marine nationale en particulier par le chasseur de mines " Cassiopée " ont permis d'authentifier formellement l'épave et cette découverte à permis qu'un hommage solennel soit enfin rendu aux 45 hommes d'équipage français mais aussi à l'équipe de liaison britannique présente à bord et composée de : Lieutenant Westmascott Richard (RNVR), du yeoman of signals Wilson Harry et du télégraphist Sales Charles. C'est pour cette raison que l'Amiral Lambert commandant les Forces sous-marines de grande Bretagne était à Brest pour ces cérémonies.

          J'en arrive, à cause de ces personnels qui étaient embarqués sur les sous-marins français à vous parler d'un homme de nationalité britannique qui lui aussi a été embarqué comme agent de liaison sur le fameux sous-marin " Casabianca ".

          Il s'appelle Charles william Beattie, né le 26 Février 1923 qui a fait une carrière sur les sous-marins britanniques mais qui en 1943 a été affecté comme agent de liaison sur le " Casabianca " pendant une longue période avec le sub-lieutenant de réserve Stainton (RNVR), le quartier-maître radio Huntingford et donc, Charles William Beattie comme timonier (Ces noms se trouvent à la page 212 du livre " Casabianca " des éditions France -Empire 1ère édition). Il est dit aussi sur cette page que ces hommes sont devenus de véritables membres d'équipage attachés sentimentalement à leur bateau au même degré que les français.. Sur leur béret anglais, les deux quartier-maîtres portaient le ruban français, ils ont été considérés et estimés des nôtres et ils ont fourni un bel exemple de la fraternité alliée dans la lutte contre un ennemi commun .

          Ce Charles William Beattie toujours en vie, par ses actes de bravoure à bord du " Casabianca " est titulaire de la Croix de Guerre avec étoile d'Argent.





Remise de la maquette du " CASABIANCA "





Chanson du " CASABIANCA "

1er Couplet
On les a vus le 27 Novembre quitter Toulon
A la barbe des Teutons
Et malgré grenades, mines et bombes
Gagner Alger pour continuer le combat.

Refrain :

Le vrai corsaire sur cette mer
Ne cherches pas, c'est le " CASABIANCA "
Arrière, arrière flotte hitlérienne
Tu ne pourras lutter contre ces gars

2ème couplet

Puis un beau jour, à bord un ordre arrive
Et le " Casa " part pour une mission
D'où il revient tout couvert de gloire
Et ses marins, de belles décorations

3ème couplet

Un autre jour, au cours d'une patrouille
Dans l'périscope un bateau apparaît
L'Pacha s'écrie " préparez les grenouilles "
Dans un " Bading ", le bateau disparaît

4ème couplet

Puis après ce vaillant torpillage
Quand l'escorteur vient nous grenader
On n's'en fait pas car nous avons confiance
Dans le " Casa " de nous tous bien aimé

5ème couplet

Mais hélas, la guerre n'est pas finie
Et le " Casa " fièrement reprend la mer
Pour s'en aller sur les côtes ennemies
Plein d'espérance pour délivrer la France

Dernier refrain

Le vrai corsaire sur cette mer
Ne cherchez pas c'est le " Casabianca "
Arrière, arrière flotte hitlérienne
Tu ne pourras lutter contre ces gars
Arrière, arrière flotte hitlérienne
Jamais tu n'auras le " Casabianca "

Si quelqu'un pouvait me donner l'air de la chanson ce serait SUPER ;;;;Merci


© Section agaasm.minerve


Mon cher ami, c'est avec plaisir que je vous donne l'autorisation de publier sur votre site notre article concernant le "Casa" en espérant que vous ayez beaucoup de visiteurs.   Amicalement  Claude Rogel président de la section "Minerve"


 

 

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Des anciens des services secrets à bord du Casablanca

Nageurs de combat et sous-marin d'aujourd'hui.

 

Perpétuant le souvenir de l'illustre sous-marin qui déposait discrètement sur les côtes françaises des agents secrets et ravitaillait la résistance corse, le Casabianca moderne maintient des liens étroits avec les hommes et les femmes qui se sont engagés à servir dans l'ombre les intérêts de la France. C'est avec l'amicale des anciens des services spéciaux de la Défense nationale que les équipages du Casablanca revivent régulièrement ces moments glorieux et parfois douloureux de notre histoire. Cette association, fondée il y a 50 ans par un héros de la Libération , rassemble les anciens combattants, résistants, réseaux FFC et personnels spécialisés, c'est-à-dire tous ceux qui ont choisi de travailler dans les différents services secrets et services action de la Défense. Elle parraine un sous-marin et deux avisos dont les noms de baptême sont ceux de marins résistants : LV Lavallée et LV Le Hénaff. Répondant à l'invitation de l'équipage bleu, une trentaine de membres de l'amicale conduite par le médecin général inspecteur, délégué de la région Paca, et par le colonel, délégué du Var, s'est rendue à Toulon pour visiter le Casabianca en période d'entretien et pour se voir présenter les missions opérationnelles des SNA et des commandos Hubert.


Rue Casabianca

Dans la catégorie des parrainages réussis, citons les échanges constants et chaleureux qui unissent la ville de Moulins et les équipages du Casabianca depuis 1992. Le parrainage s'est enrichi cette année d'une initiative nouvelle. Le conseil municipal a accepté d'inaugurer une rue du nom de notre sous-marin.

Une joyeuse cérémonie réunis­sait le 4 juin une bordée de marins du Casabianca et de Pierre de Casabianca, descendant du valeu­reux Luc de Casabianca, autour du député-maire Pierre-André Pérrissol. Cette rue, que ne manqueront pas d'emprunter nombre de concitoyens puisqu'elle accueille la Maison des associations célébrera à elle seule trois symboles de la Marine :

• Luc de Casabianca, tombé héroï­quement en combattant l'illustre Nel­son lors de la campagne d'Égypte :

  Le légendaire sous-marin du com­mandant L'Herminier qui appareilla

de Toulon un certain 27 novembre 1942 pour prendre part aux combats de la Libération

·  L'actuel SNA Casabianca.

 

Des lycéens sur le SNA

Le programme de la journée inau­gurale était spécialement étudié pour visiter la ville et renouveler les liens de fidélité au carré de l'amicale des anciens marins. De retour de cet agréable week-end où nos marins ont été particulièrement choyés par leurs hôtes moulinais, il était juste temps de mettre son sac à bord pour une patrouille estivale mais non moins opérationnelle. La prochaine étape de ce parrainage vivant sera d'organiser des stages professionnels au profit d'élèves du lycée technique de Moulins sur le chantier d'entretien des SNA. grâce à la complicité des ateliers de Base­ soumed. Vivement la rentrée

 

COLS BLEUS N 2760 DU 15 OCTOBRE 2005

 

HOMMAGE DE LA SECTION AGAASM MINERVE AU SOUS MARIN CASABIANCA 06-06-2006

"CASABIANCA" : les Anciens se souviennent

 

 Les traditions ne sont pas un vain mot dans la Royale. C'est ainsi que les anciens sous-mariniers du Finistère, section « Minerve », sont venus rendre hommage au sous-marin « Casa­bianca » dont le kiosque a été érigé en monument à l'entrée du port.

Organisée par la Ville de Bastia en liaison avec la Délégation militaire départementale et le Commandement de la Marine en Corse, la cérémonie s'est déroulée avec la participation d'une cin­quantaine d'anciens sous-mari­niers du Finistère et leur prési­dent Claude Rogel, une délégation de marins servant en Corse, une délégation et le dra­peau de l'Association des anciens marins et marins anciens com­battants de la Corse (Président Torre), les drapeaux et une délé­gation des Anciens combattants de Bastia (président Bernardini), en présence de Jean Marc Paoli, adjoint au maire délégué aux Anciens Combattants, le lieute­nant-colonel Benitendi, D.M.D,

le capitaine de frégate Noyant (COMAR Corse), le capitaine de corvette Blua (AFFMAR). Maître de cérémonie, comme à l'accoutumée, le major Guy Limongi.

Aux ordres du lieutenant-colonel Benitendi, l'assistance a rendu les honneurs cependant que le dra­peau était hissé sur le kiosque.

Après un dépôt de gerbes, l'as­sistance s'est rendue à l'Espace saint Angelo où Marc Luciani, délégué Mémoire de l'Office national des Anciens combat­tants et le major Limongi ont présenté le film « Casabianca » qui relate les diverses opérations auxquelles le glorieux bâtiment aux ordres du commandant l'Herminier a participé en sou-tien de la Résistance corse.

A cette occasion, la major Limongi a évoqué la mémoire de l'amiral Nelson, le vainqueur de la flotte française qui, avant de mourir, avait manifesté le souhait d'être enseveli dans un cercueil fait du bois du grand mât de « l'Orient », le vaisseau-amiral de l'expédition de Bonaparte en Egypte, à bord duquel ont trouvé la mort Luce de Casabianca et son fils Giocante, qui a tenu à rester jusqu'au bout aux côtés de son père, malgré les exhortations de ce dernier qui lui demandait de se sauver.

S'appuyant sur les données his­toriques qui constituent la trame de ce diaporama, Guy Limongi n'a pas manqué de souligner que la Corse avait bien été le premier département français libéré, quoi qu'en disent certaines chroniques et manuels d'histoire.

Au moment de l'échange des cadeaux, il a offert au président des Anciens sous-mariniers du Finistère un document qui est l'historique de la carrière du « CASABIANCA », sauvé de l'oubli par la Ville de Bastia après diverses péripéties que nous avons déjà eu l'occasion de relater dans nos pages.

De leur propre aveu, un grand moment pour les visiteurs, venus à la découverte de la Corse accompagnés de leurs épouses.  

            

 

Zone de Texte: Devant le kiosque du « Casabianca », l'hommage des Anciens du Finistère.

 

  

 

09 SEPTEMBRE 2006

ANNIVERSAIRE DE LA LIBERATION DE LA CORSE

MONSIEUR CARDOT ANCIEN QUARTIER MAITRE DU CASABIANCA RECOIT LA TAPE DE BOUCHE DE L'AVISO COMMANDANT L'HERMINIER DE LA MAIN DU CAPITAINE DE CORVETTE COMMANDANT DU BATIMENT

 

 

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envoi de MARCO CASTEL 01-12-2006

 

 

ERICK RÜCKSTÜHL RACONTE EN BD "LE CASABIANCA"

 

 

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25-04-2007

 

BANDE DESSINÉE

Avec l'équipage du « Casabianca »

Hier, la bande dessinée était intimidée face à l'Histoire. Aujour­d'hui c'est elle qui la fortifie et qui exprime le désir d'en découdre avec la mémoire. « Casabianca » - chronique de l'épopée terrible et héroïque du sous-marin Casa­blanca - l'album d'Eric Rückstühl le: prouve tout en développant un univers singulier où se mêlent fantastique et poésie.

C'est Antoine Guidicelli, l'an­cien diéséliste du navire, habi­té par le devoir de mémoire, qui trouve le principe de l'organi­sation de l'intrigue. Sans doute parce qu'il comprend, depuis le col de Teghime un beau matin d'août 2008, que les éléments d'un vide absolu vont se mettre en place, effacer les traces, liqui­der « ses pauvres souvenirs de guerre ». C'est fatal. C'est le cours inexorable des choses. L'oubli avec sa férocité avance sur tous les fronts. II meurtri « cette digue que la mer érode comme le temps qui fuit me mine ». II s'insinue dans la routine de vie bastiaise, s'épanoui du côté de la plage qui révèle une jeunesse insou­ciante et bronzée.

Dans le monde d'Antoine, seule l'écriture permet de sortir de cette impasse, de rester en constant commerce avec le passé. Celui qu'on convoque comme un via-tique, qui a à voir avec les odeurs de diesel, d'huile des moteurs et qui vibre au rythme de la vaillance des sous-mariniers du Casablanca. II suffit de trouver la formule pour faire reconnaître cet épisode au-delà des ténèbres, abattre les cloi­sons qui crispent les époques. Elle s'incarne dans le carnet intime, sorte de testament improvisé jailli comme une nécessité. La force de cette contribution tient aux sautes d'humeur du hasard. Le rappro­chement de Grégoire est une pièce maîtresse de l'ensemble. A l'ima­ge de son père Corsu - il « a fait la une pour des histoires de­ mazze­risme et autres dons ésotériques dans les journaux »- le jeune homme a le regard scrutateur. Il nourrit des fascinations, éprouve des émotions rétrospectives. Il se plaît à manipuler le temps, à bous-culer avec audace les règles de la raison. D'ailleurs, en sa présence, le passé se met en quatre pour faire écho à son acuité sensoriel-le. Au point d'unir les hommes que séparent les siècles. Antoine ne s'y trompe pas. La rencontre a valeur de signal. Il jubile. Le moment est venu de se défaire des petites contingences terrestres. Désor­mais, les bizarreries dictées par les caprices des réminiscences peuvent interrompre et sublimer le quotidien apparemment réglé de la vie et dérouler une dramaturgie insolite

 

Les petits bonheurs ressentis place Saint Nicolas dérapent, la réalité se dilue et les destinées changent de cap. Dans ce chaos, le kiosque du Casabianca, « brin­guebalé de Bretagne et dans diverses villes corses, finalement découpé en plusieurs morceaux avant de finir ici (à Bastia) », s'ar­roge le rôle décisif. Avec en plus un mot d'ordre : destination Tou­lon avec sa rade champ de bataille, son atmosphère de débâcle, ses bombes allemandes, ses ordres de sabordage et ses marins indociles. Pour échapper à la tourmente reprendre le combat il fallait du courage. Le commandant l'Her­minier et son équipage l'on eu. Face aux risques insensés, il fal­lait aussi de l'inconscience, de la véhémence. Elles enflent au moment du passage à travers les filets anti sous-marin, au gré d'une rencontre avec un remor­queur, de l'arrivée dans le port d'Alger, sous le feu des grenades ennemies. Le destin offre au navire quelques coups de pouce. Mais d'autres combats l'atten­dent, toujours plus angoissants, toujours plus secrets. Le danger, les retrouvailles avec la liberté qu'il suggère, deviennent une forme d'identité pour le Casa­bianca et ses hommes. La sil­houette furtive du sous-marin surgit de la nuit, du monde du silence, sur les plages de Salec­cia, d'Arone, de Chiuni, dans les golfes de Lava, d'Ajaccio, de Favo­ne. Le sous-marin s'en retourne-t- en guerre avec des tonnes d'armes, de munitions, ou bien en se lançant pour défi le transport du Bataillon de Choc. Tout au long de l'année 1943, les Corses se sont acclimatés à sa présence rassurante, à ses escales où l'on se sent survivre plus intensément.

Suivre Antoine et Grégoire, c'est aussi trouver une place aux côtés des tirailleurs. Les pensées de ceux-ci sont indissociables de la mission à accomplir : « Détruire un poste allemand tenu parla division 'Das Reich' au col de Teghime. » L'épi­sode prend forme à travers la sil­houette frêle d'un adolescent de 14 ans, se gorge de violence à proximité de la « dernière ligne défensive allemande», à la seule vue d'un e Schnellboat ». Le choc est effroyable : « Plusieurs vagues d'assaut se heurtèrent à la matu­rité guerrière des tireurs SS qui occasionneront de lourdes pertes à l'armée d'Afrique et aux unités italiennes ralliées. »

 

 

Mais Rückstühl a aussi le souci de brouiller les pistes trop simples. Bientôt, le périple du sous-marin Casablanca rejoint le sillage de l'Orient au coeur d'un théâtre d'orage et de violence. Le « 1 er août 1798 en rade d 'Abou-kir, la flotte française est atta­quée par surprise par la flotte anglaise aux ordres de l'Amiral Nelson. » Sur le pont du navire Luce de Casabianca est ardent, fier. Sa présence magnétique s'im­pose à tous. Il est accompagné de son fils de Giocante âgé de 11 ans. Bousculés par une mer aux embrasements impitoyables, les deux vescovatais donnent un sens solennel à ce qu'est l'enga­gement, au culte du sacrifice qui mène au dépassement de soi. L'épisode à la fois noble et bar­bare diffuse un entêtant parfum d'espoir et change de contours pour « s'inscrire dans les poèmes des enfants de Portsmouth. »

 

Un imaginaire débordant, inven­tif. Des lieux décrits d'un trait épuré, cinglant, les ancrant dans un réel repérable. Une rare facul­té à rendre l'émotion d'un regard ou d'une situation.

 

Il souffle chez Rückstühl une
allègre brise de liberté créatrice.
Véronique EMMANUELLI

 

CASABIANCA, une aventure de Corsu; Rückstühl, DCL Editions, 12,50 euros

 

Zone de Texte: ,I 

 

 

 

 

       

CASABIANCA

 

Année de lancement : 1935

Type ou série : Sous-marin de 1ère classe de 1500t.

Même type de bâtiment

 

t : SFAX - LE CONQUERANT.

Observations : Numéro de construction : Q 183.

Atlas commun : LE CONQUERANT - SFAX - CASABIANCA.

Construit aux Chantiers de la Loire à Saint-Nazaire sous le nom CASABLANCA, il sera baptisé CASABIANCA

 à son lancement et retiré du service le 17 juin 1952.

 

N° plan

Désignation

Ech.

Dim.

Année

Cart.

Gisement / Fichier

PLANS DE BASE

1

Plan des formes : Sections longitudinales, sections horizontales.

1/50

2,00x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C001

2

Vertical : Sections transversales.

NP

0,55x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C002

4

Plan d’échouage : Vue longitudinale, projection horizontale.

0,01 1/10

1,25x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C004

6

Plan d’emménagement : Coupe longitudinale, vue horizontale, détails spécifiques au CASABIANCA.

1/50

1,90x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C006

7

Plan d’emménagement : Coupes horizontales au-dessus et au-dessous du parquet, coupe horizontale à 1,00 m de la ligne 0, différentes sections transversales.

1/50

2,20x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C007

39

Ensemble des montants, arceaux et tentes de la passerelle. Abri de navigation

NP

1,35x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C039

PHOTOGRAPHIES

A(31)

Phases de construction et vues en mer

31 < A4

19321936

360

2.2.0.04.55.05.4

1/4 Centre des archives de l’armement et du personnel

 

CASABIANCA (1935)

PLANS DE DETAILS COMPLEMENTAIRES (Liste non exhaustive)

COQUE

3

Coupe au maître

1/10

1,05x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C003

8

Coupes d’échantillonnage, avec numérotage des divers compartiments

1/50

2,00x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C008

9

Charpente AR. Coupes horizontales et longitudinales

1/10

1,80x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C009

10

Charpente AR. Coupes longitudinales et transversales

1/10

1,85x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C010

11

Water-ballast extrême AV. Coupe longitudinale

1/10

1,50x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C011

12

Water-ballast extrême AV. Coupes transversales

1/10

2,00x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C012

13

Water-ballast extrême AV. Coupes horizontales

1/10

1,50x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C013

PASSERELLE ET ABRI DE NAVIGATION

26

Disposition de la passerelle du couple 7 au couple 37. Projection horizontale. Coupe longitudinale

1/10

1,55x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C026

27

Disposition de la passerelle du couple 7 au couple 37. Coupes transversales

1/10

1,55x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C027

32

Disposition de la passerelle du couple 86 au couple 122 : Coupes transversales.

1/10

1,55x0,75

1938

Atlas1

1.2.0.05.02.02.7

33

Disposition de la passerelle du couple 122 au couple 143. Projection horizontale. Coupe longitudinale

1/10

1,25x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C033

34

Disposition de la passerelle du couple 143 au couple 171. Projection horizontale. Coupe longitudinale

1/10

1,50x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C034

37

Abri de navigation. Coupes longitudinale et horizontales

1/10

1,50x0,93

1938

Atlas1

LE CONQ1934C037

38

Abri de navigation. Coupes transversales

1/10

1,90x0,75

1938

Atlas1

LE CONQ1934C038

EMMENAGEMENTS

51

Chambres et poste au-dessus de la plate-forme des accus. Coupes longitudinale et horizontales

NP

1,35x0,75

1938

Atlas2

LE CONQ1934C051

53

Poste central. Coupes horizontales

1/10

1,65x0,75

1938

Atlas2

LE CONQ1934C053

54

Poste central. Vues longitudinales

1/10

1,05x0,75

1938

Atlas2

LE CONQ1934C054

55

Poste central. Coupes transversales

1/10

1,65x0,75

1938

Atlas2

LE CONQ1934C055

56

Kiosque. Coupes horizontales, longitudinales, transversales

NP

1,10x0,75

1938

Atlas2

LE CONQ1934C056

2/4 Centre des archives de l’armement et du personnel

 

CASABIANCA (1935)

PLANS DE DETAILS COMPLEMENTAIRES (Liste non exhaustive)

GUINDEAU, REMORQUE ET HALAGE

94

Manoeuvre des crocs de remorque AV et AR. Ensemble

1/10

1,10x0,75

1938

Atlas2

LE CONQ1934C094

96

Poupée de halage AR avec carter. Ensemble

1/2

1,55x0,75

1938

Atlas2

LE CONQ1934C096

143

Guindeau à manoeuvre électrique et à bras

1/10

1,10x0,75

1938

Atlas3

LE CONQ1934C143

ARBRES ET GOUVERNAILS

99

Supports AV des arbres porte hélices

1/5

1,10x0,75

1938

Atlas2

LE CONQ1934C094

100

Supports AR des arbres porte hélices

NP

1,55x0,75

1938

Atlas2

LE CONQ1934C100

101

Gouvernail de direction avec chape pare amarres

NP

1,40x0,75

1938

Atlas3

LE CONQ1934C101

102

Gouvernail de plongée AR

1 ½ 1/5

1,40x0,75

1938

Atlas3

LE CONQ1934C102

103

Gouvernail de plongée AV

NP

1,55x0,75

1938

Atlas3

LE CONQ1934C103

104

Plan de montage des gouvernails

1/10

1,70x0,75

1938

Atlas3

LE CONQ1934C104

MÂTURE

112

Ensemble de la manoeuvre des mâts et installation des feux de route

NP

2,00x0,75

1938

Atlas3

LE CONQ1934C112

PERISCOPES

133

Disposition d’ensemble des périscopes du kiosque. Coupes horizontales, longitudinales et transversales

1/10 1/20

1,30x0,75

1938

Atlas3

LE CONQ1934C133

ARMEMENT

172

Disposition d’embarquement et de mise en tube des torpilles du poste AV

1/20

1,10x0,75

1938

Atlas4

LE CONQ1934C172

173

Achèvement de la mise des torpilles aux tubes intérieurs

1/10

1,10x0,75

1938

Atlas4

LE CONQ1934C173

174

Disposition de mise des torpilles de 550mm aux tubes triples orientables

1/10

1,20x0,75

1938

Atlas4

LE CONQ1934C174

175

Disposition de mise des torpilles de 400 et 550mm aux tubes quadruples orientables

1/10

1,25x0,85

1938

Atlas4

LE CONQ1934C175

179

Tubes lance-torpilles intérieurs. Ensemble, vue longitudinale et en plan

1/5

1,80x0,95

1938

Atlas4

LE CONQ1934C179

180

Tubes lance-torpilles intérieurs. Ensemble, coupes transversales

1/5

1,35x0,97

1938

Atlas4

LE CONQ1934C180

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1943
DEVOIR DE MEMOIRE

 

LE SOUS MARIN CASABIANCA ET LE BATAILLON DE CHOC

 

Brisant ses chaînes le 27 novembre 1942 à Toulon, le Casabianca sera désigné comme le bâtiment de guerre rattaché à l'île de Corse ; ses missions étaient de transporter nuitamment armes, munitions, agents de renseignement civils et militaires nécessaires à l'organisation de la Résistance insulaire et à la lutte contre l'envahisseur.

Devenu le sous-marin du maquis, il aura des missions extraordinaires lors de l'opération Vésuve sur la Corse. Comme l'a déclaré le commandant L'Herminier : « nous avons rivalisé avec le cheval de Troie » ; lorsqu'il avait été amené le I l septembre 1943, à entasser dans tous les coins, recoins des coursives à la salle des machines et même au poste de commandement, 109 hommes d'un bataillon spécialisé dans la guérilla avec leurs armements.

Ces commandos devaient prêter main-forte aux patriotes locaux, en insurrection depuis le 9 septembre ; avec de grandes difficultés de viabilité à bord le sous-marin arrivera à Ajaccio dans la nuit du 12 au 13 septembre à 1h00 pour y débarquer la compagnie du Bataillon de Choc qui fut la première unité à poser le pied sur le sol de France et tiendra la tête de pont couvrant Ajaccio et son port.

La libération de la Corse verra l'intervention du premier corps d'armée et les éléments rattachés à la quatrième Division Marocaine de Montagne, ainsi que les Goumiers du deuxième Groupe des Tabors Marocains, du 13 septembre au 4 octobre, date de la libération de Bastia et de la Corse qui devient le premier département français libéré.

A ce jour, après des recherches sur cette épopée, nous savons 3 commandos encore en vie ainsi que 1 l marins de l'équipage.

Hommage en soit rendu aux morts

La silhouette majestueuse du Casa est toujours là provocante avec ses 2 périscopes pointés vers le ciel, semblant émettre un signal céleste de remerciements, tel un ex-voto, pour la liberté retrouvée.

Limongi G.G. (bastia le 4/10/2007

 

 

 

 

NP = Non précisé Date d’établissement de la fiche : 13 novembre 2000

SO = Sans objet Date de révision de la fiche : 10 octobre 2005

3/4 Centre des archives de l’armement et du personnel

 

 

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EN VENTE 5 EUROS ONAC CORSE DU SUD

http://www.corse.pref.gouv.fr/scripts/display.asp?P=EAonac


  

 

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corse matin du 14-septembre 2008

 

CASABIANCA : LA FIN D’UNE HISTOIRE, LE DÉBUT D’UNE LÉGENDE

© CF Alexandre Tachon
Dernière mise à jour : le 29 Août 2014 à 11:29

Le 23 août 2014 s’est éteint le dernier membre de l’équipage du sous-marin de la classe 1500 tonnes Casabianca. Sous les ordres successifs des commandants Sacaze, L’Herminier et Bellet, il a mené des actions décisives au cours de la Seconde Guerre mondiale, en particulier pour libérer la Corse. Avec 7 citations et le port de la fourragère rouge, il s’est imposé comme le symbole de l’état d’esprit et de la combativité des sous-mariniers.

Le sous-marin Casabianca de la classe 1500 tonnes

Le sous-marin est lancé en 1935 et porte le nom du capitaine de vaisseau Luce de Casabianca. Ce dernier avait servi sous les ordres de Napoléon, en particulier lors de la bataille d’Aboukir en 1798 où il est mortellement blessé aux côtés de son fils.

Le sous-marin Casabianca s’illustre dès le début de la Seconde Guerre mondiale, sous les ordres du capitaine de corvette Sacaze. Il obtient sa première citation dans les fjords de la mer du Nord dès 1940.

En 1942, le capitaine de corvette L’Herminier prend le commandement. Il s’attache à développer les compétences de son équipage : entraînements incessants, sorties de cohésion dans les collines, répétition des gestes dans le noir absolu. Surtout, avec son équipage, il met au point des astuces pour tromper la convention d’armistice sur les réserves en gasoil. Malgré les inspections, les caisses se remplissent.

Puis l’Allemagne envahit la zone libre. Elle souhaite s’emparer de la flotte française basée à Toulon et entre dans l’arsenal le 27 novembre 1942. Mais les sous-marinsVénus, Casabianca, Marsouin, Iris et Glorieux appareillent en moins de 5 minutes. Certains réussissent à s’échapper, d’autres non. Le Casabianca obtient sa deuxième citation.

Dès son accostage à Alger, le commandant L’Herminier se rend à l’amirauté faire part du désir de son équipage de repartir au combat. Moins de deux semaines plus tard, il appareille pour débarquer quatre agents de renseignement en Corse.

Les missions spéciales se succèdent en Provence et en Corse, en particulier pour cacher des munitions au profit de la Résistance. Chaque opération suit le même schéma : une approche de nuit, une journée passée posé sur le fond dans des conditions d’insalubrité difficiles et au bord de l’asphyxie, un retour en surface la nuit suivante pour transborder rapidement et dans le plus grand silence des caisses d’armes. La plus grande fierté de tout l’équipage est sans aucun doute que toutes les livraisons aient été récupérées par le maquis.

Les résultats forcent l’admiration : 35 tonnes débarquées au total. Trois nouvelles citations viennent le récompenser. Les britanniques lui attribuent le pavillon Joly Roger à tête de mort, offert uniquement aux sous-marins les plus méritants. Mais le Casabianca ne s’arrête pas là et, le 23 septembre 1943, il débarque 109 hommes du bataillon de choc à Ajaccio. Il devient ainsi l’auteur du premier débarquement d’une force de libération sur le sol de France, qui plus est entièrement française.

Le second maître radio Pierre Favreau

A 17 ans, Pierre Favreau s’engage dans la marine. Après sa formation de radiotélégraphiste, il rejoint le sous-marin Glorieux en océan Indien pour des missions de soutien. Les conditions sont déjà rudes : chaleur et hygrométrie importantes, douches impossibles, nourriture stockée dans des conditions douteuses. Mais cette arme lui plaît et, en 1942, il est affecté sur le Casabianca.

A bord, il découvre un esprit d’équipage hors du commun. C’est d’ailleurs tout l’équipage sans exception qui décide d’aller voir le commandant pour lui affirmer sa volonté de ne pas se saborder. L’Herminier en sera particulièrement ému.

Au-delà de l’échappée du port de Toulon, cet esprit d’équipage leur permet d’affronter les plus grands dangers : les journées à plus de 60 grenadages, dépasser l’immersion maximale avec plus de 45° d’assiette à descendre, attaquer à la torpille en marche arrière, naviguer en plongée par des fonds de 35 mètres. Pierre Favreau le disait lui-même « À bord c’était tous pour un et un pour tous. On avait un esprit d’équipe extraordinaire. On a eu des coups durs mais on est tous restés ensemble pendant trois ans. »

Après la démobilisation, l’équipage reste uni et fonde l’amicale des anciens duCasabianca. Pierre Favreau en est l’un des plus ardents artisans. Il est présent, avec les AGASM, à toutes les cérémonies. Il remet les fourragères aux nouveaux embarqués et nous fait vibrer à chacun de ses récits. Il était devenu un membre de notre équipage.

Avec sa disparition, l’histoire du Casabianca ne peut plus être racontée. Désormais, c’est la légende du Casabianca qui nous sera contée : celle d’un équipage composé d’hommes ordinaires mais qui, ensemble, ont su former un équipage extraordinaire.

Un symbole pour les forces sous-marines

Le Casabianca est devenu un symbole fort des forces sous-marines. Il porte les valeurs qui nous caractérisent. D’ailleurs, L’Herminier écrivait « l’équipage d’un sous-marin a une vie commune, court des risques communs, partage une gloire commune, et si l’heure sonne, trouve une mort commune. »

Preuve en est la date du 27 novembre choisie comme journée du sous-marinier. Comme un clin d’œil pour rappeler qu’il n’y a pas de fatalité, qu’aucune défaite n’est définitive.

Son patrimoine et ses traditions sont donc importants et forment un formidable levier de cohésion et de motivation pour les équipages actuels qui se veulent à la hauteur de leurs anciens. Tous ont d’ailleurs un objectif commun : « que les valeurs qui nous animent puissent continuer à se transmettre grâce à un cinquième Barracuda qui serait baptisé Casabianca, afin que perdure encore pour longtemps notre devise « In Bello Leones, In Pace Columbae ».

http://hleno.revues.org/111



MONSIEUR ANGE LEHON  Il a servi sous les ordres des commandants L'Herminier et Bellet à bord du sous-mariCasabianca, du 01/03/1943 au 01/06/1945.
                            
    

Un héros pour tous : Jean Lherminier et le Casabianca, figures emblématiques du mythe résistancialiste de 1942 à nos jours

Jean Martinant de Préneuf  
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Résumés

Le 27 novembre 1942, le sous-marin Casabianca commandé par le capitaine de frégate Jean Lherminier parvient de justesse à s’échapper de la nasse toulonnaise et à gagner Alger. De décembre 1942 à fin 1943, il effectue plusieurs missions spéciales périlleuses sur les côtes corses et provençales. Ces faits d’armes ont un retentissement immédiat et considérable. L’action et la figure de Jean Lherminier sont largement et immédiatement célébrées et médiatisées par les autorités politiques et militaires. À la reconnaissance officielle répond un engouement populaire. Ce consensus et ces louanges sont durables par-delà les régimes, les alternances politiques et le renouvellement des générations, de la mise en avant de la geste du Casabianca par la République gaullienne dans les années 1960 aux multiples commémorations des années 2000 initiées tant par l’État que par les collectivités locales ou la marine nationale dans ses différentes incarnations.
Il s’agit tout d’abord de mettre à jour les composantes, significations et fonctions de la figure du héros militaire. Pour ce faire, on se base essentiellement sur le fonds privé Lherminier conservé au Service historique de la défense à Toulon et l’on suit un fil chronologique qui vise à faire apparaître les continuités, ruptures et reclassements de l’héroïsation.
Quatre dimensions se dégagent : Lherminier et le Casabianca, et, au-delà, le héros militaire, sont bien une figure de proue du mythe résistancialiste. Ensuite, l’officier de marine occupe une place spécifique dans le panthéon des héros militaire tout en s’inscrivant dans des structures mythologiques génériques. L’étude des interactions entre les différents acteurs locaux et nationaux, institutionnels et privés dans la mise en forme et la commémoration de la geste héroïque est aussi un bon révélateur de l’articulation de mémoires et d’identités collectives particulières plus ou moins enchevêtrées et concurrentes. Enfin, en permettant d’établir un continuum dans le temps et dans l’espace, Lherminier offre un type de héros militaire qui, autant par ses faits d’armes que par un parcours, rassemble, unifie et réconcilie quel que soit le « lieu » d’où l’on considère son itinéraire. Cette fonction « sacrale » est sans doute la raison principale de la pérennité de son héroïsation consensuelle par-delà les mutations et les reclassements du culte que l’on peut observer.

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1939-1945 war, hero, navy, submarine
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Texte intégral

1Le 27 novembre 1942, le sous-marin Casabianca commandé par le capitaine de frégate Jean Lherminier parvient de justesse à s’échapper de la nasse toulonnaise et à gagner Alger. De décembre 1942 à fin 1943, il effectue plusieurs missions spéciales périlleuses consistant à déposer armes, troupes spéciales et résistants sur les côtes corses et provençales. La plus spectaculaire et la plus médiatisée a lieu le 13 septembre 1943 quand il débarque dans le port d’Ajaccio 109 hommes du Bataillon de choc, donnant le coup d’envoi de la Libération de l’île de Beauté.

2Ces faits d’armes ont un retentissement immédiat et considérable. L’action et la figure de Jean Lherminier sont largement célébrées et médiatisées par les autorités politiques et militaires. Dès décembre 1942, le sous-marinier est décoré et félicité par l’amiral Darlan et le général Giraud pour sa spectaculaire évasion de Toulon. Moins d’un an plus tard, le 27 octobre 1943, c’est au tour du général de Gaulle d’honorer l’officier de marine amputé des deux jambes, car il a retardé le moment de se faire soigner après avoir refusé de quitter son commandement avant la libération de la Corse. À la reconnaissance officielle répond un engouement populaire jamais démenti. Dès la fin de la guerre, ses apparitions publiques et écrits ne cessent de rencontrer un large écho qui dépasse les cercles militaires et anciens combattants. De Rivarol à L’Humanité, la presse est unanime pour saluer sans réserve la mémoire d’un héros de la Résistance et de la Libération quand Lherminier décède en 1953. Ce consensus et ces louanges sont durables par-delà les régimes, les alternances politiques et le renouvellement des générations, de la mise en avant de la geste duCasabianca par la République gaullienne dans les années 1960 aux multiples commémorations des années 2000 initiées tant par l’État que par les collectivités locales ou la marine nationale dans ses différentes incarnations.

  • 1 Paul gerbod, « L’éthique héroïque en France (1870-1914) », dans Revue historique, n° 544, octobre-d (...)
  • 2 Henri Rousso, Le syndrome de Vichy, Paris, Seuil, coll. « Points histoire », 1990, 414 p.
  • 3 Nous tenons à remercier tous ceux qui ont bien voulu nous recevoir et répondre avec franchise à nos(...)

3On retrouve ici une célébration souvent convenue des qualités du héros (militaire ou non). La détermination sans faille et un courage physique rare, un charisme hors du commun et un sentiment patriotique poussé jusqu’au sacrifice suprême sont autant d’éléments récurrents d’un véritable archétype. Le discours sur Lherminier reflète l’impact au long cours d’une « éthique héroïque » promue par la Troisième république dès avant la première guerre mondiale qui se structure autour de l’école et de l’armée. Le héros militaire est au cœur d’une véritable pédagogie des valeurs via une incarnation exemplaire et édifiante qui permet l’identification1. Au-delà de ces aspects désormais bien connus, nous voudrions montrer comment la fabrique et le destin du personnage Lherminier viennent compléter et nuancer la figure du héros militaire que ce séminaire a entrepris de cerner. Dans cette perspective, tout en suivant un fil chronologique visant à faire apparaître les continuités, ruptures et reclassements de l’héroïsation, trois postulats ont été envisagés. Tout d’abord, considérer le héros militaire en tant que figure de proue du mythe résistancialiste. La posture politique unanimiste de l’après 19452 vient s’agréger tout naturellement, d’une part au substrat d’une culture militaire ontologiquement axée sur l’exaltation de l’unité et de la continuité, et, d’autre part, au terreau et d’un patriotisme républicain délibérément consensuel et syncrétique depuis les années 1880. Ensuite, poser la question d’une éventuelle spécificité de l’officier de marine parmi les héros militaires (en particulier la figure du « pacha »). À travers le biais de la place singulière qui est donnée au bâtiment ou à l’équipage commandés par le héros, c’est un aspect de l’originalité de la culture navale au sein de la culture militaire qui se dévoile. Enfin, nous avons privilégié l’étude des interactions entre les différents acteurs dans lamise en forme et la commémoration de la geste héroïque. Apparaît alors, à travers le cas de Lherminier le jeu complexe et mouvant d’initiatives et de mémoires collectives emboîtées (institutionnelles, locales et nationales) chères à Maurice Halbwachs, sans oublier bien sûr la petite musique des individus – à commencer par le héros lui-même et ses subordonnés. Ces différents points d’attention devraient permettre de nourrir la réflexion collective impulsée par Claude d’Abzac sur les significations et fonctions du héros militaire, entendu comme un véritable idéal-type au sens weberien. Pour ce faire, nous nous sommes appuyés en priorité sur le très riche fonds privé Lherminier conservé au SHD-marine à Toulon (désormais SHD-T 28 S 1 à 3). Correspondances privées et officielles et coupures de presse permettent de retracer l’essentiel des commémorations de son action depuis 1945 jusqu’au début des années 2000. Ce dépouillement a été complété par des sondages ciblés dans la presse institutionnelle, des recherches ponctuelles sur internet sur les sites spécialisés, des sondages dans les archives opérationnelles du Casabianca conservées à Vincennes (SHD-V TT Y 106 et 107) et, enfin, quelques entretiens auprès d’anciens combattants et du commandement de l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA)3. À partir de ce corpus limité, il ne s’agit ici que de dresser un premier tableau d’ensemble du culte du héros depuis 1945 en suggérant quelques pistes d’interprétation provisoires.

1942-1944 : Lherminier et le Casabianca,héros en temps réel de la Libération

  • 4 Lettre au ministre de la Marine, 26 septembre 1946, SHD-T 28 S 2.
  • 5 C’est ainsi que l’on nomme, dans le milieu de la Marine, les forces maritimes de Vichy, stationnées (...)

4Le début de l’héroïsation de Lherminier présente la triple particularité de commencer au lendemain du premier fait d’armes, la sortie de Toulon, de continuer de s’enrichir au fur et à mesure que les missions du héros s’enchaînent en Méditerranée et de se faire avec l’assentiment du principal intéressé qui considère que sa conduite et celle de son équipage ont eu « une valeur d’exemple retentissante »4. La marine nationale joue un rôle majeur dans cette mise en lumière. Il est urgent de faire oublier l’engagement auprès de l’État français et l’impact du sabordage de Toulon. Il importe de montrer qu’une nouvelle marine existe, à commencer par cette marine « barbaresque5 » qui en forme l’ossature et qui participe pleinement à la Libération. Le Casabianca est donc à l’honneur dans les magazines qu’elle contrôle et lors de la grande exposition, « La Marine au combat », organisée du 22 décembre 1944 au 31 janvier 1945 au musée de la marine au palais de Chaillot. Inaugurant un procédé promis à un bel avenir, les cartels des photos prêtent des qualités humaines au sous-marin qualifié de « vaillant » et « fidèle ».

5Quoique inapte à un quelconque poste opérationnel, son ancien « pacha » est maintenu à titre exceptionnel au service actif puis promu en décembre 1945 capitaine de vaisseau au titre des services rendus, et enfin, nommé à titre honorifique au poste de chef du Service historique de la Marine (SHM), une fonction que Lherminier est dans l’incapacité de remplir car il doit se rendre aux États-Unis pour se faire appareiller. Cette exploitation de son image n’est pas que le fait de la Marine. Elle est aussi organisée par les autorités politiques successives, de Darlan à de Gaulle en passant par Giraud. Dès cette époque, cet officier de marine fait figure de héros pour tous.

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  • 6 À titre d’exemple, voir le reportage deQuatre et Trois. Les 7 jours de l’actualité mondiale, 1er a (...)
  • 7 « Ce héros, qui est un modeste, parle beaucoup de l’héroïsme de ses compagnons, jamais du sien », L (...)

6Dans ces conditions, très rapidement, Lherminier et le Casabiancadeviennent un symbole et une icône dont la diffusion dépasse largement la presse institutionnelle. Au moins quatre facettes du héros sont mises en avant à cette époque : un exemple du refus de la Collaboration, un héraut de la marine au combat, un emblème de la sensibilité giraudiste (même si cette dimension n’est jamais revendiquée expressément sauf exception) et, enfin, l’homme gravement malade au courage physique exceptionnel qui, de plus, a juré qu’il n’abandonnerait pas son poste avant la libération de la Corse (on pense au serment de Koufra). La photo d’un Lherminier alité et livide décoré par de Gaulle après sa double amputation est ainsi très largement reprise dans la presse. Au-delà des aspects militaires, chacun est invité à s’identifier au combat contre la maladie et la souffrance (cette dimension est ressassée jusqu’à la complaisance la plus morbide par les médias avec un paroxysme lors du retour de Lherminier des États-Unis à l’été 1946)6. Apparaît en filigrane le schéma christique récurrent de la mise en récit dans une société encore profondément imprégnée par la culture catholique : à sa façon, le héros offert à l’admiration de ses concitoyens vit son calvaire, affrontant la souffrance et acceptant stoïquement par foi patriotique la perspective du sacrifice suprême pour le salut de tous. Dans la même veine, son abnégation n’a d’égale que son désintéressement et on loue à longueur d’article sa modestie et sa propension jamais démentie à s’effacer derrière ses subordonnés7.

  • 8 Lettres du vice-amiral Leclerc au vice-amiral d’escadre Moreau des 6 et 12 janvier 1943 et du 28 fé (...)
  • 9 Les ordres du jour et comptes-rendus d’opérations conservés au SHD-M et les témoignages de ses pair (...)

7Cette image consensuelle et médiatique tranche avec une réputation beaucoup plus ambivalente auprès de ses pairs et de certains de ses chefs. Si tous louent son sens tactique, son allant et ses résultats, des supérieurs émettent des critiques parfois sévères et réitérées. On reproche à Lherminier son côté franc-tireur et d’effectuer ses missions en partie en marge de la chaîne hiérarchique navale8. Sont aussi pointés une volonté systématique et jugée complaisante de se mettre en scène et un escamotage pour le moins opportuniste de ses convictions et hésitations de juin 1940 à mi-novembre 1942. Ces griefs, où une jalousie à peine voilée affleure souvent, seront aussi exprimés par des membres de l’état-major de l’officier mais, de façon feutrée, sans jamais devenir objet de débat public9. La médiatisation de son évasion spectaculaire de novembre 1942 irrite aussi une partie des cadres qui y voient à juste titre un désaveu de la conduite de la majorité et un manque d’équité envers ceux qui servant sur des bâtiments de surface en sous-ordre, n’avaient pas sa liberté d’action. D’autant que jusqu’en 1942, l’officier a eu une carrière sans relief finissant par rejoindre sur le tard une arme sous-marine alors peu reconnue par l’aristocratie des « surfaciers ». Dans un autre registre, la personnalisation poussée à l’extrême et la focalisation de l’attention sur les missions du Casabianca sous le commandement de Lherminier sont enfin mal vécues par une partie de ceux qui ont combattu, souvent dans l’anonymat, dans les Forces navales françaises libres (FNFL) depuis de longues années ou qui ont réalisé des opérations similaires sans accéder à la reconnaissance publique. Aujourd’hui encore, ces aspects ne sont connus que de quelques initiés et ce silence mérite d’être interrogé par l’historien. En fait, en interne, Lherminier demeure longtemps un marginal. Et son abandon forcé et rapide du service actif ne vient que renforcer une distance préexistante même si Lherminier reçoit après-guerre le soutien de la Marine dans la mise en scène de son action, une mise en scène dont il est, à partir de 1945, le premier acteur.

1945-1953 « Il a écrit l’histoire après l’avoir faite »10

  • 10 Selon l’expression de sa sœur Jeannette Lherminier.
  • 11 Lettres au ministre de la Marine, 5 avril et 26 septembre 1946. Lettre au CEMGM du 4 avril 1946. SH (...)

8Dès 1946, le Casabianca est honoré par les diverses autorités. Il reçoit la fourragère rouge pour ses six citations à l’ordre de l’armée en septembre. Lherminier en personne y a veillé : en avril, il s’adresse directement au ministre pour plaider la cause de son bâtiment depuis son lit de douleur à Philadelphie. De nouveau, en septembre, il plaide pour que soit accordé le port individuel de la fourragère à l’ensemble de l’équipage. Ces courriers sont doublés par des plis adressés au vice-amiral Lemonnier, chef d’état-major général de la Marine (désormais CEMGM), fidèle soutien du commandant du Casabianca au sein de la marine nationale11.

9Rapidement cependant, une inflexion se fait jour dans les honneurs rendus au bâtiment et à son commandant. Jusqu’ici, ils s’effectuaient dans un cadre militaire et national, la marine nationale étant à la manœuvre pour mettre en avant des opérations d’ordre militaire. Sans que cette veine ne se tarisse, désormais, c’est davantage la contribution à la Résistance qui est honorée, aussi bien par le gouvernement et les autorités navales que par les acteurs corses.

10Le sous-marin fait d’abord partie du cercle très restreint des vingt-et-une unités militaires décorées de la médaille de la Résistance. Instituée à Londres par ordonnance du 9 février 1943 par le général de Gaulle « chef de la France combattante », elle vise à « reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France, dans l’Empire et à l’étranger auront contribué à la résistance du peuple français contre l’ennemi et contre ses complices depuis le 18 juin 1940 ». Sont honorés des unités militaires, des villes, des hôpitaux, des couvents… Par ce biais, l’action de Lherminier est intégrée symboliquement à la France combattante, au plus près de l’épopée gaullienne sans être confondue avec elle. Elle devient un vecteur privilégié du mythe résistancialiste savamment orchestré par le gaullisme avec l’assentiment de la majorité des Français. Avec le Glorieux, la Vénus et le Marsouin (les autres sous-marins qui se sont échappés de la nasse toulonnaise le 27 novembre 1942), le Casabianca est une des seules unités non FFL distinguées (avec les écoles de gendarmerie de Tulle et d’Autun et la Brigade de gendarmerie de Lans-en-Vercors). C’est donc la sortie de Toulon qui est considérée comme un acte de résistance. Il serait d’ailleurs vain de chercher dans les faits d’armes du Casabianca et dans l’itinéraire de Lherminier un quelconque fait de résistance avant le 27 novembre 1942. La décision n’est pas neutre : c’est aussi un message adressé à la Marine et aux armées. Les seules unités distinguées appartiennent en effet à l’infime minorité dont les commandants ont désobéi.

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  • 12 Copie de la lettre du maire d’Ajaccio à Martine Baretti, 28 décembre 1945 relative à la décision du (...)
  • 13 « Je voudrais aussi en terminant associer à la gloire des vivants celle des morts, le courage heure (...)
  • 14 « Ce fameuxCasabianca, nom qui déjà pour les Corses rappelle le souvenir d’un grand soldat. Un sou (...)
  • 15 Lettre du 28 août 1947 à Ajaccio au capitaine de vaisseau Lherminier, directeur du SHM, SHD-T 28 S (...)

11À ces honneurs décernés dans un cadre national et qui privilégient le bâtiment plus que l’homme viennent dorénavant s’ajouter des hommages rendus en Corse à l’instigation des autorités locales. La marine nationale y est associée via son commandement local. Un double glissement s’opère : c’est davantage la contribution à la libération de la Corse qui est mise en avant que l’évasion de Toulon et les cérémonies honorent autant le sous-marin que son commandant. Le 23 septembre 1946, à l’instigation des autorités municipales, une stèle est inaugurée sur le port d’Ajaccio commémorant les sept opérations de débarquement d’armes et d’agents de 1942-1943. Le discours est prononcé par le Commandement de la marine (COMAR) Corse en présence des élèves de la Jeanne d’Arc. Il mentionne à peine l’évasion de Toulon et insiste sur l’impossibilité de dissocier le commandant et son bâtiment dans les hommages rendus, particulièrement dans le cas d’un sous-marin. En mars 1947, toujours à l’instigation de la municipalité ajaccienne pour qui « son nom est désormais inséparable de la libération de la Corse »12, un quai Lherminier est inauguré. Le héros assiste à son inauguration dans un fauteuil roulant poussé par un matelot sur les lieux mêmes du fait d’armes de septembre 1943. Lors de chacune des cérémonies, il est fait mention du mimétisme entre la conduite de Lherminier et celle du capitaine de vaisseau Luce de Casabianca, héros de la bataille d’Aboukir en 1798. Ce natif de la région de Bastia a continué de commander L’Orient après avoir perdu ses deux jambes arrachées par un boulet. Il a préféré prendre le risque de disparaître avec son vaisseau désemparé en compagnie de son fils plutôt que de cesser le combat. La double insistance sur ce précédent glorieux recouvre deux logiques différentes qui viennent se conjuguer. Pour le COMAR, c’est une occasion d’insister sur la continuité de l’action de la Marine et des marins au service de la France par-delà la succession des régimes dans une longue chaîne d’exploits héroïques tantôt malheureux tantôt victorieux13. En creux, on voit bien en quoi le couple Casabianca-Lherminier permet de dépasser le traumatisme de la séquence 1940-1942. Pour les autorités et la presse corses, il s’agit d’abord d’inscrire la petite patrie au cœur de l’histoire nationale et ce, dans la durée, tout en célébrant l’unité retrouvée14. On retrouve cette thématique quand, en septembre 1947, Lherminier est de nouveau invité par les autorités locales pour faire partie du « comité d’honneur départemental » qui organise les commémorations de la Libération de la Corse « célébrées dans l’union et la concorde ». Le commandant est convié à la fois comme organisateur et comme participant, l’invitation étant adressée par le préfet qui n’est autre que Maurice Papon15. L’officier se rend aux cérémonies avec un ordre de mission signé par le chef de cabinet du ministre de la Marine. Les stratégies mémorielles des institutions locales et navales se conjuguent donc pour propulser le héros Lherminier sur le devant de la scène. Ce dernier est pleinement acteur de cette héroïsation, adhérant sans réserve à la lecture unanimiste de la Libération qui est offerte à l’admiration des Français.

  • 16 Lettres du 4 avril 1946 au CEMGM et du 5 avril 1946 au ministre de la Marine, SHD-T 28 S 2.
  • 17 Casabianca, Paris, France Empire, 1949, 315 p., réédité en 1955 chez le même éditeur puis chez Pres(...)
  • 18 Voir les très nombreuses photographies et coupures de presse conservées en SHD-T 28 S 1.

12Dès son retour sur le continent, il multiplie les conférences relatant la séquence 1942-1944. Et, fin 1948, il publie ses souvenirs, un projet évoqué dès le début 194616, officiellement « à la demande de son équipage », mais non sans avoir demandé le feu vert de la rue Royale17. Faisant preuve d’une résistance physique peu commune, il effectue ensuite une véritable tour de France des librairies pour des séances de dédicaces. Il se positionne sur le créneau des « écrivains combattants » en accord avec France-Empire, son éditeur qui a publié nombre des souvenirs d’anciens amiraux de Vichy. Le président Vincent Auriol lui rend d’ailleurs hommage lors de leur salon de 1949. Dans son entreprise, Lherminier reçoit l’appui résolu des plus hautes instances de la marine nationale. La rue Royale met à sa disposition un matelot pour l’aider dans certains de ses déplacements et lui prête à l’occasion un véhicule. L’officier se considère toujours en mission de rayonnement au profit de la Marine. La plupart de ses apparitions publiques sont effectuées en uniforme. En novembre 1948, l’amiral Lemonnier, chef d’état-major général, se rend à son domicile à l’occasion d’une réception donnée en l’honneur de la publication de son ouvrage. L’événement mondain est co-organisé par le chef du Service de presse de la marine nationale, le commandant Jean Raynaud et l’éditeur France-Empire18.

  • 19 Martin Motte et Jean de Préneuf, « l’écriture de l’histoire navale française à l’époque contemporai (...)
  • 20 « Mon livre n’est qu’un rapport de mer écrit avec un style sobre. Pas de littérature. J’ai voulu qu(...)

13En multipliant les conférences et en relatant dans un style accessible au plus grand nombre les opérations navales, Lherminier s’inscrit dans la lignée d’un Paul Chack après la Grande Guerre. Même s’il n’y effectue qu’un passage furtif ne conservant qu’une direction plus apparente que réelle, il est son lointain successeur à la tête du Service historique de la Marine en 1945, ce qui n’est sans doute pas un hasard quand on connaît la place prise par le SHM dans la politique de rayonnement de la Marine dans l’entre-deux-guerres19. En même temps, contrairement à son aîné, il se défend d’avoir cherché à enjoliver ou romancer les opérations menées sur mer. De même, il revendique son apolitisme, affirmant avoir écrit en officier plutôt qu’en écrivain, se positionnant en commandant et homme de mer redevable envers son équipage20.

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  • 21 Lettre au secrétaire d’État à la Marine, Paris, le 6 avril 1949, SHD-T 28 S 3.
  • 22 Voir les nombreuses coupures de presse rassemblées dans le fonds Lherminier, SHD-T 28 S 3.
  • 23 L’officier a demandé que l’ensemble de ses droits d’auteur soient versés à l’ONAC au profit des gra (...)
  • 24 Liste des conférences effectuées à ce jour, 17 novembre 1949 etConférences aux mois de mars, avril (...)

14Toujours soucieux d’inscrire son action dans un cadre officiel, l’officier rend scrupuleusement compte de ses activités au secrétaire d’État à la Marine. Ainsi, il a donné dix-huit conférences entre le 29 février 1947 et le 31 mars 1949. Elles couvrent l’évasion de Toulon et les missions devant la Corse. Lherminier a bien conscience que, dès 1942, cette évasion a pris valeur de « symbole » et se donne pour mission d’offrir au public l’image de « l’ardeur acharnée des marins français à se battre et leur grande valeur ». Il dresse un bilan très élogieux de ses interventions (il calcule qu’il a parlé au total devant plus de 18 000 personnes) et plaide pour que le département organise de nouvelles « causeries » car « elles feraient à la Marine une propagande remarquable », tout en avouant, fidèle à sa réputation, qu’il a déjà accepté de donner d’autres conférences. Enfin, il rappelle que son livre a été écrit avec accord de sa hiérarchie, suggérant que ce support permettra de continuer sur cette veine quand il aura disparu21. Toute l’ambivalence du personnage se révèle dans ce courrier : souci de respecter la discipline contrebalancé par une tendance récurrente à placer devant le fait accompli sa hiérarchie, volonté de s’inscrire dans l’institution tout en restant à sa marge, ambition d’instrumentaliser sa popularité au service de la marine nationale qui se conjugue avec une indéniable propension à se mettre en avant. Plus que jamais, Lherminier est le premier metteur en scène de sa geste et de son héroïsation. Fort du soutien renouvelé de la rue Royale, Lherminier a prononcé trente-sept conférences à la mi-novembre 49. Il en prévoit quinze supplémentaires entre mars et mai 1950, l’habitude étant prise de demander à l’avance les jours où il aura besoin de la voiture officielle. Parallèlement à cette aide précieuse, les témoignages officiels de reconnaissance de la nation orchestrés par la Marine continuent d’être décernés à l’officier comme par exemple lors de la remise de la plaque de grand officier de la Légion d’honneur en le 24 mai 1950 qui se déroule dans la cour d’honneur de l’Hôtel de la Marine. Désormais, pas un article, pas un discours qui n’associe le nom du marin à celui de l’héroïsme22. L’appui officiel conjugué à d’indéniables talents d’orateur, mais aussi l’adéquation entre son message et les attentes du public et, enfin, un désintéressement sincère23 expliquent le remarquable succès de librairie avec plus de 200 000 exemplaires vendus fin 194924.

15Le succès du livre donne des idées à des producteurs. Le film Casabianca de Georges Péclet vient le prolonger et lui donner une autre ampleur, accroissant d’autant l’aura du héros Lherminier. Mobilisant de gros moyens et pouvant compter sur l’appui du ministère des forces armées qui a fourni gracieusement matériels et figurants, il sort en salles en mai 1951. On retrouve la même approche unanimiste de la Libération, le souci de l’exactitude documentaire se mêlant à l’ambition édifiante. Le film joue sur un double mimétisme : la ressemblance de Jean Vilar avec Lherminier est saisissante tandis que, signe du destin, c’est le Glorieux qui tient le « rôle » du Casabianca. Fin 1950, Point du jour-Images du monde titre d’ailleurs l’article qui accompagne la photo de l’acteur et de l’officier devant le kiosque du faux Casabianca : « Le héros du Casabianca aura son double ». C’est la société de production « La Croix du Sud » qui aurait contacté l’éditeur, Lherminier donnant sa bénédiction et s’engageant à fond dans l’aventure : « J’ai donné mon accord car la popularité plus grande du cinéma permettra d’atteindre le grand public et lui fera connaître l’héroïsme des combattants de la dernière guerre ». Lherminier explique avoir exigé qu’aucun personnage réel n’apparaisse, le film devant « exalter tous les Français combattants, avec ou sans uniforme. La Résistance en Corse aura été un modèle du genre ». Ayant contribué à l’écriture du scénario qui sera mis en dialogue par des professionnels, l’officier est aussi étroitement associé à la promotion du film via des reportages photos le suivant sur le tournage et sa participation aux avant-premières médiatisées. Il présente lui-même le film au public parisien lors d’un gala le 18 mai 1951 tenu en présence de Vincent Auriol. La figure du commandant porté par d’anciens membres de son équipage lors de ses apparitions publiques devient récurrente.

16Le film, qui est un succès public, contribue par la mécanique de l’image et de la publicité à focaliser l’attention sur certains des éléments duCasabianca. Son ancien commandant a expressément souhaité que le bâtiment soit le véritable héros du film aux côtés des résistants (les affiches portent d’ailleurs ce sous-titre : « La prodigieuse aventure du sous-marin fantôme »). Sont ainsi mis en avant d’une part le pavillon à tête de mort, leJolly Roger qui commémore les faits d’arme du bâtiment sur fond de carte de la Corse et, d’autre part, le kiosque qui apparaît sur l’affiche du film. Ces éléments deviennent de véritables signes de reconnaissance, des marques de fabrique promises à un bel avenir.

  • 25 « Casabianca illustre l’union, dans une même lutte, des combattants en uniforme et sans uniforme. J (...)

17Ce film constitue une sorte d’apothéose, d’aboutissement et de testament que Lherminier revendique sans ambiguïté25. Avec lui, il achève de devenir de son vivant un héros emblématique de la mystique résistancialiste dans la France de la IVe République. Comme l’avait souhaité le marin, l’œuvre de Péclet exalte une opération amphibie, menée par la France du général Giraud, associant les armées à la résistance intérieure dont la diversité et l’union est mise en avant. Les forces gaullistes en sont les grandes absentes.

  • 26 Laurent Douzou, La Résistance française : une histoire périlleuse. Essai d’historiographie, Paris, (...)
  • 27 Martin Motte et Jean de Préneuf, art.cit.
  • 28 Lherminier ne manque jamais d’évoquer « cette arme en plein développement » dans ses interventions(...)

18Dès la fin de la guerre, comme c’est le cas de tant de Résistants à l’époque26, Lherminier écrit donc lui-même sa geste et joue un rôle central dans sa mise en forme pour l’Histoire. Il met sciemment son héroïsation au service de l’image de la marine nationale et d’une vision du mythe résistancialiste distincte de celle portée par le général de Gaulle. Se considérant en service commandé, l’homme n’est pas insensible, quoi qu’il en dise, aux sirènes de la renommée et aux honneurs. Il trouve sans surprise un appui auprès de l’institution navale. D’abord parce que la Marine cherche alors elle aussi, notamment via le SHM, à favoriser une écriture consensuelle de l’histoire navale de la seconde guerre mondiale. Centrée sur les opérations, toute une historiographie officielle tend à négliger à dessein la dimension politique du conflit et à minimiser les divisions au sein de la Marine27. L’aide apportée par la rue Royale s’explique ensuite parce que l’engouement autour des faits d’armes de Lherminier et du Casabianca est tout à fait bienvenu alors qu’un ambitieux programme de développement de l’arme sous-marine est en passe d’être lancé28. Enfin, dans cette première phase de l’héroïsation de Lherminier, une impulsion locale venue de Corse - ou plus précisément d’Ajaccio - se greffe à cette ambition à la fois personnelle et institutionnelle. La mort du héros comme l’avènement de la république gaullienne viennent logiquement en modifier les contours sans pour autant les bouleverser.

De 1953 aux années 1970 : Au cœur de la vision gaullienne du résistancialisme

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  • 29 On trouve le même thème inversé, le sous-marin suivant ici son ancien pacha « dans la mort et dans(...)

19Lherminier décède au fait de sa gloire médiatique en juin 1953 dans la lancée du double succès de son livre et du film relatant les faits d’armes duCasabianca. C’est donc sans surprise que l’on relève un concert de louanges et une utilisation systématique du vocabulaire héroïque dans la presse. Le fait même le plus anodin, la moindre coïncidence deviennent signifiants et déterminants à l’heure d’évoquer une disparition qui prend des allures d’apothéose dramatique. Jusque dans la mort, la presse s’efforce d’associer Lherminier et son sous-marin qui a été désarmé l’année précédente. De là à écrire que le marin n’a pas survécu à la disparition de son fidèle compagnon, il n’y a qu’un pas que plusieurs journaux franchissent allègrement, sans que pourtant Lherminier ne se soit jamais exprimé dans ce sens29.

20Un hommage national lui est rendu dans la cour des Invalides. La cérémonie est de nouveau l’occasion de célébrer à la fois la Marine et la Corse présentes au cœur de la nation. Cols Bleus, la revue interne de la rue Royale est cependant le seul journal a utiliser l’expression de « héros national ». Cette conjonction des cultes patriotique, corse et naval s’incarne, nouveau signe du destin, en la personne de Jacques Gavini, secrétaire d’État à la Marine du 11 août 1951 au 19 juin 1954. Ce natif de Bastia, inamovible député de la Corse de 1946 à 195830, ne manque pas de saisir l’occasion de s’adresser directement à ses compatriotes qui sont autant d’électeurs potentiels31.

21Si la presse est unanime pour louer les qualités d’exception du défunt, quelques nuances apparaissent cependant dans le concert de louanges qui révèlent plusieurs visions du mythe résistancialiste. De façon significative, la plupart des articles honorent le héros de la libération de la Corse, la décision de ne pas se saborder n’est, sauf exception, mentionnée que brièvement et avec des lectures parfois divergentes.

  • 32 Cf. photos du kiosque. SHD-T 28 S 1.
  • 33 Hélène Romani, « Le Casabianca, tout un symbole », Nice Matin, 6 octobre 2003.

22Surfant sur l’émotion provoquée par la disparition de Lherminier, France-Empire publie, dès 1955, une biographie écrite par le capitaine de frégate Jean Blanchard, rééditée en 1960. La marine nationale n’est pas en reste. Mis sur cale en octobre 1953, un escorteur d’escadre est rebaptiséCasabianca avec pour ville marraine Bastia tandis que le kiosque du sous-marin est exposé sur les quais de Seine lors du XIXe Salon nautique qui se tient en septembre32. Ce qui est désormais devenu une relique ne tarde pas à être récupéré par la ville de Bastia dès décembre 1955. La municipalité est soucieuse de prendre toute sa place dans la commémoration de la libération de l’île de Beauté. Désormais, les deux grandes métropoles corses se partagent la mémoire de l’épopée de Lherminier et du Casabianca, Ajaccio se concentrant sur la figure du commandant quand Bastia se focalise sans surprise sur le bâtiment. Le kiosque porte alors deux plaques dont l’une rappelle l’ascendance avec Luce de Casabianca et l’autre porte la dédicace : « Comité de résistance de la Corse : À tous ceux qui ont communié dans la périlleuse aventure pour la libération de la Corse. Aux patriotes, aux marins du Casabianca ». C’est donc toujours la fibre patriotique locale qui s’exprime et nous n’avons pas retrouvé trace dans les documents consultés d’association de la marine nationale aux cérémonies. Cependant il y a un pas entre les projets de la municipalité et la réalité. Le kiosque est d’abord entreposé à l’entrée du vieux port mais « la glorieuse relique ne tarde pas à devenir un dépotoir ». Il est bientôt déplacé dans la cours du Lycée Marbeuf puis du Musée au palais des gouverneurs33.

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23Ce relatif désintérêt tranche avec la réintégration du Casabianca dans la vision gaullienne du résistancialisme qui s’impose avec l’avènement de la VeRépublique. Celle-ci replace la France libre au cœur de la lutte contre l’occupant. On peut douter que cette récupération ait été du goût de son ancien pacha. Cette mutation est symbolisée par le nouveau mémorial national de la France combattante au Mont Valérien. L’inauguration a lieu en novembre 1960 lors d’une cérémonie grandiose au cours de laquelle est lu l’appel du 18 juin. Faisant face à une vaste esplanade, un mur de 150 mètres de long en grès rose est accolé à l’enceinte. Au milieu de ce mur est encastré une grande croix de Lorraine devant laquelle brûle en permanence une flamme. Le Casabianca est représenté sur l’un des seize hauts reliefs en bronze qui ornent le mur. Sur chacun, une allégorie symbolise les différentes formes de combat menées contre l’occupant entre 1940 et 1945. Celui du submersible représente « l’homme en lutte contre l’étreinte d’une pieuvre, à l’image du sous-marin Casabianca qui le 27 novembre 1942 s’échappe du port de Toulon investi par les Allemands et rejoint les forces françaises d’Afrique du nord ». Chaque année, le 18 juin, le président de la République vient rallumer la flamme placée devant une crypte rassemblant les caveaux qui abritent les corps de seize résistants. Le 17edevant être occupé par la dépouille du dernier compagnon de l’Ordre de la Libération34. Si la Résistance sous toutes ses formes est mise à l’honneur, la primauté du gaullisme apparaît sans ambiguïté. Tout le combat des résistants passe symboliquement sous pavillon gaullien, Casabiancacompris.

  • 35 Paris, Hachette, 1964, 221 p. Un rapide survol du catalogue révèle que seuls deux marins français p (...)
  • 36 « Casabianca », Le Goff et Pelaprat, Tintin,n°34, 17 août 1976.

24Centrée sur le sous-marin, cette mise en avant au plus haut sommet de l’État permet par ricochet à la figure du héros Lherminier de se perpétuer et vient relancer l’intérêt du début des années 1950. L’odyssée du Casabiancafait désormais partie de ces lieux de mémoire largement partagés par la plupart des Français. Lherminier et son sous-marin sont devenus dès les années 1960 des sortes d’images d’Épinal modernes comme en témoignent la publication de de son livre en 1964 dans La Bibliothèque verte (avec une réédition en 1976)35 et l’adaptation en bande dessinée de l’aventure duCasabianca parue dans Tintin en 197636 et reprise ensuite sur des vignettes insérées dans les fameuses boites de la Vache qui rit.

Le repli des années 1970, 1980 et 1990

25Les années 1970 semblent toutefois en retrait par rapport à l’intensité des deux décennies précédentes. L’époque porte l’empreinte de la volonté de tourner la page de l’approche gaullienne de la séquence 1940-1944. Cette posture est mise en œuvre, chacun dans leur style et avec des motivations diverses, par Georges Pompidou puis Valéry Giscard d’Estaing. La nouvelle politique mémorielle est aussi concomitante d’une relecture décapante, par des historiens comme Robert Paxton, de la vision classique de l’État français diffusée jusque-là dans les ouvrages Robert Aron. Dans ces conditions, le culte du héros Lherminier se recentre sur la marine nationale et les enjeux locaux.

26Une approche plus consensuelle de la participation des armées à la Résistance apparaît dans les noms de baptême choisis pour les dix-sept avisos type A69. Ils portent ceux de marins qui ont combattu dans la clandestinité. Nombre d’entre eux, comme Lherminier, Lavallée ou Le Henaff, se sont illustrés dans des opérations organisées hors des circuits gaullistes par les services du colonel Paillole en lien avec le capitaine de vaisseau Trautmann, chef du 2e Bureau de la marine à Alger. L’avisoLherminier mis sur cale en 1979 est parrainé par la ville d’Ajaccio. L’attachement des Ajacciens ne se dément pas puisqu’en 1976, un buste représentant l’officier et portant l’inscription « À Lherminier, commandant du Casabianca, la ville d’Ajaccio reconnaissante » est inauguré sur le quai portant son nom. Il s’agit d’une initiative locale dont les prémisses datent de 1967. Elle rassemble l’ensemble des notabilités de la ville auxquelles se joignent des anciens. La lenteur de la réalisation du projet est un signe du relatif désintérêt local, désintérêt déjà observé à Bastia dans le cas du kiosque. Contrairement à ce qui prévalait au lendemain de la Libération, cette démarche ne reçoit qu’un soutien a minima de la marine nationale. L’amiral Lasserre, ancien du Casabianca devenu amiral commandant la force océanique stratégique (ALFOST), doit même relancer à plusieurs reprises le cabinet du ministre pour que la Défense soit convenablement représentée lors de l’inauguration. .

27La modestie de ces cérémonies tranche avec l’ampleur des commémorations nationales marquant en 1983 le quarantième anniversaire de la libération de l’île. Elle est à la fois le produit d’une politique mémorielle gouvernementale plus ambitieuse visant à mettre en avant les valeurs de la Résistance et d’une demande sociale renouvelée par les débats des années 1970 et l’engouement pour l’histoire. Les pouvoirs publics y voient aussi l’opportunité de célébrer l’insertion de la Corse dans la communauté nationale au lendemain des lois de décentralisation et en période de tension avec la mouvance indépendantiste. Avec les soixante membres de l’Amicale des anciens transportés par l’armée de l’Air, un nouvel acteur, davantage structuré que par le passé, apparaît dans les commémorations. Celles-ci se déroulent à Ajaccio puis à la base aéronavale d’Aspretto où est transférée la stèle en l’honneur de Lherminier tandis qu’un déjeuner associant les anciens et des membres de l’équipage de l’escorteurCasabianca et de l’aviso Lherminier y est organisé. Enfin, à Arone, lieu du 1erdébarquement d’armes le 6 février 1943, plusieurs bâtiments et des commandos de la Marine simulent l’opération. À l’issue de cette démonstration, le secrétaire d’État aux anciens combattants, M. Laurain, inaugure une nouvelle stèle. Cette cérémonie marque une étape supplémentaire dans la diffusion, à partir d’Ajaccio, du souvenir duCasabianca. Petit à petit, au fil des années, l’ensemble de la Corse se couvre de monuments commémoratifs. En dehors du périmètre ajaccien et de la marine nationale, la célébration de l’odyssée du Casabianca semble alors l’emporter nettement sur la mise en avant de la figure de Lherminier. On continue de davantage célébrer les missions spéciales au large de la Corse plutôt que la sortie de Toulon qui reste un sujet sensible dans la France du début des années 1990. Dans ce contexte, suite au désarmement de l’escorteur d’escadre, le SNA Casabianca mis sur cale en 1981 est admis au service actif en 1987. Ironie du sort, ce troisième sous-marin de la classe RUBIS sert aux côtés de l’unité portant le nom du sous-marin des Forces navales françaises libres le plus décoré. Alors qu’ils ont effectué des missions similaires pendant la seconde guerre mondiale, l’un en Corse, l’autre en Norvège, le nom du Casabianca reste incomparablement plus connu que celui du Rubis. Pour autant, la marine nationale n’utilise pas alors de façon significative leur aura à des fins de rayonnement.

  • 37 Témoignage oral de M. Louis Gicquel, recueilli en mai 2008.

28Le renouveau observé au cours des années 1980 demeure en fait fragile comme le montre le cinquantenaire de la séquence 1942-1944. Fin 1992, le préfet maritime de Toulon donne son accord à l’initiative des anciens qui souhaitent qu’une plaque commémorative soit apposée sur l’ancienne baraque des sous-mariniers dans la darse du Mourillon mais… à la condition que la cérémonie se déroule un mois avant la date fatidique du 27 novembre. L’inauguration a lieu avec le soutien de la mairie et en présence d’une garde d’honneur de l’équipage « bleu » du SNA et du commandant de l’escadrille des sous-marins de la Méditerranée37. En 1993-1994, avec pas moins de trois accidents survenus en l’espace de deux ans, le contexte n’est guère favorable à des cérémonies d’ampleur impliquant les SNA. D’autre part, le gros des célébrations internationales se concentre sur le débarquement de Normandie. Au final, on peut parler d’un relatif déclin de la mémoire de l’action de Lherminier et de son sous-marin au cours de cette période en Corse et au sein de l’institution alors que les commémorations nationales de la seconde guerre mondiale se concentrent sur d’autres objets.

Les années 2000 : le retour en grâce spectaculaire du héros pour tous

29Le héros Lherminier effectue un come back inattendu à la faveur des années 2000. Ce retour en grâce est dû d’abord à un concours de circonstances à partir de l’initiative d’un homme, le commandant de l’équipage « bleu » du SNA, le capitaine de frégate Arnaud d’Alès de Corbet, assisté de son second le capitaine de corvette de Saint-Exupéry. Leurs initiatives et leurs motivations vont rencontrer un écho inattendu auprès de l’équipage, des anciens, d’ALFOST et des collectivités locales corses.

  • 38 Inspection périodique d’entretien et de réparation.

30En 2001-2002, le SNA est en période d’IPER38 et les deux officiers férus d’histoire cherchent des activités originales susceptibles d’occuper l’équipage tout en renforçant la cohésion. Tous deux ont lu les souvenirs de Lherminier. À la suite de l’amiral Storelli, commandant les forces sous-marines en 1967, ils voient en lui un modèle de commandement, un exemple à suivre, une source d’inspiration en matière de discernement quant à la discipline. Ils se retrouvent dans sa lecture de la Libération et sa vision du destin de la Marine pendant la guerre. L’idée est d’utiliser la figure de Lherminier comme un levier au service du commandement. Ils contactent MM. Gicquel et Cardot, chevilles ouvrières de l’Amicale des anciens. Le contact passe bien entre les sous-mariniers d’hier et d’aujourd’hui. L’idée germe d’organiser une rencontre avec l’équipage et de commémorer l’action du Casabianca. Un compromis est trouvé entre les anciens qui mettent l’accent sur les livraisons d’armes et les officiers, davantage focalisés sur l’évasion de Toulon. Une cérémonie commémorative du 59e anniversaire est organisée le 27 novembre 2001 à l’escadrille des SNA. Elle coïncide avec le départ d’un raid à la voile armé par des personnels volontaires partant de Toulon vers Ajaccio avec un bateau arborant le Jolly Roger. L’opération comporte également un volet rayonnement au profit de la Marine et des forces sous-marines. Le 28 novembre, le capitaine de corvette de Saint-Exupéry prononce une allocution sur les forces sous-marines à Ajaccio et les deux officiers supérieurs sont heureux de constater à la fois l’intérêt de l’équipage et l’écho donné par la presse à leur initiative.

  • 39 Nice Matin, 28 novembre 2002.
  • 40 Cols Bleus, 13 décembre 2003, n°2684 (célébré en même temps que la commémoration de la libération d (...)

31Face à ce succès, fin 2002, une nouvelle opération « cohésion-mémoire-rayonnement » est décidée en l’honneur du soixantième anniversaire du 27 novembre 1942. Elle consiste en une plongée du SNA de nouveau opérationnel avec cinq anciens du sous-marin de Lherminier. La presse locale en rend compte parlant de « l’illustre commandant Lherminier » et mentionne les « cinq héros »39. Défendue avec persuasion par les deux officiers, la démarche séduit leur hiérarchie à la recherche d’une initiative originale et médiatique susceptible de donner une image attractive à l’arme sous-marine pour qui recruter et fidéliser des personnels suffisants en quantité et en qualité est un défi permanent. Par ailleurs, la « maison ALFOST » doit convaincre au sein de la Marine et en dehors des murs de la rue Royale de la pertinence du programme de SNA de nouvelle génération type Barracuda. L’amiral Thierry d’Arbonneau, ALFOST, fait alors valider en 2003 par le chef d’état major de la Marine que le 27 novembre sera le jour de la sous-marinade. Il est également décidé que la discrète Association des anciens des services spéciaux de la Défense nationale, lointaine héritière des associations d’anciens des services de renseignement et de contre-espionnage vichyssois et « barbaresques », patronnera le SNA à compter d’octobre 200340.

  • 41 Dans une tribune parue en 2006, le capitaine de frégate Arnaud d’Ales de Corbet en cherchant à repl (...)

32La décision de fixer la date de la journée nationale des forces sous-marines le 27 novembre n’a guère soulevé de questionnements à l’époque. Pourtant, elle ne peut manquer d’interpeller l’historien au regard du destin de la figure de Lherminier et du Casabianca depuis 1945 que nous avons essayé d’esquisser. Avec ce choix revendiqué de privilégier la sortie du 27 novembre 1942 plutôt que, par exemple, le tout aussi héroïque débarquement du bataillon de choc à Ajaccio le 13 septembre 1943, la boucle est bouclée. De facto, cette décision aux airs de lapsus permet à la tradition des années 50 de s’exprimer de nouveau au sein de la marine nationale. L’arbre héroïque de l’évasion du Casabianca masque de nouveau d’un voile pudique la forêt désastreuse du sabordage, la figure de Lherminier achevant de le reléguer au second plan. Officiellement et, sans aucun doute, de bonne foi, l’« exemple de portée universelle à méditer pour le commandement » est mis en avant, tout comme le tour de force tactique de la sortie de Toulon. Reste que c’est une occasion unique pour une sensibilité proche de l’idéal résistancialiste dans sa déclinaison giraudiste de s’exprimer, venant in fine justifier l’attitude de la majeure partie de la marine française jusqu’en novembre 1942. Dans cette perspective, l’armistice jugé plutôt clément a permis de sauvegarder l’ « essentiel », c’est-à-dire la Marine et l’empire. Mieux encore, en prétendant replacer dans son contexte l’itinéraire de Lherminier, la célébration donne l’occasion à la rhétorique de la Révolution nationale de s’exprimer au sein de la Marine41.

  • 42 Hélène ROMANI, « Le Casabianca, tout un symbole », Nice Matin, 6 octobre 2003.
  • 43 Cols Bleus, 13 décembre 2003, n°2684 « Il y a soixante ans, la Corse était libérée ».
  • 44 « Le kiosque exposé devant l’hôtel de vielle de Bastia. Photos communiquées par le MP Lauduique »,(...)
  • 45 BarthélémyCannebotin, « Casabianca, la fin du voyage », Corse matin, 30 septembre 2004.
  • 46 « Du Casabianca »,Cols Bleus, 27 novembre 2004.

33Même si un positionnement idéologique semblable n’a pas été observé, le retournement complet de l’intérêt pour Lherminier qui se manifeste à l’intérieur de l’institution affecte également les bastions corses de la mémoire du héros. Ce regain d’intérêt impulsé par d’anciens combattants motivés et une municipalité active tend à se focaliser davantage autour duCasabianca à Bastia. Le kiosque du sous-marin s’était tellement dégradé qu’il avait dû être découpé, les pièces étant stockées sur la base aérienne de Solenzara42. Aiguillonnés par la perspective du cinquantenaire de la Libération, des anciens combattants emmenés par le major Guy Limongi conduisent la ville de Bastia à décider en 2002 de le reforger à l’identique. En octobre 2003, le nouveau kiosque est inauguré lors de la cérémonie du 60e anniversaire de la libération de la ville, en présence du ministre de la Défense. Michèle Alliot-Marie, des anciens du « Casa », MM. Gicquel et Cardot, et d’une délégation de l’équipage « bleu » du SNA43. Pour l’occasion, il arbore le drapeau tricolore et le fameux Jolly Roger44. Mais il se trouve alors à un emplacement provisoire devant l’hôtel de ville. Ce n’est seulement que quelques mois plus tard en juillet 2004 qu’il trouve sa place définitive, face au monument des martyrs de la Libération sur un socle au niveau du port de commerce. Pour Jean-Baptiste Rafaelli, délégué au patrimoine de la ville de Bastia, « un lien est ainsi établi entre l’armée régulière et les résistants » tandis que le sculpteur George Sorlier déclare que le kiosque « fait partie du patrimoine insulaire »45. On voit que l’attachement et l’enracinement au mythe du Casabianca justifient désormais la création d’un « postiche » afin d’en perpétuer le souvenir. Une nouvelle inauguration du kiosque a donc lieu en octobre 2004 à l’occasion du 61e anniversaire, sous la présidence du capitaine de frégate Marc Véran, commandant du SNA en présence du préfet et du maire avec la pose d’une plaque commémorant les missions du Casabianca en Corse, ainsi qu’un panneau d’informations sur le SNA. Enfin des contacts sont noués avec le lycée Casabianca, des conférences sur les forces sous-marines et sur les perspectives de carrière dans la marine nationale étant dispensées aux élèves46.

34Par un singulier retournement de situation, on revient donc, au milieu des années 2000, à la situation qui prévalait dans les années 40 et 50 quand la marine nationale célébrait la mémoire de Lherminier et de son sous-marin, en faisant un vecteur de rayonnement à des fins de recrutement et de lobbying en faveur du tandem sous-marin-opérations spéciales. Dans le même temps, l’action de Lherminier retrouve une place plus importante au sein de ces manifestations en tant qu’exemple de leadership et de commandement. Cela n’explique qu’en partie pourquoi l’évasion de Toulon est dorénavant et de nouveau autant célébrée que les missions clandestines. Le mouvement observé dans les années 2000 révèle aussi, selon nous, la persistance au long cours d’une lecture de Vichy et du destin de sa marine de 1940 à 1944 inspirée des thèses de Robert Aron.

35Au final, que célèbre-t-on avec Lherminier ? Un héros militaire « classique » à la fois homme exceptionnel et chef remarquable, combattant hors de pair et patriote intraitable. Un type de héros militaire particulier aussi, présenté comme un loup de mer, inscrivant ses pas dans ceux des corsaires et autres pirates. Dans le culte du héros militaire, pacha et bateau sont associés, immanquablement présentés comme un couple inséparable dans la vie comme dans la mort. À l’issue de cette traversée de longue durée à ses côtés, que révèlent cette association et ses modalités ? Apparaît tout d’abord ici l’archétype du marin héroïque qui appartient autant aux cultures navale que maritime. La mise en avant du bateau s’accompagne d’une mise en scène du Casabianca doté d’une personnalité propre, véritable organisme vivant auquel le destin du commandant est lié pour le meilleur et pour le pire. Se manifeste ici l’empreinte durable d’une culture maritime ante-chrétienne teintée de paganisme, reflet d’une structure anthropologique profondément ancrée.

36Mais, l’association de Lherminier à son sous-marin et les qualités extraordinaires qui sont prêtées à chacun expriment aussi un élément récurrent du discours sur les héros militaires par-delà les âges, les pays et les armées. Si le héros est celui qui est capable de repousser les limites de la condition humaine, alors les outils qui lui permettent de réaliser ses exploits sont, par capillarité, dotés de caractéristiques sortant de l’ordinaire. Au charisme exceptionnel de l’un répondent les qualités hors du commun de l’autre. Au-delà du marin Nelson et de son cher HMS Victory, il ne manque pas de gestes exaltant dans le champ militaire des « couples héroïques », d’Alexandre et Bucéphale à Roland et Durandal…

37Si l’on touche ici à un substrat culturel et à des structures mythologiques renvoyant à l’anthropologique, l’historien ne peut manquer de relever que cette association et ses modalités n’échappent pas à la contingence des circonstances de la mise en récit. Très prosaïquement, et en grande partie inconsciemment, les impératifs de la société de consommation et des médias de masse viennent renouveler un schéma narratif éprouvé associant le héros militaire à son arme. Il est en effet aussi un produit sur un marché concurrentiel de la mémoire. Les enjeux et les procédés sont à la fois politiques et commerciaux. À l’arrivée, la célébration du sous-marin à côté de Lherminier permet de rejoindre un public plus large. Dans cette optique, la mise en avant récurrente de certaines parties du sous-marin et de l’itinéraire de Lherminier (sa double amputation, le Jolly Roger, le kiosque…) procède d’une configuration où la grammaire intemporelle de la geste héroïque rencontre les règles du marketing commémoratif et culturel. La célébration de ce héros militaire dans la France de la seconde moitié du XXe siècle ne fait que se greffer sur une structure mythique préexistante.

  • 47 Cf. Danièle Hervieu-Leger, La religion pour mémoire, Paris, Cerf, coll. « Sciences humaines et reli (...)
  • 48 François Hartog,Régime d’historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, coll. « L(...)

38On retrouve une mécanique similaire dans les fonctions politiques et sociales assignées par les différents acteurs au culte du héros militaire. Le jeu des mémoires particulières célébrant la geste du tandem Lherminier-Casabianca se structure autour de véritables « religions » séculières – patriotique, locale ou institutionnelle – dans la mesure où le culte du héros permet, par la métaphore et l’identification, de forger et célébrer une vision partagée du passé. Cette mémoire – et Lherminier apparaît ainsi pleinement comme un lieu de mémoire tel que défini par Pierre Nora – inscrit les contemporains dans « une lignée croyante » par-delà la diversité des choix individuels et les époques47. Cette configuration héroïque renvoie à un rapport au temps encore très présent dans la France de l’après-guerre et, au-delà, sans doute consubstantiel à la culture militaire. L’expérience du temps qui s’exprime à travers le culte du héros – ici un officier de marine – relie et articule très étroitement passé, présent et futur en perpétuant au cœur des ruptures de l’époque « un régime ancien d’historicité » fondé sur l’idéal de continuité et les mécanismes hérités del’Historia magistra48. Dans ce cas, célébrer Lherminier – quitte à éluder sur sa carrière quelconque et ses convictions anti-gaullistes d’avant novembre 1942 – permet d’établir un continuum dans le temps et dans l’espace entre résistances intérieure et extérieure, entre métropole, Afrique du nord et Corse, entre Vichy, l’intermède Darlan, le CFLN et le GPRF.

39Lherminier offre un type de héros militaire qui, autant par ses faits d’armes que par un parcours, rassemble, unifie et réconcilie quel que soit le « lieu » d’où l’on considère son itinéraire. C’est sans doute là que réside la raison principale de la pérennité de son héroïsation consensuelle par-delà les mutations et les reclassements du culte que l’on a pu observer. Célébrer Lherminier permet d’abord de gérer au mieux le syndrome de Vichy qui affecte au long cours l’ensemble de la société française. C’est aussi un formidable levier pour vendre la marine nationale à l’extérieur de l’institution, tout en magnifiant en son sein l’unité du corps, la cohésion des équipages et l’éthique traditionnelle du commandement autour d’une arme sous-marine structurellement en quête de reconnaissance. Vu de Bastia ou Ajaccio, c’est enfin un vecteur précieux pour exalter et replacer la Corse au cœur de la geste nationale. L’Herminier est donc bien, à cet égard, un héros pour tous.

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Notes

1 Paul gerbod, « L’éthique héroïque en France (1870-1914) », dans Revue historique, n° 544, octobre-décembre 1982, p. 409-429 et Jean-François Chanet, « La Fabrique des héros. Pédagogie républicaine et culte des grands hommes de Sedan à Vichy », Vingtième siècle, revue d’histoire, n°65, janvier-mars 2000, p. 13-34.

2 Henri Rousso, Le syndrome de Vichy, Paris, Seuil, coll. « Points histoire », 1990, 414 p.

3 Nous tenons à remercier tous ceux qui ont bien voulu nous recevoir et répondre avec franchise à nos questions, même les plus iconoclastes. Notre gratitude va en particulier au capitaine de vaisseau Sciard, commandant l’escadrille des SNA et aux membres de son état-major, à M. Louis Gicquel ancien du Casabianca et cheville ouvrière de l’amicale des anciens et son épouse, et, enfin, au personnel du SHD-marine de Toulon notamment à Mme Corine Babeix qui n’a ménagé ni son temps ni sa peine pour faciliter notre raid toulonnais effectué au printemps 2008. Nous avons également trouvé le meilleur accueil auprès de M. Vladimir Trouplin, conservateur du Musée de l’Ordre de la Libération aux Invalides.

4 Lettre au ministre de la Marine, 26 septembre 1946, SHD-T 28 S 2.

5 C’est ainsi que l’on nomme, dans le milieu de la Marine, les forces maritimes de Vichy, stationnées en Afrique du Nord avant novembre 1942 et qui ont repris le combat aux côtés des Alliés.

6 À titre d’exemple, voir le reportage de Quatre et Trois. Les 7 jours de l’actualité mondiale, 1er août 1946, n°33 consacré à « ce marin qui a donné la moitié de son corps à son pays ».

7 « Ce héros, qui est un modeste, parle beaucoup de l’héroïsme de ses compagnons, jamais du sien », L’Aube, 24 mai 1950.

8 Lettres du vice-amiral Leclerc au vice-amiral d’escadre Moreau des 6 et 12 janvier 1943 et du 28 février 1943 au sujet de la façon dont est utilisé leCasabianca et aussi sur les « facilités » que prend son commandement par rapport à la chaîne hiérarchique de la Marine. Voir aussi le courrier du 10 août 1943 du vice-amiral d’escadre Moreau au contre-amiral Lemonnier. SHD-M Vincennes TT Y 106. Le colonel Paul Paillole, qui dirige les missions effectuées par le Casabianca au sein des services spéciaux giraudistes, y fait allusion dans ses mémoires. Cet aspect est en revanche gommé dans les souvenirs de Lherminier.

9 Les ordres du jour et comptes-rendus d’opérations conservés au SHD-M et les témoignages de ses pairs et subordonnés montrent que Lherminier a, comme la majorité de ses camarades, servi fidèlement l’État français, manifestant une sensibilité antigaulliste affirmée. De même, il se montre hostile envers l’attitude de Darlan qui signe un armistice avec les Alliés après l’opération Torch, et ce jusqu’au sabordage (SHD-M TT Y 106, témoignages oraux du vice-amiral d’escadre Jean Guillou et de Louis Gicquel recueillis par l’auteur en juin 2007 et mai 2008. On peut aussi se reporter aux échanges de courriers sibyllins et bien peu chaleureux entre Lherminier et le lieutenant de vaisseau Henri Bellet, son second puis successeur en 1949-1950, SHD-T 28 S 1). Lherminier élude par exemple pudiquement dansCasabianca, son livre de souvenirs publié en 1948, - comme dans le manuscrit conservé en 28 S 3 – le fait que la décision de rejoindre l’AFN lui a été en partie imposée par son état-major beaucoup moins réticent que lui à l’idée de rallier les autorités d’Alger. Le capitaine de vaisseau Henri Bellet achève sa carrière comme commandant de l’École des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA) dont il démissionne avec pertes et fracas. Le fait qu’il ne laisse pas de souvenirs publiés concourt par défaut à ce que Lherminier occupe tout le champ mémoriel. Signe des tensions qui traversent l’état-major du Casabianca et l’institution, peu de marins assistent aux funérailles du capitaine de vaisseau Bellet en 1987.

10 Selon l’expression de sa sœur Jeannette Lherminier.

11 Lettres au ministre de la Marine, 5 avril et 26 septembre 1946. Lettre au CEMGM du 4 avril 1946. SHD-T 28 S 2.

12 Copie de la lettre du maire d’Ajaccio à Martine Baretti, 28 décembre 1945 relative à la décision du 24 octobre 1945 du conseil municipal. En fait, cette décision ne fait que reprendre celle prise en mars 1944 par la délégation spéciale d’Ajaccio. COMAR Corse Lettre n°19 du 23 mars 1944. SHD-T 28 S 2.

13 « Je voudrais aussi en terminant associer à la gloire des vivants celle des morts, le courage heureux au courage malheureux, et rendre d’abord hommage à la mémoire même de Louis de Casabianca, marin et conventionnel, fils de la Corse, qui, en 1798, périt avec son jeune fils à la bataille d’Aboukir », discours de COMAR Corse, 1er mars 1947, SHD-T 28 S 1.

14 « Ce fameux Casabianca, nom qui déjà pour les Corses rappelle le souvenir d’un grand soldat. Un sous-marin, portant un tel nom, ne pouvait pour notre petite patrie, ne faire que des prouesses », En l’honneur de la Résistance et de la marine française », tract diffusé en mars 1947 à Ajaccio, SHD-M T 28 S 1.

15 Lettre du 28 août 1947 à Ajaccio au capitaine de vaisseau Lherminier, directeur du SHM, SHD-T 28 S 2.

16 Lettres du 4 avril 1946 au CEMGM et du 5 avril 1946 au ministre de la Marine, SHD-T 28 S 2.

17 Casabianca, Paris, France Empire, 1949, 315 p., réédité en 1955 chez le même éditeur puis chez Presse Pocket en 1963, n°65, 247 p., avec cette fois-ci une photo de Jean Lherminier à son périscope, et, enfin, en 1972, avec ce sous-titre : « le plus moderne des corsaires », 250 p.

18 Voir les très nombreuses photographies et coupures de presse conservées en SHD-T 28 S 1.

19 Martin Motte et Jean de Préneuf, « l’écriture de l’histoire navale française à l’époque contemporaine : un modèle national » in La recherche internationale en histoire maritime : un essai d’évaluation, actes du colloque international organisé par le groupement d’intérêt scientifique « histoire maritime », tenu les 15-17 novembre 2007 à l’Université de Bretagne Sud (Lorient), à paraître dans la Revue d’histoire maritime, n°2/2009 (PUPS).

20 « Mon livre n’est qu’un rapport de mer écrit avec un style sobre. Pas de littérature. J’ai voulu qu’il soit pour mes anciens compagnons leur livre d’or », Le Provençal du Var, 20 février 1952.

21 Lettre au secrétaire d’État à la Marine, Paris, le 6 avril 1949, SHD-T 28 S 3.

22 Voir les nombreuses coupures de presse rassemblées dans le fonds Lherminier, SHD-T 28 S 3.

23 L’officier a demandé que l’ensemble de ses droits d’auteur soient versés à l’ONAC au profit des grands invalides de guerre.

24 Liste des conférences effectuées à ce jour, 17 novembre 1949 et Conférences aux mois de mars, avril, mai, SHD-T 28 S 3. Devant ce succès de librairie, Lherminier récidive en 1952 en publiant chez le même éditeur avec Entre ciel et mer.

25 « Casabianca illustre l’union, dans une même lutte, des combattants en uniforme et sans uniforme. J’insiste la-dessus. Tout est vrai, il n’y a aucune fiction. […] En même temps qu’il exalte le courage français, Casabianca est un grand film de propagande pour la marine française. Il fera œuvre utile car trop de personnes ignorent le rôle qu’elle a joué pendant la guerre », Le Provençal du Var, 20 février 1952.

26 Laurent Douzou, La Résistance française : une histoire périlleuse. Essai d’historiographie, Paris, seuil, Coll. « Points. L’histoire en débats », 2005, 365 p., voir en particulier chapitre 3.

27 Martin Motte et Jean de Préneuf, art.cit.

28 Lherminier ne manque jamais d’évoquer « cette arme en plein développement » dans ses interventions publiques. Voir par exemple Points de vue et image du monde, n° 78, 1er décembre 1949.

29 On trouve le même thème inversé, le sous-marin suivant ici son ancien pacha « dans la mort et dans l’histoire » son ancien pacha lors de la vente de la coque aux ferrailleurs à l’été 1953. « Un marin, un Français, un homme » Bulletin trimestriel de l’ACORAM, n°70, juillet 1953.

30 Site de l’Assemblée nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/IVRepublique/gavini-jacques-25121889.asp, consulté en avril 2009.

31 « Mes compatriotes corses n’oublieront jamais […] Il ressentiront tout spécialement que ce soit à l’un des leurs de vous dire à quel point votre deuil est en réalité le deuil de la nation toute entière, groupée une fois de plus autour de sa Marine qui pleure aujourd’hui la disparition d’un des plus illustres des siens », Cols Bleus, 13 juin 1953.

32 Cf. photos du kiosque. SHD-T 28 S 1.

33 Hélène Romani, « Le Casabianca, tout un symbole », Nice Matin, 6 octobre 2003.

34 Site de l’ordre de la Libération : « Le Mont Valérien »,www.ordredelaliberation.fr, consulté en mars 2008.

35 Paris, Hachette, 1964, 221 p. Un rapide survol du catalogue révèle que seuls deux marins français partagent avec Lherminier l’honneur d’une adaptation dans la collection enfantine. Les deux sont des gaullistes emblématiques, les futurs amiraux Philippon et Jubelin.

36 « Casabianca », Le Goff et Pelaprat, Tintin, n°34, 17 août 1976.

37 Témoignage oral de M. Louis Gicquel, recueilli en mai 2008.

38 Inspection périodique d’entretien et de réparation.

39 Nice Matin, 28 novembre 2002.

40 Cols Bleus, 13 décembre 2003, n°2684 (célébré en même temps que la commémoration de la libération devant le kiosque à Bastia).

41 Dans une tribune parue en 2006, le capitaine de frégate Arnaud d’Ales de Corbet en cherchant à replacer l’itinéraire de Lherminier dans son contexte évoque « l’esprit de jouissance et de facilité » et la « vague de matérialisme qui a envahi la période de l’entre-deux-guerres », pointe un régime parlementaire qui rend les dirigeants « incapables d’agir » face à « une population livrée à elle-même et sans guide » et à « des masses ouvrières [repliées] dans un corporatisme aveugle et contraire à l’intérêt commun ». Enfin, il rappelle les mérites de Pétain « en rien mêlé aux compromissions et autres faiblesses reprochées aux gouvernements de l’époque ». « Le Commandant Lherminier, figure emblématique des forces sous-marines et exemple de commandement », Bulletin du CESM, n°35, novembre 2006, p. 73-77, p. 73.

42 Hélène ROMANI, « Le Casabianca, tout un symbole », Nice Matin, 6 octobre 2003.

43 Cols Bleus, 13 décembre 2003, n°2684 « Il y a soixante ans, la Corse était libérée ».

44 « Le kiosque exposé devant l’hôtel de vielle de Bastia. Photos communiquées par le MP Lauduique », site personnel : http://jlvlino.free.fr/agaasm/PAGE10.htm.

45 Barthélémy Cannebotin, « Casabianca, la fin du voyage », Corse matin, 30 septembre 2004.

46 « Du Casabianca », Cols Bleus, 27 novembre 2004.

47 Cf. Danièle Hervieu-Leger, La religion pour mémoire, Paris, Cerf, coll. « Sciences humaines et religion », 2008 (1re éd. 1993), 273 p., p. 119.

48 François Hartog, Régime d’historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », 2003, 259 p., p. 116-119.

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Pour citer cet article

Référence papier

Jean Martinant de Préneuf, « Un héros pour tous : Jean Lherminier et le Casabianca, figures emblématiques du mythe résistancialiste de 1942 à nos jours », in Claude d'Abzac-Épezy et Jean Martinant de Préneuf (dir.), Héros militaire, culture et société (XIXe-XXe siècles), Villeneuve d'Ascq, IRHiS-Institut de Recherches Historiques du Septentrion (« Histoire et littérature de l'Europe du Nord-Ouest », no 52), 2012.

Référence électronique

Jean Martinant de Préneuf, « Un héros pour tous : Jean Lherminier et le Casabianca, figures emblématiques du mythe résistancialiste de 1942 à nos jours », in Claude d'Abzac-Épezy et Jean Martinant de Préneuf (dir.), Héros militaire, culture et société (XIXe-XXe siècles), Villeneuve d'Ascq, IRHiS-Institut de Recherches Historiques du Septentrion (« Histoire et littérature de l'Europe du Nord-Ouest », no 52), 2012 [En ligne], mis en ligne le 04 octobre 2012, consulté le 05 septembre 2014. URL : http://hleno.revues.org/111

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Auteur

Jean Martinant de Préneuf

Maître de Conférences à l'Université de Lille 3 et membre du laboratoire UMR CNRS 8529 IRHiS

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DE MARCO CASTEL




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Le 27 novembre 2016
l'AGASM rendra hommage aux sous-mariniers des sous-marins Iris, Glorieux, Marsouin, Vénus et  Casabianca  qui ont quittés Toulon le 27 novembre 1942 pour ne pas tomber aux mains des allemands.
Une gerbe sera déposée au monument national des sous-mariniers de Toulon, l'amicale déposante est l'amicale CASABIANCA.
Le président de l'amicale RUBIS lira le texte que vous trouverez en attaché.

Le 27 novembre 1942 à TOULON

Nous sommes réunis au Monument National des Sous-Mariniers, pour rappeler les heures sombres de cette journée, qui a vu le sabordage de la Flotte, mais surtout l’espoir avec l’évasion de cinq sous-marins : Iris, Glorieux, Marsouin, Vénus et  Casabianca dont trois reprendront le

combat avec les Alliés.

A 5 h le 27 novembre 1942, un long coup de klaxon donné par le veilleur de passerelle du Casabianca, a averti l’équipage du rappel au poste de manœuvre.

 

Cinq sous marins ont décidé de tenter la sortie de TOULON dès l’approche des troupes Allemandes. Ces 5 unités sont amarrées dans la darse des sous-marins au Mourillon, cap à l’ouest

 

La Vénus manœuvre en premier et ouvre le passage en abordant la panne qui ferme la passe de la darse. Le Casabianca  met en avant 4 et double la Vénus. Il se dirige à bonne allure vers la sortie de la rade pour faire ouvrir les barrages.

 

De nombreux avion survolent le plan d’eau et larguent des mines magnétiques et des bombes sur la route des sous-marins.

 

Le lieutenant de vaisseau BELLET, Officier en second, révolver au poing, intime au patron du remorqueur d’ouvrir le barrage. Une bombe tombe à une centaine mètres, et a pour effet de finir de convaincre le patron du remorqueur de s’exécuter.

 

Le Casabianca plonge à quelques mètres de la jetée.

Il  ralliera Alger le 30 novembre 1942 à 07 h et reprendra le combat avec les alliés.

 

La Vénus, avec sept hommes à bord, dans l’incapacité de plonger, se sabordera à hauteur de Cépet.

 

L’Iris, sous le commandement de l’officier en second, ralliera l’Espagne et sera interné à Barcelone pour la durée du conflit.

 

Le Marsouin ralliera Alger et reprendra le combat avec les Alliés.

 

Le Glorieux, après une courte escale à Valence, ralliera Oran et reprendra le combat avec les Alliés.

 

Les cendres du dernier membre de l’équipage du Casabianca, Pierre Favreau, ont été dispersées au large de Cépet par le SNA Casabianca le 8 février 2015

 

 

 

Darse des sous- marins au Mourillon

1 Marsouin -  2 Casabianca    3 Vénus –  4 Glorieux    5  Iris

 

Le Capitaine de Corvette L’HERMINIER

Cdt du Casabianca


 

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SOUS MARIN CASABIANCA
Dispersion des cendres de l' ex Second-Maître Pierre Favreau



La cloche du "Casabianca" fait résonner l'Histoire

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L'unique vestige du fameux submersible sera mis aux enchères le 29 juin

Mer - La cloche du Casabianca fait résonner l'Histoire

Sauvé du ferraillage, le kiosque du "Casabianca" avait été exposé au public en septembre 1953, sur les quais de Seine, à l'occasion du salon nautique de Paris.PHOTO ARCHIVES LP

Spécialisée dans la vente d'objets historiques, la maison marseillaise Leclere réserve une bien belle surprise à tous les passionnés d'aventures maritimes en mettant aux enchères, le 29 juin, la cloche de bord du sous-marin Casabianca. Cet objet exceptionnel est en effet l'unique vestige du fameux submersible qui s'était illustré durant la dernière guerre, participant activement à la libération de la Corse (lire ci-dessous) ; des missions à haut risque menées avec succès, de nuit et au plus près du littoral insulaire, par le capitaine de frégate Jean L'Herminier et son équipage.

Après la sortie de flotte du sous-marin en 1956, au terme de deux décennies de bons et loyaux services, puis son démantèlement, seul son kiosque avait pu être préservé et exposé à Bastia. Mais l'imposante superstructure avait fini par se désagréger en raison de conditions de stockage inadaptées. Un nouveau kiosque fut alors reconstruit à l'identique et installé à la même place. Comme le souligne Pierre Porcher, antiquaire à Marseille et conseiller de la maison Leclere pour cette opération, la cloche est donc le seul objet authentique connu ayant survécu au Casabianca ; sa valeur dépassant dès lors largement celle de sa seule masse de bronze. Les experts lui accordent en effet une triple dimension historique, sentimentale et patrimoniale.

Le parcours de cette cloche est d'ailleurs étonnant. Sauvée de la destruction, elle fut remise par la Marine au commandant L'Herminier en hommage à son action décisive. Mais ce dernier, alors très malade, l'offrit à Amédée Aufray qui présidait à l'époque l'Association nationale des anciens sous-mariniers. La cloche fut ensuite remisée dans un placard et l'on finit par en oublier l'existence. Jusqu'à ce que les actuels propriétaires la redécouvrent à l'occasion d'une succession et décident de la mettre aux enchères.

Quant à la mise à prix de l'objet, elle a été fixée à 4000€ ; une somme relativement peu élevée que justifie Guillaume Raoux, responsable de la vente. Selon lui, en effet, elle traduit une volonté de la famille qui détient la cloche, de permettre au public le plus large de revivre cette période glorieuse de notre Histoire et d'enchérir afin de tenter d'en acquérir le dernier et sans doute le plus emblématique des témoignages.

Le "sous-marin fantôme" redonne espoir à la Corse

Surnommé "le sous-marin fantôme" par les Allemands, le Casabianca fut effectivement un modèle de discrétion et de furtivité durant le second conflit mondial, réussissant à chacune de ses missions à échapper à l'ennemi, soit en s'évanouissant dans la nuit et les profondeurs de la Méditerranée, soit en manoeuvrant habilement pour déjouer les tirs adverses. Ce sous-marin de 1500 tonnes, mis en service en 1936, se fait remarquer dès 1940 en mer du Nord, mais son premier fait de gloire est de parvenir à quitter Toulon à la barbe de l'occupant, appareillant en un temps record grâce notamment à des réserves de fioul secrètement reconstituées. Il rejoint alors les Forces navales françaises libres (FNFL) à Alger. Très respecté de son équipage, le commandant L'Herminier bénéficie en retour de l'extrême détermination et de la cohésion exceptionnelle de ses 85 marins. Rien ne les arrêtera plus ; ni les salves ininterrompues de 60 grenades, ni les immersions à plus de 80 m (il n'était conçu pour descendre si bas), ni les navigations en plongée, à l'aveugle, sur des fonds de moins de 35 m. Le Casabianca est alors désigné pour remplir l'une des missions les plus périlleuses de la guerre : portant le nom de code Pearl Harbour, elle consiste à alimenter en armes et en munitions les maquis corses afin de faciliter la libération de l'Île de Beauté. Le sous-marin réussira à débarquer près de 35 tonnes de matériel sur les plages d'Arone, de Chjuni, de Saleccia, de Porto. Plus fort encore, il parvient à déposer dans le golfe d'Ajaccio les 109 hommes du bataillon de choc Gambiez. Cité à de multiples reprises à l'ordre de la Marine, le Casabianca était l'un des rares bâtiments alliés autorisés par l'amirauté britannique à arborer le pavillon noir des pirates, le fameux "Jolly Roger", qui distinguait les navires de combat les plus audacieux.

Philippe Gallini



 

photos internet fassebouck ou ??? JE PENSE PAS LE CASABIANCA


http://perso.orange.fr/sous-marin.france/Q183.htm

 

                                 2017 14 juillet à paris DEFILE DU SNA CASABIANCA





http://www.defense.gouv.fr/marine/navires/sousmarins/casabianca/index.htm

 

http://www.netmarine.net/bat/smarins/casabian/index.htm

SOUS MARINS DE 1500 TONNES

 

http://perso.wanadoo.fr/bertrand.daubigny/SS1500.htm

 

http://perso.wanadoo.fr/bertrand.daubigny/SS1500.htm#casabianca

 

http://perso.wanadoo.fr/bertrand.daubigny/FSS39.htm


SOUS MARINS MUSEE/

 

HISTOIRE DE LA CORSE

Né à Ajaccio, le 24-10-1914. Décédé le 19-03-1943 à Ajaccio.

http://www.resistance-corse.asso.fr/img/biographie/Godefroy_Scamaroni.jpg

Godefroy (dit "Fred"), François-Jules Scamaroni, est né le 24 octobre 1914 à Ajaccio. Son père, mort à 47 ans, d'abord avocat au barreau de Paris, a opté pour une carrière préfectorale qui s'achève dans le Loiret. Sa mère, Charlotte de Peretti, soeur de Jean de Peretti est née à Ajaccio en mars 1891. Fred Scamaroni a deux soeurs, Marie-Claire, l'ainée, et Annick, la benjamine. Cette famille est proche des milieux radicaux-socialistes.

Fred Scamaroni, étudiant en 1934, participe aux côtés de la gauche, aux manifestations de février 1934. Il obtient une licence en droit et passe le concours de chef de cabinet de préfecture. Il fait ses débuts à Besançon après un service militaire effectué à l' Ecole d'officiers de réserve de St-Maixent. En 1937, il est sous-lieutenant au 65e régiment d'infanterie de Nantes.

 

Pendant la Guerre.

Quand la guerre commence en 1939, il est chef de cabinet du préfet du Calvados. Maintenu à son poste civil, il obtient d'être affecté, à partir du 4 septembre, à un régiment de réserve d'infanterie cantonné dans le Nord, puis, sur sa demande, en décembre 1939, à la base aérienne de Tours où il obtient, le 17 mai 1940, le brevet d'observateur en avion. Il est sérieusement blessé deux jours plus tard.
Pendant la période de l'exode, il réussit, le 16 juin, à rejoindre sa base à Tours, puis, avec d'autres officiers de l'armée de l'Air, il gagne St-Jean-de-Luz. Le 21 juin, une opportunité de gagner l'Angleterre s'offre à eux : 110 volontaires peuvent s'embarquer sur deux croiseurs polonais qui arrivent le 23 à Plymouth. Le 26, Fred Scamaroni signe son engagement dans les Forces françaises libres. Volontaire pour l'opération Menace, il quitte Liverpool, le 31 août 1940, vers la Sierra Leone, puis vers Dakar, où il participe, le 23 septembre, à une mission de négociation auprès du gouverneur général Boisson. Immédiatement arrêté, il reste emprisonné dans des conditions très éprouvantes jusqu'en décembre 1940 à Dakar, puis à Bamako et à Alger. Ramené en France, malade, il est transféré à la prison de Clermont, jusqu'à sa libération le 2 janvier 1941.
Révoqué du corps préfectoral, il occupe un poste subalterne au secrétariat d'Etat au Ravitaillement à Vichy, ce qui lui donne des motifs officiels pour se déplacer. Il se rend en Corse en avril 1941 après avoir pu être confirmé comme agent de la France libre. A Vichy même, il a déjà créé avec quelques amis le réseau de renseignement militaire Copernic. Il a pu avoir des contacts avec P.H. Teitgen et H. de Menthon, fondateurs du mouvement Liberté.

Ses objectifs majeurs sont en Corse, son pays natal, dont il mesure toute l'importance stratégique et où il espère un débarquement allié, qui serait préparé et soutenu par le réseau FFL R2 Corse, sous l'autorité du général de Gaulle. Il y fait un deuxième voyage en octobre avant d'être rappelé à Londres en décembre 1941. En 1942, il est intégré à l'état-major particulier de De Gaulle et suit un stage de formation au BCRA . Son pseudo est "François-Edmond Severi". Son ordre de mission pour la Corse, Sea Urchin, est signé le 9 décembre. Le 17 décembre, il est à Alger où le général Giraud ignore le réseau FFL. Il gagne la Corse, occupée depuis le 11 novembre 1942, sur un sous-marin britannique, dans la nuit du 6 au 7 janvier 1943. Il a de faux papiers au nom de Joseph Grimaldi, représentant de commerce. Il débarque dans le golfe du Valinco avec un radio, Hellier, un officier anglais spécialiste du repérage des terrains d'atterrissage, des matériels et des fonds. Il gagne Ajaccio par des moyens de fortune pour rencontrer Archange Raimondi. Il a d'autres contacts avec Antoine Serafini et Fernand Poli.
Dès lors, jusqu'en mars 1943, il a une intense activité de recrutement, de préparation à la réception et au camouflage des armes. Dans le Nord de l'île, il a l'appui de Jean Zuccarelli et des Giacobbi. Il cherche le contact avec les mouvements de Résistance Combat et Libération qui ont les mêmes dirigeants. Il ne parvient pas à créer une structure unitaire. Il rencontre, dès le 10 janvier, Nonce Benielli, pour une action commune avec le Front national (FN). Mais leurs vues sur les problèmes d'autorité et sur le processus de Libération sont divergentes. Le FN préfère le contact avec les émissaires de Giraud.
Le temps va faire défaut à Fred Scamaroni. Il demande le remplacement d'Hellier auquel il ne fait plus confiance. Le 12 mars, un sous-marin anglais débarque un autre radio ainsi que des armes et de l'argent.

Fred Scamaroni sait son réseau en partie repéré, mais veut terminer son travail à Ajaccio. Il y est arrêté par l'OVRA dans la maison des Vignocchi, dans la nuit du 18 au 19 mars 1943. Quelques heures après Hellier et huit autres membres du réseau sont arrêtés la même nuit ; et, pour les autres, la traque va continuer dans les semaines suivantes. Vingt-quatre heures après, Fred Scamaroni, qui a résisté aux interrogatoires, se suicide dans sa cellule de la citadelle d'Ajaccio. le 19 mars 1943, à l'âge de 29 ans. L'évêque d'Ajaccio lui refuse l'absoute.


Hélène Chaubin CD-ROM « La Résistance en Corse » AERI

N.D.L.R. : Louis Luciani conteste la thèse souvent avancée, selon laquelle Ce serait Héllier qui aurait parlé sous la torture. Et aurait-il parlé sous la torture ? combien de purs patriotes résistants n'y ont pas résisté.



En relation avec  le S.O.E. (Special Operation Executive, un service secret anglais), depuis Alger, où les Alliés ont pris pied depuis la 8 novembre 1942, le Général de Gaulle charge Fred Scamaroni d’établir le contact avec la Résistance corse. Pour cette mission, baptisée Sea Urchin (Oursin), Fred Scamaroni sera accompagné par un radio, J.B. Hellier et un Britannique, instructeur en armement, James Anthony Jickell. Ces trois hommes devront débarquer clandestinement sur les côtes corses par un sous-marin.

Partis le 30 décembre 1942 d’Alger, le sous-marin H.M.S. Tribune est retardé par une forte houle. Il atteint le golfe de Lava, au nord d’Ajaccio le 5 janvier. La mise à terre est prévue le 6 janvier à 0 h. 30 mais à cause d’une forte houle et surtout d’un projecteur qui balaye la plage, le commandant Porter renonce et se dirige vers un autre lieu : ce sera la baie de Cupabia, au sud du golfe d’Ajaccio et au nord du golfe du Valinco. Faute de moyens de communications entre Alger et la Corse, la mission n’est pas attendue ; donc il n’y aura personne pour l’accueillir… sauf peut-être les occupants italiens.Le lieu précis de la mise à terre sera la plage du Scogliu biancu (Le rocher blanc).

"A 21 h. 40, Porter détermina la route pour l’approche vers la plage de débarquement et poursuivit sa marche sur ses moteurs principaux. 
"A 23 h. 45, les deux canots pneumatiques, les bagages et une bicyclette pliante, d’un modèle conçu par le S.O.E., furent montés sur l’avant. Les canots furent gonflés et l’assiette du sous-marin fut abaissée sur l’avant. 
"A 00 h. 25, à la position suivante : 41° 44’ N., 08° 15’E., et à 550 mètres du point d’échouage, les deux dinghies furent mis à l’eau et chargés. Porter nota dans le journal de bord que les trois agents embarquèrent avec un moral élevé. A 00 h. 35, les embarcations larguèrent les amarres et se dirigèrent vers la terre selon une route droite, à bonne allure. Ils étaient visibles sur le fond blanc des rochers presque jusqu’à leur arrivée au rivage. La nuit était claire et très étoilée, avec une légère brume vers le large. […] » (1) 
"A 01 h. 25, le débarquement effectué, les canots quittent la plage pour rejoindre le sous-marin qu’ils atteignent vers 02 h. 30. Mission accomplie pour le sous-marin ! Celle de Fred Scamaroni commence.

« Scamaroni se mit en route seul à travers le maquis en direction d’Ajaccio, à 30 km de là, avec sa bicyclette sur le dos. Il laissa Hellier et Jickell près de la plage dissimuler le poste radio, les bagages de l’équipe et une valise scellée dont lui seul connaissait le contenu : elle contenait la plus grande partie de tous les fonds, qui se montait à un million de francs destinés à financer la les opérations de la mission […]. Continuant son chemin à travers la campagne jusqu’à la rivière Taravo, il tomba dans un fossé et s’y endormit jusqu’à l’aube. Puis il poursuivit sa route à vélo vers Ajaccio où il arriva à la nuit tombante, transi et affamé. Sous l’identité d’un voyageur de commerce, il frappa à la porte d’un homme nommé Raimondi, un entrepreneur de travaux publics et propriétaire de cinéma, qui avait été choisi par Achille de Peretti, futur président de l’Assemblée nationale, pour être l’adjoint de Scamaroni à la tête de la mission […].

Jickell  et Hellier, après avoir dissimulé leurs bagages, semblèrent avoir pris la route d’Ajaccio. Poli (Un résistant du mouvement Combat) et un homme du nom de Vignocchi allèrent à leur recherche en voiture et les retrouvèrent, mourant de faim et égarés. Ils furent ramenés à Ajaccio et installés dans une maison sûre. » (1)
Le lendemain, le 9 janvier, Jickell et Hellier, en compagnie de quelques résistants retournèrent sur les lieux du débarquement récupérer les bagages. Ils les retrouvèrent mais une d’entre elles manquait. C’était celle qui contenait des armes, des quartz de rechange pour les postes radio d’Héllier et la plus grande part de l’argent de la mission. Après une enquête rapidement menée, il s’avéra que c’était un jeune berger qui l’avait dérobée. « Après quelques menaces de mort traditionnelles en Corse et une promesses de silence, les parents du jeune berger finirent par rendre la valise et son contenu, dont les trois quarts de l’argent. » (1)

 (1) Ce récit est fait à partir du livre de Sir Brooks Richards «Flottilles secrètes, Les liaisons clandestines en France et en Afrique du Nord. 1940-1944. Ed. MDV. 

A.P.



 



Le H.M.S. Sybil. Extrait de « Flottilles secrètes » (Sir Brooks Richards. Ed. MDV)

En juin, vers le 15*, le sous-marin HMS Sybil (Lieutenant E.J.D. Turner, R.N.) fut envoyé au sud de la Corse avec une livraison d’armes. Il emmenait également le lieutenant R.J. Laming, R.N.V.R. et le premier-maître Sam Smalley, de la section navale du S.O.E. qui formaient l’équipe du convoyage. Il était prévu que Laming rencontre Colonna [Paulin Colonna d’Istria] et s’entretienne de la situation avec lui. Colonna était au point de rendez-vous et vient à bord pour cette discussion pendant qu’on débarquait les approvisionnements. Alors que les embarcations s’éloignaient vers la plage après les derniers chargements, les Italiens donnèrent l’alarme et commencèrent à tirer en direction de la mer. Les patriotes sur la plage parvinrent à se dégager en combattant avec le matériel débarqué, mais Colonna se retrouva coincé à bord du sous-marin. N’arrivant pas à reprendre contact avec ses hommes à terre la nuit suivante, il dut se résoudre à retourner à Alger à bord du navire. Cette mésaventure s’avéra heureuse. Le commandement allié, ayant décidé un grand débarquement en Sicile (Opération Husky), décréta le 21 juin que la libération de la Corse devait être une responsabilité française. [Elle fut bien, exclusivement française].

Maurice Choury, situe l’opération le 9 juin 1943 « Tous bandits d’honneur ». Ed. Piazzola. 2011. Page 64.


Le Sous-marin Sybil à Travo.

Le récit de Dominique Lucchini (Ribellu)

L'équipe comprend outre Colonna [Paulin], Jean [Nicoli], Jules [Mondoloni] et moi: Bébé Arrighi, Dominique Vincetti et un gars du Niolo. Elle se rassemble à la ferme de Dominique Poli près de l'embouchure du Travo où se trouvent déjà Poli, dit le Douanier, et un meunier de la région. Nous partons en reconnaissance et nous repérons un poste italien en surplomb de la plage. La nuit venue, nous nous rendons au point fixé. Un canot, venu sans attendre les signaux, débarquait déjà les armes! Le chef du commando de débarquement, un Anglais, nous dit, en montrant les lourdes caisses: «Demain soir encore autant», et repart après avoir embarqué Colonna, celui-ci désirant prendre contact avec le commandant du sous-marin. A ce moment, le poste italien ouvre le feu. Pendant que nous cachons les caisses, le canot rejoint le sous-marin dont le kiosque seul émerge, et Colonna reste à bord. Une mitrailleuse s'enraye après avoir tiré trois coups. Le sous-marin n'est pas atteint[1]. Le groupe se replie dans un champ de blé. C'est tout de même malheureux de voir arriver les premières armes et de les laisser là! On retourne donc sur la plage et jusqu'au jour on coltine les caisses qu'on répartit en trois dépôts, le dernier au-dessus de la ligne de chemin de fer pour pouvoir l'évacuer rapidement en montagne en cas de nouvelle surprise.

Le lendemain matin, je retourne à la plage accompagné du meunier pour voir si nous n'avons rien oublié. «N'allez pas vous faire  remarquer avec vos mitraillettes», nous dit Jean Nicoli, et il me donne son revolver d'ordonnance et au meunier un colt. Nous retraversons le champ de blé. Avant de me diriger vers la plage, je veux observer le secteur. Au moment où je lève les bras pour saisir les basses branches d'un gros poirier sauvage, j'aperçois trois carabiniers sur le chemin bordant le champ. Je fais signe au meunier et nous filons à quatre pattes dans les blés. Comme nous arrivons à un mur de pierres sèches, nos trois poursuivants[2] surgissent et crient: «Pianta o sparo[3]» en nous mettant en joue. Le meunier reste debout. Je me dis: si je me sauve, ils le tuent. Et je me lève...

Documenti?

Je sors ma carte d'identité Le lieutenant fouille mon portefeuille. Les deux carabiniers sont des colosses. Comment s'en débarrasser?

Vous allez nous suivre à Solenzara pour vérification d'identité. 

Nous voilà partis vers l'embranchement qui mène à la ferme de Dominique Poli, moi devant, encadré des deux carabiniers, le meunier derrière, un filet de pêche sur l'épaule et parlant avec le lieutenant.

Je me dis: il va le descendre avec son colt et je m'occuperai des deux autres. Rien. On arrive sur la route nationale. Le lieutenant s'isole dix minutes avec le meunier et revient en criant aux carabiniers: «Fouillez-le.»

Je me revois, avec le veston noir que m'avait donné Jean et le chapeau gris tout neuf de Colonna!

Pendant que les carabiniers retirent l'arme de l'épaule pour me fouiller, je fais le geste d'ouvrir tranquillement la veste en disant: «Vous pouvez vérifier, je n'ai rien sur moi.»

En l'espace d'un éclair - l'esprit est agile dans ces cas-là - je pense: s'ils me prennent le revolver, ou bien ils me tuent ou bien ils me passent les menottes et quand les copains les attaqueront tout à l'heure, les carabiniers me descendront. Je sors le revolver. Avant que j'aie pu tirer, six mains s'abattent dessus, essayant de me faire baisser le canon et vider le chargeur. L'instinct de conservation décuple mes forces: ils avaient beau m'appuyer sur l'index, il était de fer. Pas un de mes trois adversaires ne pense à me lâcher pour prendre du champ et m'abattre!

Dans la lutte, un des carabiniers met la paume devant le canon. Je tire. La main percée, il s'écarte, bousculant le second qui lâche mon revolver, et me prend à bras le corps. J'appuie l'arme sur son bras et je tire. Deux coups. Il tombe. L'homme à la main blessée saute à nouveau sur mon revolver et le lieutenant me bondissant sur le dos essaie de m'étrangler. Je lui fais un croche-pied, il bascule dans le fossé, pendant que je tombe à la renverse sur celui qui me bloque le bras droit. D'un coup de tête, j'envoie rouler à nouveau le lieutenant qui essayait de se relever. L'autre, toujours me tenant le bras, me bâillonne de sa main blessée. D'un coup de dents, je lui broie les doigts. La douleur lui fait lâcher prise. Je lui envoie les pieds dans la figure. Il tombe en arrière. «Pan! Pan!» je le liquide. Je vise le lieutenant qui s'enfuit, mais je n'ai plus de balles. J'avais dû tirer un coup de plus que je ne croyais. Le carabinier blessé au bras, que j'estimais hors de combat, essaie de me coucher en joue avec son mousqueton. Je le prends à bras le corps et, de toutes mes forces, je le lance par terre sur le crâne. Le lieutenant s'était évaporé...

Au village, on prélève sur la demi ration de pain pour ravitaailler les gars du maquis

Au premier plan à gauche, lelégendaire Ribello, la terreur des carabiniers

 

Tout cela se passait à soixante mètres d'une baraque abritant le poste de garde d'un pont. Pour donner une idée de la rapidité de la bagarre, les hommes de garde, assis à l'ombre sur le pas de la porte, au premier coup de feu, ressortaient seulement du poste, mousquetons en main, quand j'achevais le deuxième carabinier...

Quelques minutes plus tard, toute l'équipe, sauf le meunier (il s'était constitué prisonnier une deuxième fois) se retrouve, sans s'être donné le mot, au troisième dépôt, au-dessus de la ligne de chemin de fer. Nous en récupérons les armes et nous nous séparons, après avoir franchi les montagnes, dans la région de Zicavo. Dominique Vincetti et Bébé Arrighi prennent le train à Vivario pour rejoindre Bastia. Jean Nicoli et Jules Mondoloni. en descendant sur Ajaccio, s'accrocheront avec une patrouille, près de Petreto-Bicchisano.

Dans la région de Serra-di-Scopamène, j'organise une équipe de muletiers pour récupérer les deux derniers dépôts et je repars sur le Travo où je fais chou blanc. Dominique Vincetti m'avait devancé. Il avait remis les armes aux patriotes du Fium'Orbo.»

 



[1]     Il ne tentera rien le lendemain et rejoindra Alger. Colonna d'Istria ne pourra revenir que le 3 juillet

[2]     Sous-lieutenant Augusto Zancanti, carabiniers royaux Ulmati et Piocchi, du 29eme bataillon

[3]

Le H.M.S Trident. A l’embouchure du Travo. 6 avril 1943.

Récit de Sir Brooks Richards. Flottille secrètes. Pp 871, 872.

Alors que la H.M.S Trident se trouvait  en plongée dans la journée précédent l’opération, Newstead (Le lieutenant commandant de bord) reçut un message déplaçant le rendez-vous à un point situé à 20 miles plus au sud, à l’embouchure  de la rivière Travo.

L’opération elle-même qui eut lieu la nuit du 6 avril, avec une lune à son quartier, fut relativement simple : l’équipe S.O.E. se rendit à terre en pagayant vers la terre dans un canot pneumatique, guidée par Courtney et Lunn dans un canoë Folboat, dont la tâche était de maintenir le groupe au bon cap vers l’embouchure de la rivière. Ils approchèrent du rivage en silence, les parfums du maquis portés par le vent devenant plus forts et plus lourds. […]

Une fois à terre, les hommes débarqués du pneumatique abandonnèrent toute retenue et se joignirent aux hommes du comité de réception, en leur parlant à haute voix. De Saule dit à Colonna d’entrer en contact avec Pierre Griffi, qui le mettrait au courant de la situation […]

Courtney et Lunn étaient impatients de repartir : de Saule et Jickell, qui avaient échappé à l’arrestation lors de la capture de Scamaroni et d’Hellier par l’OVRA, furent accompagnés dans le dinghy que remorquait le Folboat. […]

Bien que de Saule ait été recueilli, d’autres personnes associées à sa mission Pearl Harbor devant être évacuées s’étaient rendues au rendez-vous d’origine sur la côte à 20 miles plus au nord, au cas où le message changeant le point de rendez-vous ne serait pas parvenu au sous-marin. Aussi Newstead vira vers le nord en espérant les recueillir ; parmi elles, devait se trouver Pierre Griffi, l’opérateur radio de de Saule. […] La tentative échoua.


     «Halte ou je tire»