SOUS MARINS CURIE  PHOTOS JEAN YVES SARDELLA 

SON  PÈRE A NAVIGUE SUR CE FIER BÂTIMENT SI VOUS AVEZ DE LA DOCUMENTATION CONCERNANT CE BÂTIMENT

homme d'équipage retrouve:  Jean-Louis Gloaguen

sortie d’un livre " Le sous-marin Curie " à commander à son auteur : Jean-Louis Gloaguen 342, rue François Merrien, 29760 Penmarch ( 155 F)

VEUILLEZ NOUS LES COMMUNIQUER  

jlvlino@gmail.com

 

Les sous-marins ont été particulièrement actifs :

                                                       

 

 

                                                                                                         

 

   

VISITE DU GÉNÉRAL DE GAULLE  SUR LE SM CURIE


 

CURIE

 

Sous-marin anglais de la classe "U", ex HMS VOX, ex P 67.

 

Caractéristiques

Déplacement : 626 tonnes en surface, 721 tonnes en plongée.

Dimensions : 60 m x 4,88 m x 3,88 m

 

Propulsion électrique : 2 diesels Paxman, 2 moteurs électriques

Puissance en surface 800 ch, en plongée 760 ch.

Vitesse : en surface : 13 nœuds, en plongée 9 nœuds.

 

Armement : 1 canon de 76 mm, 4 tubes lance-torpilles de 533 mm (étrave), 8 torpilles.

 

Équipage : 37 (4 officiers, 33 hommes).

 

Le sous-marin CURIE est transféré aux forces navales françaises libres le 1er mai 1943. Après un entraînement  poussé il effectue une patrouille sur les côtes de Norvège du 29 juin au 16 juillet 1943.

Avant le 3 août 1943, date de la fusion des FNFL avec les forces maritimes d'Afrique du Nord,  le bâtiment passe environ 60 jours à la mer et 192 heures en plongée.

Durant cette période il est victime d'une avarie aux hélices le 21 mai 1943.

Le 3 août 1943 il est au mouillage à Holy Loch.

Nom du commandant (durant la période FNFL) : CC SONNEVILLE.

(d'après HISTORIQUE DES FORCES NAVALES FRANCAISES LIBRES  Tome 1 2ème édition Service historique de la marine 1990).

 

 

Dans la nuit du 21 au 22 juin 1944,  le sous-marin CURIE bombarde des chantiers de construction de batteries côtières au cap Gros près de Port-Vendres et il observe, au cours de ce tir, trois fortes explosions.

Quelques semaines plus tard, le CURIE incorporé dans une flottille britannique opère dans le Dodécanèse : il torpille un premier cargo le 3 août 1944, puis, le 2 octobre en coule deux autres le ZAR FERDINAND et le  BRUNHILD (ex français BACCHUS, navire citerne à vin).

(d'après LES SOUS-MARINS FRANÇAIS DES ORIGINES A NOS JOURS de H. LE MASSON aux éditions de la Cité à Brest - 1980)

 

 

1945                  

le CURIE arrive à Brest le 14 juin venant de Plymouth. Il quitte Brest le 30 juillet pour Lorient où il   va rentrer en carénage.

A compter du 1er août 1945 le CURIE est en carénage à Lorient jusqu'au mois de mars 1946.

1946

Après avoir terminé son grand carénage à Lorient, le bâtiment rallie La Pallice le 23 mars. Il est ensuite détaché pendant un mois à l'école d'écoute de Casablanca.

Durant les mois d'avril et mai il reste détaché à l'école d'écoute de Casablanca puis effectue une croisière en Méditerranée.

De nouveau détaché à l'école d'écoute du 14 juillet au 31 août.

Le CURIE est rendue à la marine britannique en septembre 1946.

(d'après la collection des comptes rendus d'activité de la marine pour la période comprise entre le 1er juin 1945 et le 1er janvier 1947 - Etat major général de la marine).

 

 

Symbolique (voir description page suivante)

 

-          Le fanion du sous-marin CURIE (ex HMS VOX) est conservé par la base sous-marine de Toulon.

-          Un insigne a été réalisé conformément au motif symbolique par la société ARTHUS BERTRAND (nom au verso). Une deuxième fabrication aux couleurs plus claire existe sans marque de fabricant.

-          Ruban légendé : le ruban légendé au nom du CURIE n'a jamais officiellement existé. Les quartiers-maîtres et matelots portaient le ruban F.N.F.L. jusqu'au mois d'   puis le ruban MARINE NATIONALE.

(Toute autre information sur le sujet sera la bienvenue).


EXTRAIT DE L'OUVRAGE de A. TRUFFERT  "AUX POSTES DE COMBAT" (éditions G.P. PARIS 1945)

 

 

Chapitre 7  -  SOUS-MARINS

 

 

CURIE

 

 

 

Un sous-marin tout bleu construit par les anglais pour la France combattante, premier d'une série de trois ("CURIE", "MORSE", et "DORIS") et qui au mat de beaupré, arbore le pavillon à la croix de Lorraine.

Comme devise "A corps perdu". Comme symbole un cerf, dont la tête et les bois figurent sur l'écusson, en u n mouvement semblable à celui que l'on peut voir aux antilopes dans les bas-reliefs antiques. Sur le kiosque, une seule inscription "POLA 1914".

 

C'est qu'en effet le "CURIE" renoue une tradition qui est très chère à la marine, celle du sous-marin qui, portant déjà le nom illustre d'un grand savant français, s'illustra sous les ordres du lieutenant de vaisseau O'BYRNE contre la flotte austro-hongroise pendant la première guerre mondiale.

…./….

Le souvenir de Pola était présent dans la pensée de tous ceux qui assistaient à la remise du nouveau "CURIE" aux forces navales françaises par les chantiers Vickers. C'était une cérémonie toute simple où était présent le général de GAULLE et où les marins anglais rendaient les honneurs à l'équipage français ainsi qu'à son chef. La flamme des F.N.F.L. et le pavillon tricolore sont montés à ses mâts. Et le nouveau "CURIE" est au combat, à corps perdu, selon sa fière devise, d'où il a rapporté la citation suivante :

 

"Sous le commandement du lieutenant de vaisseau CHAILLEY, a attaqué successivement deux convois fortement protégés, coulant trois bâtiments ennemis, subissant à cette occasion un violent grenadage. Au cours de ces engagements qui se sont déroulés, le premier en surface, le deuxième en plongée, à proximité des côtes occupées par l'ennemi, l'état-major et l'équipage ont confirmé les qualités magnifiques d'ardeur, de courage et de sang-froid qui leur avaient permis de remporter déjà de nombreux succès.

Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec palme au lieutenant de vaisseau CHAILLEY."

 

Le lieutenant de vaisseau CHAILLEY est le fils du second du "CURIE" de Pola, englouti en 1914 avec le sous-marin.

 

 avec l'aimable participation du texte Jean LE GOUIN


 



SM EX anglais type Vox
N) de coque P67
Lancement le 23/1/43
621 ton.
760cv
Retiré le 17/9/46
Rétrocédé à la marine britannique
4 tubes de 533
1 canon de 1-3'


Bâtiment remis par les anglais aux FNFL
Le pavillon français fût hissé le 22 avril 1943
Jusque en août 1943 il participa à des entraînements puis effectua  des
missions de patrouille sur les côtes de Provence, Italiennes et en
Méditerranée. Le 3 août 1944il torpilla un cargo ennemi  puis il gagna
Toulon le 22 septembre 1944 d'ou il repartit pour un nouveau secteur de
patrouille, la mer Egée.
Durant le mois d'octobre il attaqua 4 bâtiments et en coula 3.
Basé à Toulon le 29 septembre 1944 il effectuera des excercices.
Il quitta ensuite la cote méditerranéenne pour l'Angleterre.
Le 21 mai 1944 il parti pour Casablanca et revint ensuite sur Brest puis
Lorient en juillet 1946.
Le 30 août 1945 il appareilla pour La Palice d'où il gagna Portsmouth le 27
septembre 1946.
Le même jour il fut restitué à la Royal Navy


 

    


 

Je t'envoi une photo, prise à Malte en 1944.
Quelques hommes du Curie, dont mon père (flèche).
Cette photo a été prise par JL Gloagen (d'ap. renseignements)
Le chien, c' était  Radium, la mascote du Curie.
La photo de Malte où se trouve mon père m'a été transmise
très sympathiquement par J-Daniel Séguinard

Le nom des 5 sous-mariniers sur la photo de Malte 1944, où il y a mon père.
De gauche à droite debouts :
ROSEREN Michel, GOURGEN Françis, SARDELLA Jean, DESVIGNES Raymond
Accroupis :
VIEILLERIBIERE J. dit "le baron", FERRENQ Maurice et RADIUM la mascote.

2/ Extrait du livre "Le Curie" de Jean-Louis GLOAGUEN, avec son accord :
"(...)  Le Curie venait d'égaler un ancien record en torpillant 3 navires en 24h, ce qui était exceptionnel dans les annales de la guerre sous-marine. (...)
Le 13 octobre 1944, peu avant midi, nous sommes arrivés à Malte.
Le CaptainS10 nous attendait sur le quai avec un groupe d'officiers et de personnel de la base pour les 3 "hourra !" traditionnels.
Toutes les sirènes de la vingtaine de navires présents se sont mis à hurler. Ce fut un beau charivari qui intrigua tous les terriens entre La Valette et Slima.
Un moment inoubliable."

s 


Relevés de tirs du SM CURIE  

2/3/44   13h53  Cdt CHAILLEY    sur U-J 6073 (1060tjb) ex. NIMET-ALLAH , U-J 6075         Cap CEPET     4  torpilles manqué (à terre)  
2/4/44   19h58  Vedette de sauvetage allemande N° 583 de St-Tropez Artillerie (6x76mm) manqué  
7/12/43  Cdt SONNEVILLE   Cible MFP 518 (220tjb)   1 torpille Cap Camarat manqué  
12/5/44 19h33  Cdt CHAILLEY    Côte français en pêche        Artillerie   10x76  La Ciotat manqué  
17/5/44  21h04   F ve-01 (32tjb) ex. Yacht Provence  1 torpille Port-Vendres manqué (à terre)  
21/6/44 21h48    Phare et batterie Fla. Ab.983        14x76 mm  Port-Vendres manqué  
13/7/44 00h08  MFP 812-MFP 940 (220tjb)  2 remorqueurs TO 02 ex Marie-Thérèse, TO 04 ex Rosette(6tjb), TO 09 ex Rorozézette (8tjb)    Cap Cépet  3 Prahmes   Manqué  
13/7/44 00h09    MFP 812 MFP 940 (220tjb) 1 torpille Cap Cépet manqué  
13/7/44   04h05     MFP 812, MFP 940 (220tjb) 2 torpilles cap Cépet  manqué (à terre)  
13/7/44 21h44   M/S PASCALI (4139tjb) italien convoi n° 5476,            en protection : 3 escorteurs S-G 16, S-G 21,U-J 6073 cap Cépet manqué  
3/8/44 22h13 M/S PASCALI  (4139tjb) italien, Protection avec 3 escorteurs, La Ciotat manqué  
2/10     19h04 GM 03 (125tjb) ex NETLEGER XII EX SALAMIS  3 torpilles, Skiathos coulé  

                                                                                                                                                                                                                           


 

 


 

ROLE DE L’EQUIPAGE DU CURIE

(Source : « Le Curie » de Jean-Louis GLOAGUEN)-avec son accord-

 

 

 

 

 

ETAT MAJOR :

  Cdt              (L de V)                 SONNEVILLE Pierre  
   Cdt           (L de V)                 CHALLEY Pierre-Jean  
Lt                 (E de V)                 BRUNET Jean-Pierre  
Lt                 (E de V)                 A’WENG François  
Lt                 (E de V)                 ALLEAUME Philippe  
Lt                (E de V)                 PETIT Jean  

Pierre Sonneville

Début mai 1943, il prend le commandement du sous-marin Curie que la marine britannique vient d'offrir aux FNFL et recommence les patrouilles en Mer du nord et en Méditerranée.

Début février 1944, Pierre Sonneville quitte la Curie et, après un cours séjour à Alger nécessaire à son affectation au Bureau Central de Renseignements et d'Action de Londres (BCRAL), il arrive en Grande-Bretagne le 20 février.

http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/931.html

 

OFFICIERS MARINIERS ET EQUIPAGE

 

MECANICIENS :                          Pr Maître                   GUIVARCH François  
  Maître                                   DEBOOS Marc  
  Sec. Maître                   BOUVRANDE Raymond  
  Sec. Maître                   MELINAT Robert  
  Sec. Maître                   LE FILOUX  
  Qu. Maître                   GUILLAUME Robert  
   Qu. Maître                   GOURGUEN François  
  Qu. Maître                   ROSEREN Michel  
  Qu. Maître                   PEPIN Pierre  
  Qu. Maître                   DESVIGNES J.  
  Qu. Maître                   VIEILLERIBIERE J.  
   Qu. Maître                   FILIPPINI Benoît  
  Qu. Maître                   AMOUROUX  
  Qu. Maître                   SARDELLA Jean  * retrouvé son fils
  Qu. Maître                   FERNON Charles  
  Qu. Maître                   GLOAGUEN Jean-Louis  * (role de l'equipage)
ELECTRICIENS  Sec. Maître                   RABANEL Yvon  
  Qu. Maître                   CHAILLOUX Max  
  Qu. Maître                   FERRENQ Maurice  
  Qu. Maître                   ROUSSEAU J.Jacques  
  Qu. Maître                   JAILLET  
CANONNIERS :  Qu. Maître                   EVEN Georges  
  Qu. Maître                   CLAIREAUX Georges  
Timoniers-Manœuvriers :    Sec. Maître                   TOUSSAINT Henri  
  Qu. Maître                   ABAZIOU François  
  Qu. Maître                   PIERRE Joseph  * article en fin de page
  Qu. Maître                   DIOT Jean  
  Qu. Maître                   REGUER  


cliquez pour agrandir l'article

cury.jpg (178254 octets)

CurieCentrale.jpg (62671 octets)     CurieCentrale1.jpg (61646 octets)   curieequip.jpg (117962 octets)

 


  RÔLE D’ÉQUIPAGE - ANNEXE

 

TORPILLEURS :   Maître                                   CARVAL
  Qu. Maître                   CORON Jean  
  Qu. Maître                   DUBOURG Albert  
  Qu. Maître                   SERCOURT Max  
  Qu. Maître                   MORVAN Pierre  
  Qu. Maître                   BOLLE Maurice  
RADIO Radar Asdic    Sec. Maître                   RAHIER Roland  
  Qu. Maître                   KUENTZ Maurice  
  Qu. Maître                   MOREL Guy  
   Qu. Maître                   SLANAY Richard  
  Qu. Maître                   MEUDIC Yves  
FUSILLIER-MARIN :   Qu. Maître                   WILLIAM Antoine  
CUISINIERS :   Qu. Maître                   FAUCON Pierre  
  Qu. Maître                   ROCCA  
Maîtres d’hôtel :   Qu. Maître                   LOPEZ
  Qu. Maître                   NEGRO  
Service de liaison britannique :    Sub. Lt RNVR                    COX D.  
  Leading Telegraphist                WILSON T.  
  Leading Signalman                WALLACE W. 
DEROGATOIRE MULTIGRAD

RADIUM  Scottish Terrier  

Offert par la marraine du Curie : Mrs LINDSAY CARNEGIE  

 

                                         

 

 

Bonjour
Auteur du site de modélisme naval http://bateaux-alain.chez.tiscali.fr/
, je commence à présenter la réalisation du curie radiocommandé de Guy
Boniface. Je vous invite à vous rendre sur la page
http://bateaux-alain.chez.tiscali.fr/curie.html . En faisant des
recherches sur le net je suis tombé sur votre site. Il m’a alors semblé
intéressant de mettre sur sa page
http://bateaux-alain.chez.tiscali.fr/curie%201.html un lien vers votre
page http://www.chez.com/venturajl/sous_marins_curie.htm.
Je vous demande donc l’autorisation de le faire.

Cordialement


Alain CLAVERIE

 

Nouvelles photos souvenirs de monsieur Charles Salducci, membre de l'équipage du SM CURIE
 avec le commandant Chailley qui avait succédé au commandant Sonneville, et ce jusqu'à la fin de la guerre.
Photos aimablement transmises par son fils résidant en Isère.
 
Légendes :
Photo : Equipage sous le kiosque (flèche orangée : mon père, flèche verte : Charles Salducci)
Photo : A terre devant la Croix de Lorraine, avec Radium, la mascotte. (flèche : Charles Salducci)
A remarquer le journal "Franc Tireur" un des journaux de la Résistance.
Photo : Ruban légendé : "Sous Marin Curie".
Ce ruban n'a jamais  officiellement existé. Pourquoi ?
Photo :Le SM Curie en surface
 
 Jean-Louis Gloaguen membre du glorieux équipage et auteur de l'ouvrage sur le SM Curie,
nous a hélas quitté en février 2006.

 

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L’audacieuse attaque tentée par le sous-marin Curie

« La chance sourit aux audacieux », dit-on. Mais pas toujours…. Affecté à Bizerte, à la 2ème Escadrille de la 1ère Armée Navale, le lieutenant de vaisseau John Joseph Gabriel  O’Byrne, commandant du sous-marin « Curie », de type Brumaire, reçoit l’ordre, en décembre 1914, d’attaquer la flotte austro-hongroise, alors au mouillage au port croate de Pola, qui se dérobait face à la flotte française en mer Adriatique.

Quelques jours auparavant, le commandant du Curie avait reçu l’ordre de retirer un système de filières qu’il avait imaginé afin d’éviter de voir les hélices et les gouvernails de son sous-marin être pris dans les filets protégeant les ports adverses pour y installer à la place un dispositif de défense « réglementaire » totalement inefficace. Cette décision ne sera pas sans conséquences pour la suite.

« Nous sommes en guerre et j’ai reçu un ordre. Ordre médiocre, j’en conviens, mais pas absolument mauvais. Les chances de réussir sont réduites, mais non tout à fait supprimées. En réclamant contre mon chef direct, je donnerais l’exemple de l’indiscipline », confiera le commandant O’Byrne à son camarade Paul Chack, également officier de marine et futur écrivain qui sera fusillé en 1945 pour avoir collaboré avec les nazis.

Conçu aux chantiers navals de Cherbourg quelques années avant le début des hostilités, le Curie est à propulsion diesel alors que  la plupart des submersibles de l’époque sont à vapeur. Pouvant évoluer à 8 noeuds en plongée (13 noeuds en surface), il dispose de 7 tubes à torpilles de 450 mm  (1 à l’étrave et 6 à l’arrière). D’une longueur de 52 mètres et d’un déplacement en plongée de 551 tonnes, il est mis en oeuvre par un équipage de 25 marins. Pour le commandant O’Byrne, il n’était alors plus que temps de passer à l’action et de montrer de quoi était capable le navire qu’il lui avait été confié.

Malgré un navire alourdi par les fameuses défenses « réglementaires », le sous-marin Curie, avec 10 jours de vivres à bord, est remorqué, le 17 décembre, par le croiseur Jules Michelet pour économiser du combustible. Son commandant dispose d’une « carte secrète », sur laquelle sont censés être marquées les défenses du port du Pola.

Deux jours plus tard, la chance sourit au sous-marin français : il croise un cuirassé de type Radetzky qui rentre au port. Le commandant O’Byrne va s’en servir de « pilote » pour entrer dans la rade de Pola, avec la perspective de réaliser un « joli carton » étant donné qu’une bonne partie de la flotte austro-hongroise y est réunie avant d’entamer la semaine de Noël.

Tout semble aller pour le mieux quand, le sous-marin, alors en plongée périscopique, accroche les mailles d’un filet défensif. En fait, un câble s’est pris dans le gouvernail milieu du Curie. Commence alors une lutte acharnée qui va durer des heures pour le désengager tout en tentant d’éviter de se faire remarquer par la marine austro-hongroise.

Mais à cause des remous provoqués par les manoeuvres pour se libérer du câble, le sous-marin  est repéré. Pire, au cours de l’une d’entre elles, le Curie se cabre et son étrave crève la surface. Les marins austro-hongrois vont alors canarder la position et même y jeter de lourdes chaînes. Mais ce n’est encore pas suffisant pour avoir raison du navire français, qui tente une énième fois de se défaire du câble qui l’empêche d’évoluer. « Un dernier coup, mes garçons, pour la France, pour l’honneur du vieux Curie », lance le commandant. Il émerge de nouveau, 2 heures plus tard, mais il est encore accueilli par des salves ennemies.

La situation à bord devient critique. Les accumulateurs sont épuisés, il n’y a plus d’électricité et l’atmosphère devient irrespirable. Et il n’y a plus d’espoir. Le commandant O’Byrne va tenter un dernier coup. Après avoir détruit tous les documents confidentiels du bord alors que le sous-marin est en plongée, il donne l’ordre à l’équipage d’évacuer le Curie, son idée étant de purger les ballasts en grand pour le faire couler.

Le Curie refait surface à la nuit tombée. Ses marins, rassemblés sur le pont reçoivent une grêle de mitraille. Certains tombent dans l’eau glacée, ce qui, paradoxalement, les sauvera. Le second du sous-marin, l’enseigne de vaisseau Pierre Chailley, qui organise l’évacuation, est fauché : son corps, criblé de balles, ne sera retrouvé que 3 jours plus tard. Quant au lieutenant de vaisseau O’Byrne, il est resté à bord pour s’assurer du sabordage de son bâtiment. Toutefois, des éclats d’obus le blessent grièvement. Le quartier-maître électricien Salaun, également touché, reviendra à bord chercher son commandant…

Les survivants sont ensuite recueillis à bord du croiseur Sankt-Georg et du Dreadnought amiral Viribus Unitris. Les marins austro-hongrois sont stupéfaits et admiratifs par l’audace de leurs homologues français, qui ont pu rester pendant deux jours dans la rade de Pola sans se faire repérer. Quoi qu’il en soit, cela ne leur évitera pas d’être internés au camp de Deutsch-Gabel. Le commandant O’Byrne, gravement touché, ne survivra pas à ses blessures. Echangé en 1916 contre un officier autrichien, il décédera à Grenoble peu de temps après son transfert. Il sera coté à l’ordre de l’Armée navale : « A fait preuve du plus grand héroïsme en pénétrant au fond d’un port ennemi malgré la multiplicité des moyens de défense, a lutté avec la plus grande énergie pour échapper à l’ennemi, et a coulé le bâtiment pour éviter qu’il ne tombe entre ses mains ».

Quant au Curie, la marine austro-hongroise réussira à le renflouer et le remettra en service sous le nom de U-14. Il ne sera rendu à la France qu’après l’armistice. Réintégré au sein de la Marine nationale, il sera finalement désarmé en 1928.


En savoir plus sur
http://www.opex360.com/2013/11/11/laudacieuse-attaque-tentee-par-le-sous-marin-curie/#TPtyDwutR2XQZhKM.99