le Rubis effectue 28 missions de guerre, mouille 683 mines
auxquelles on attribue la perte de 16 unités ennemies
la Minerve et la Junon effectuent de très nombreuses
patrouilles sur les côtes de Norvège à la recherche des cuirassés Bismarck
et Tirpitz ou en missions spéciales et périlleuses de débarquement
d’agents secrets
le Curie s’illustre en Méditerranée où il réussit au cours de
sa 13e patrouille la destruction en quelques heures de trois cargos
VISITE DU GÉNÉRAL DE GAULLE SUR LE SM CURIE
CURIE
Sous-marin anglais
de la classe "U", ex HMS VOX, ex P 67.
Caractéristiques
Déplacement : 626 tonnes en surface, 721 tonnes en plongée.
Vitesse : en surface : 13 nœuds, en plongée 9 nœuds.
Armement : 1 canon de 76 mm, 4 tubes lance-torpilles de 533
mm (étrave), 8 torpilles.
Équipage : 37 (4 officiers, 33 hommes).
Le sous-marin CURIE est transféré aux forces navales françaises
libres le 1er mai 1943. Après un entraînementpoussé il effectue une patrouille sur les côtes de Norvège du 29 juin
au 16 juillet 1943.
Avant le 3 août 1943, date de la fusion des FNFL avec les
forces maritimes d'Afrique du Nord,le
bâtiment passe environ 60 jours à la mer et 192 heures en plongée.
Durant cette période il est victime d'une avarie aux hélices
le 21 mai 1943.
Le 3 août 1943 il est au mouillage à Holy Loch.
Nom du commandant (durant la période FNFL) : CC SONNEVILLE.
(d'après HISTORIQUE DES FORCES NAVALES FRANCAISES
LIBRESTome 1 2ème édition
Service historique de la marine 1990).
Dans la nuit du 21 au 22 juin 1944, le
sous-marin CURIE bombarde des chantiers de construction de batteries côtières
au cap Gros près de Port-Vendres et il observe, au cours de ce tir, trois
fortes explosions.
Quelques semaines plus tard, le CURIE incorporé dans une
flottille britannique opère dans le Dodécanèse : il torpille un premier cargo
le 3 août 1944, puis, le 2 octobre en coule deux autres le ZAR FERDINAND et le BRUNHILD
(ex français BACCHUS, navire citerne à vin).
(d'après LES SOUS-MARINS FRANÇAIS DES ORIGINES A NOS
JOURS de H. LE MASSON aux éditions de la Cité à Brest - 1980)
1945
le CURIE arrive à Brest le 14
juin venant de Plymouth. Il quitte Brest le 30 juillet pour Lorient où ilva rentrer en carénage.
A compter du 1er août
1945 le CURIE est en carénage à Lorient jusqu'au mois de mars 1946.
1946
Après avoir terminé son grand
carénage à Lorient, le bâtiment rallie La Pallice le 23 mars. Il est ensuite
détaché pendant un mois à l'école d'écoute de Casablanca.
Durant les mois d'avril et mai
il reste détaché à l'école d'écoute de Casablanca puis effectue une croisière
en Méditerranée.
De nouveau détaché à l'école
d'écoute du 14 juillet au 31 août.
Le CURIE est rendue à la marine
britannique en septembre 1946.
(d'après la collection des comptes rendus d'activité
de la marine pour la période comprise entre le 1er juin 1945 et le 1er
janvier 1947 - Etat major général de la marine).
Symbolique (voir description page suivante)
-Le fanion du sous-marin CURIE (ex HMS VOX) est conservé par la base
sous-marine de Toulon.
-Un insigne a été réalisé conformément au motif symbolique par la
société ARTHUS BERTRAND (nom au verso). Une deuxième fabrication aux couleurs
plus claire existe sans marque de fabricant.
-Ruban légendé : le ruban légendé au nom du CURIE n'a jamais officiellement
existé. Les quartiers-maîtres et matelots portaient le ruban F.N.F.L. jusqu'au
mois d'puis le ruban MARINE
NATIONALE.
(Toute autre information sur
le sujet sera la bienvenue).
EXTRAIT DE L'OUVRAGE de A. TRUFFERT"AUX POSTES DE COMBAT" (éditions G.P. PARIS 1945)
Chapitre 7-SOUS-MARINS
CURIE
Un sous-marin
tout bleu construit par les anglais pour la France combattante, premier d'une série
de trois ("CURIE", "MORSE", et "DORIS") et qui au
mat de beaupré, arbore le pavillon à la croix de Lorraine.
Comme devise
"A corps perdu". Comme symbole un cerf, dont la tête et les bois
figurent sur l'écusson, en u n mouvement semblable à celui que l'on peut voir
aux antilopes dans les bas-reliefs antiques. Sur le kiosque, une seule
inscription "POLA 1914".
C'est qu'en
effet le "CURIE" renoue une tradition qui est très chère à la
marine, celle du sous-marin qui, portant déjà le nom illustre d'un grand
savant français, s'illustra sous les ordres du lieutenant de vaisseau O'BYRNE
contre la flotte austro-hongroise pendant la première guerre mondiale.
…./….
Le souvenir
de Pola était présent dans la pensée de tous ceux qui assistaient à la
remise du nouveau "CURIE" aux forces navales françaises par les
chantiers Vickers. C'était une cérémonie toute simple où était présent le
général de GAULLE et où les marins anglais rendaient les honneurs à l'équipage
français ainsi qu'à son chef. La flamme des F.N.F.L. et le pavillon tricolore
sont montés à ses mâts. Et le nouveau "CURIE" est au combat, à
corps perdu, selon sa fière devise, d'où il a rapporté la citation suivante :
"Sous
le commandement du lieutenant de vaisseau CHAILLEY, a attaqué successivement
deux convois fortement protégés, coulant trois bâtiments ennemis, subissant
à cette occasion un violent grenadage. Au cours de ces engagements qui se sont
déroulés, le premier en surface, le deuxième en plongée, à proximité des côtes
occupées par l'ennemi, l'état-major et l'équipage ont confirmé les qualités
magnifiques d'ardeur, de courage et de sang-froid qui leur avaient permis de
remporter déjà de nombreux succès.
Cette
citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec palme au lieutenant
de vaisseau CHAILLEY."
Le lieutenant
de vaisseau CHAILLEY est le fils du second du "CURIE" de Pola,
englouti en 1914 avec le sous-marin.
avec l'aimable participation du texte Jean LE GOUIN
SM EX anglais type Vox
N) de coque P67
Lancement le 23/1/43
621 ton.
760cv
Retiré le 17/9/46
Rétrocédé à la marine britannique
4 tubes de 533
1 canon de 1-3'
Bâtiment remis par les anglais aux FNFL
Le pavillon français fût hissé le 22 avril 1943
Jusque en août 1943 il participa à des entraînements puis effectua des
missions de patrouille sur les côtes de Provence, Italiennes et en
Méditerranée. Le 3 août 1944il torpilla un cargo ennemi puis il gagna
Toulon le 22 septembre 1944 d'ou il repartit pour un nouveau secteur de
patrouille, la mer Egée.
Durant le mois d'octobre il attaqua 4 bâtiments et en coula 3.
Basé à Toulon le 29 septembre 1944 il effectuera des excercices.
Il quitta ensuite la cote méditerranéenne pour l'Angleterre.
Le 21 mai 1944 il parti pour Casablanca et revint ensuite sur Brest puis
Lorient en juillet 1946.
Le 30 août 1945 il appareilla pour La Palice d'où il gagna Portsmouth le 27
septembre 1946.
Le même jour il fut restitué à la Royal Navy
Je t'envoi une photo, prise à Malte en 1944.
Quelques hommes du Curie, dont mon père (flèche).
Cette photo a été prise par JL Gloagen (d'ap. renseignements)
Le chien, c' était Radium, la mascote du Curie.
La photo de Malte où se trouve mon père m'a été transmise
très sympathiquement par J-Daniel Séguinard
Le nom des 5 sous-mariniers sur la photo de Malte 1944, où il y a mon père.
De gauche à droite debouts :
ROSEREN Michel, GOURGEN Françis, SARDELLA Jean, DESVIGNES Raymond
Accroupis :
VIEILLERIBIERE J. dit "le baron", FERRENQ Maurice et RADIUM la mascote.
2/ Extrait du livre "Le Curie" de Jean-Louis GLOAGUEN, avec son accord
:
"(...) Le Curie venait d'égaler un ancien record en torpillant 3
navires en 24h, ce qui était exceptionnel dans les annales de la guerre
sous-marine. (...)
Le 13 octobre 1944, peu avant midi, nous sommes arrivés à Malte.
Le CaptainS10 nous attendait sur le quai avec un groupe d'officiers et de
personnel de la base pour les 3 "hourra !" traditionnels.
Toutes les sirènes de la vingtaine de navires présents se sont mis à hurler.
Ce fut un beau charivari qui intrigua tous les terriens entre La Valette et
Slima.
Un moment inoubliable."
Début mai 1943, il prend le commandement du
sous-marin Curie que la marine britannique vient d'offrir aux FNFL et
recommence les patrouilles en Mer du nord et en Méditerranée.
Début février 1944, Pierre Sonneville quitte
la Curie et, après un cours séjour à Alger nécessaire à son
affectation au Bureau Central de Renseignements et d'Action de Londres (BCRAL),
il arrive en Grande-Bretagne le 20 février.
Nouvelles photos souvenirs de monsieur Charles
Salducci, membre de l'équipage du SM CURIE
avec le commandant Chailley qui avait succédé
au commandant Sonneville, et ce jusqu'à la fin de la
guerre.
Photos aimablement transmises par son fils résidant en
Isère.
Légendes :
Photo : Equipage sous le kiosque (flèche orangée : mon père,
flèche verte : Charles Salducci)
Photo : A terre devant la Croix de Lorraine, avec
Radium, la mascotte. (flèche : Charles Salducci)
A remarquer le journal "Franc Tireur" un des
journaux de la Résistance.
Photo : Ruban légendé : "Sous Marin Curie".
Ce ruban n'a jamais officiellement existé. Pourquoi ?
Photo :Le SM Curie en surface
Jean-Louis Gloaguen membre du glorieux
équipage et auteur de l'ouvrage sur le SM Curie,
nous a hélas quitté en février 2006.
11-11-2013
L’audacieuse attaque tentée par le sous-marin Curie
« La
chance sourit aux audacieux », dit-on. Mais pas toujours…. Affecté
à Bizerte, à la 2ème Escadrille de la 1ère Armée Navale, le lieutenant
de vaisseau John Joseph Gabriel O’Byrne, commandant du sous-marin
« Curie », de type Brumaire, reçoit l’ordre, en décembre
1914, d’attaquer la flotte austro-hongroise, alors au mouillage au port
croate de Pola, qui se dérobait face à la flotte française en mer
Adriatique.
Quelques
jours auparavant, le commandant du Curie avait reçu l’ordre de retirer
un système de filières qu’il avait imaginé afin d’éviter de voir les
hélices et les gouvernails de son sous-marin être pris dans les filets
protégeant les ports adverses pour y installer à la place un dispositif
de défense « réglementaire » totalement inefficace. Cette
décision ne sera pas sans conséquences pour la suite.
« Nous
sommes en guerre et j’ai reçu un ordre. Ordre médiocre, j’en conviens,
mais pas absolument mauvais. Les chances de réussir sont réduites, mais
non tout à fait supprimées. En réclamant contre mon chef direct, je
donnerais l’exemple de l’indiscipline », confiera le commandant
O’Byrne à son camarade Paul Chack, également officier de marine et
futur écrivain qui sera fusillé en 1945 pour avoir collaboré avec les
nazis.
Conçu
aux chantiers navals de Cherbourg quelques années avant le début des
hostilités, le Curie est à propulsion diesel alors que la plupart
des submersibles de l’époque sont à vapeur. Pouvant évoluer à 8 noeuds
en plongée (13 noeuds en surface), il dispose de 7 tubes à torpilles de
450 mm (1 à l’étrave et 6 à l’arrière). D’une longueur de 52
mètres et d’un déplacement en plongée de 551 tonnes, il est mis en
oeuvre par un équipage de 25 marins. Pour le commandant O’Byrne, il
n’était alors plus que temps de passer à l’action et de montrer de quoi
était capable le navire qu’il lui avait été confié.
Malgré
un navire alourdi par les fameuses défenses
« réglementaires », le sous-marin Curie, avec 10 jours de
vivres à bord, est remorqué, le 17 décembre, par le croiseur Jules
Michelet pour économiser du combustible. Son commandant dispose d’une
« carte secrète », sur laquelle sont censés être marquées les
défenses du port du Pola.
Deux
jours plus tard, la chance sourit au sous-marin français : il croise un
cuirassé de type Radetzky qui rentre au port. Le commandant O’Byrne va
s’en servir de « pilote » pour entrer dans la rade de Pola,
avec la perspective de réaliser un « joli carton » étant
donné qu’une bonne partie de la flotte austro-hongroise y est réunie
avant d’entamer la semaine de Noël.
Tout
semble aller pour le mieux quand, le sous-marin, alors en plongée
périscopique, accroche les mailles d’un filet défensif. En fait, un
câble s’est pris dans le gouvernail milieu du Curie. Commence alors une
lutte acharnée qui va durer des heures pour le désengager tout en
tentant d’éviter de se faire remarquer par la marine austro-hongroise.
Mais
à cause des remous provoqués par les manoeuvres pour se libérer du
câble, le sous-marin est repéré. Pire, au cours de l’une d’entre
elles, le Curie se cabre et son étrave crève la surface. Les marins
austro-hongrois vont alors canarder la position et même y jeter de
lourdes chaînes. Mais ce n’est encore pas suffisant pour avoir raison
du navire français, qui tente une énième fois de se défaire du câble
qui l’empêche d’évoluer. « Un dernier coup, mes garçons, pour la
France, pour l’honneur du vieux Curie », lance le commandant. Il
émerge de nouveau, 2 heures plus tard, mais il est encore accueilli par
des salves ennemies.
La
situation à bord devient critique. Les accumulateurs sont épuisés, il
n’y a plus d’électricité et l’atmosphère devient irrespirable. Et il
n’y a plus d’espoir. Le commandant O’Byrne va tenter un dernier coup.
Après avoir détruit tous les documents confidentiels du bord alors que
le sous-marin est en plongée, il donne l’ordre à l’équipage d’évacuer
le Curie, son idée étant de purger les ballasts en grand pour le faire
couler.
Le
Curie refait surface à la nuit tombée. Ses marins, rassemblés sur le
pont reçoivent une grêle de mitraille. Certains tombent dans l’eau
glacée, ce qui, paradoxalement, les sauvera. Le second du sous-marin,
l’enseigne de vaisseau Pierre Chailley, qui organise l’évacuation, est
fauché : son corps, criblé de balles, ne sera retrouvé que 3 jours plus
tard. Quant au lieutenant de vaisseau O’Byrne, il est resté à bord pour
s’assurer du sabordage de son bâtiment. Toutefois, des éclats d’obus le
blessent grièvement. Le quartier-maître électricien Salaun, également
touché, reviendra à bord chercher son commandant…
Les
survivants sont ensuite recueillis à bord du croiseur Sankt-Georg et du
Dreadnought amiral Viribus Unitris. Les marins austro-hongrois sont
stupéfaits et admiratifs par l’audace de leurs homologues français, qui
ont pu rester pendant deux jours dans la rade de Pola sans se faire
repérer. Quoi qu’il en soit, cela ne leur évitera pas d’être internés
au camp de Deutsch-Gabel. Le commandant O’Byrne, gravement touché, ne
survivra pas à ses blessures. Echangé en 1916 contre un officier
autrichien, il décédera à Grenoble peu de temps après son transfert. Il
sera coté à l’ordre de l’Armée navale : « A fait preuve du
plus grand héroïsme en pénétrant au fond d’un port ennemi malgré la
multiplicité des moyens de défense, a lutté avec la plus grande énergie
pour échapper à l’ennemi, et a coulé le bâtiment pour éviter qu’il ne
tombe entre ses mains ».
Quant
au Curie, la marine austro-hongroise réussira à le renflouer et le
remettra en service sous le nom de U-14. Il ne sera rendu à la France
qu’après l’armistice. Réintégré au sein de la Marine nationale, il sera
finalement désarmé en 1928.
En savoir plus sur
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