Le
commandant de la Marine en Corse (COMAR AJACCIO) est un
capitaine de vaisseau, qui est placé sous les ordres de
l'amiral, commandant la zone et commandant la région maritime
Méditerranée, dont il est le représentant sur l'île
.
CV GROJEAN actuel COMMAR
La Marine en Corse est
principalement constituée de: l'unité de soutien "Marine
à Ajaccio", de 7 sémaphores disposés tout autour de
l'île, d'une station radio et d'une vedette de la gendarmerie
maritime.
Il existe aussi un Bureau
d'information sur les Carrières de la Marine (BICM) et un
centre de vacances de l'Action Sociale des Armées.
Les missions de la Marine en Corse
sont :
la surveillance maritime et
côtière, le recueil du renseignement, la protection et la
défense de ses installations dans l'île, le soutien des
unités de la marine nationale implantées ou de passage, du
"SOUS-CROSS CORSE" et enfin la préparation et la mise
en oeuvre de la défense maritime de la Corse.
Marine National et action de l'État
en mer
DES ACTEURS NOMBREUX POUR DES
MISSIONS VARIÉES.
L’action de l’État de mer ne se confond
pas avec celle de la seule marine nationale. En effet, en dehors
des activités militaires liées directement à la défense de
leurs approches, les États maritimes sont conduits à exercer
en mer un certain nombre de polices et à y intervenir en
fonction des circonstances. C’est ainsi que de nombreuses
administrations prolongent leurs activités terrestres au-delà
du littoral.
Il va de soi que la vocation maritime de ces
administrations est plus ou moins affirmée. Elle se traduit
soit par des initiatives d’ordre réglementaire comme pour le
ministère de l’environnement, de la santé ou de la culture
soit par la présence effective en mer de moyens nautiques et
aériens d’importance variable, adaptés aux missions de
police et de sauvetage en mer. C’est notamment le cas des
affaires maritimes, des douanes et de la gendarmerie nationale.
Mais c’est aussi celui de la marine nationale, qui consacre
près de 20 % de son potentiel hauturier aux missions dites de
service public. L’action éminente de la société nationale
de sauvetage en mer (SNSM) mérite par ailleurs une mention
particulière.
UN ÉVIDENT BESOIN DE
COORDINATION.
Une présence aussi diversifiée de l’État
en mer ne peut se concevoir sans coordination. Des mesures
réglementaire ont été adoptées en ce sens avec la parution
en 1972 ( Décret n°72-302 et son arrêté d’application
du 19 avril 1972)de texte structurant cette présence.
Ainsi, pour chacune des missions en mer qui y sont
répertoriées et qui incombent à l’État, une administration
chargée de la coordination est désignée parmi celles, au
nombre d’une dizaine, concernées à un titre ou à un autre.
Ces missions peuvent être regroupées selon leur
finalité : assurer la coexistence des usagers de la mer,
protéger les ressources et l’environnement, assurer la
sauvegarde des personnes et des biens, contrôler les mouvements
de marchandises ou soutenir diverses activités scientifiques et
techniques d’intérêt général (hydrographie,
météorologie, balisage, etc.).
LA MODÈLE FRANÇAIS.
Mais l’accroissement considérable du trafic
maritime, l’extension des eaux sont juridiction nationale et
les nécessités de la prévention des pollutions par voie de
mer ont conduit à développer les efforts en vue d’optimiser
l’emploi des moyens étatiques. Deux solutions étaient alors
envisageables. La première consistait à créer, séparément
de la fonction militaire, une structure unique à vocation
maritime de type « garde-côtes », modèle dont les
États-Unis ont été les précurseurs. La seconde était de
confier à un haut représentant de l’État la responsabilité
de coordonner l’action des différentes administrations
agissant en mer. C’est cette seconde voie que la France a
choisie en renforçant considérablement la charge du préfet
maritime, créée, il est bon de le rappeler, par le Premier
Consul. Aux termes d’un décret de mars 1978 (Décret
n°78-272 du 9 mars 1978), le préfet maritime est
dépositaire en métropole de l’autorité de l’État en mer.
Il est délégué du gouvernement et représentant direct du
Premier ministre et de chacun des ministres.
Les titulaires de cette fonction sont trois
amiraux commandants de région ou d’arrondissement maritime.
Appelés respectivement préfets maritimes de la Manche et de la
Mer du Nord, de l’Atlantique et de la Méditerranée, ils sont
installés à Cherbourg, Brest et Toulon, d’où ils exercent
aussi leurs attributions militaires.
UN PRÉFET DE LA
RÉPUBLIQUE.
Selon le décret cité plus haut, le préfet
maritime est investi d’une responsabilité générale dans
tous les domaines où s’exerce l’action de l’État en mer,
notamment la défense des droits souverains et des intérêts de
la nation, le maintien de l’ordre public et la sauvegarde des
personnes et des biens.
Il coordonne l’action en mer des
administrations et, si nécessaire, la mise en œuvre de leurs
moyens, étant entendu que ces administrations sont seules
compétentes pour la conduite de leurs activités spécifiques.
En d’autres termes, le préfet maritime exerce en mer une
compétence générale par défaut, aux côtés d’autres
administrations ou d’autres autorités qui y disposent de
compétences spécialisées.
Une autre approche consiste à se référer à
un décret d’avril 1983 (Décret n°83-321 du 20 avril 1983)
relatif aux pouvoirs des préfets de département, de région et
de zone de défense, qui consacre les responsabilités du
préfet maritime en matière de défense non militaire.
S’agissant d’ordre public, le préfet
maritime est en mer autorité de police administrative
générale, au même titre qu’un préfet de département ou qu’un
préfet de police de grande ville. Il prend les arrêtés ou les
mises en demeure nécessaire à la préservation de la
tranquillité publique. Sans ignorer les pouvoirs de polices
spéciale confiés à d’autre autorités administratives, il
dispose lui même de tels pouvoirs : police du
« passage inoffensif » dans les eaux territoriales,
police des épaves, police de la pollution, police des navires
abandonnés. Son action ne se limite pas à l’établissement
des règles contraignantes mais consiste aussi à exercer le cas
échéant la responsabilité et la direction des opérations de
sauvetage en mer, de lutte contre les menaces de pollution et de
maintien de l’ordre. Il faut enfin souligner que le préfet
maritime est responsable de l’emploi de la coercition et de la
force en mer.
Ainsi, en plus de ses missions militaires
liées à la dissuasion et à la gestion des crises, prenant
toute sa place dans un rôle de défense civile conforme à l’ordonnance
de 1959 portant organisation générale de la défense (Ordonnance
n°59-147 du 7 janvier 1959), la marine nationale fournit
une contribution essentielle à la protection des populations,
au maintien de l’ordre public et à la sauvegarde de la
continuité de l’action gouvernementale.
DES OUTILS SUR MESURE.
L’amiral préfet maritime dispose de moyens
humains et matériels dont la vocation de service public est
bien établie.
Tout d’abord, son état-major comporte une
division « action de l’Etat en mer ». Les
principaux acteurs du service public en mer y sont ou peuvent y
représentés : marine, affaires maritimes, gendarmerie,
douanes.
Il est par ailleurs l’autorité d’emploi
des centres régionaux opérationnels de surveillance et de
sauvetage (CROSS). Mis en œuvre par l’administration des
affaires maritimes et armés par du personnel militaire, les
CROSS assurent la permanence opérationnelle et la réception
des alertes relevant du secours maritime. Dans le cadre de
la prévention on des abordages en mer, certains de ces centres
assurent aussi une fonction de surveillances des dispositifs de
séparation du trafic, qui ont été crées à terre à
proximité des voies maritimes resserrées ou à forte
concentration du trafic. Sauf si le préfet maritime décide de
les conduire lui-même, les opérations de secours en mer sont
dirigées par les CROSS, qui lui rendent compte de leur
déroulement.
Dans les ports du littoral français et pour ce
qui concerne l’exercice de ses seules attributions non
militaires, le préfet maritime a pour représentants locaux les
administrateurs des affaires maritimes.
Toutes les unités de la marine nationale
peuvent participer aux missions de service public en mer.
Certaines sont plus spécialement adaptées. Il s’agit en
particulier des vedettes et patrouilleurs de la gendarmerie
maritime (La gendarmerie maritime est mise pour emploi aux
ordres du chef d’état-major de la marine), des
patrouilleurs affectés à ma police des pêches ou à la
surveillance des zones économiques en mer, des remorqueurs d’intervention
de forte puissance ainsi que des bâtiments de servitude
affrétés à des sociétés civiles, de la chaîne des
sémaphores dont la mission de surveillance de toutes les
activités le long du littoral français est capitale et enfin
des hélicoptères spécialisés dans le sauvetage, l’évacuation
sanitaire et le transport d’équipes d’évaluation et d’intervention
à bord de navires en difficulté.
L’ACTION DE L’ÉTAT EN
MER DE CORSE.
Le préfet maritime de la Méditerranée est
compétent pour la Corse.
Une antenne locale du CROSS Méditerranée ( le
CROSS Méditerranée est implanté à ma garde, près de
Toulon.) fonctionne à Ajaccio dans l’ancienne base de l’aéronautique
navale d’Aspretto selon un régime saisonnier adapté à l’activité
maritime dans les approches de l’île.
Sept sémaphores sont répartis le long du
littoral insulaire : La Parata, Pertusato, La Chiappa en
Corse-du-Sud, Alistro, Sagro, le Cap Corse et l’Ile Rousse en
Haute-Corse. Deux d’entre eux sont armés en permanence :
Sagro et Pertusato. Ce dernier assure en outre la surveillance
du dispositif d’organisation du trafic dans les Bouches de
Bonifacio mis en vigueur en 1998 dans le cadre d’un accord
bilatéral franco-italien.
Toutes administrations confondues (armée,
affaires maritimes, gendarmerie, douanes, SNSM), ce sont une
douzaine de vedettes et une demi-douzaine d’hélicoptère qui,
basés en Corse, sont susceptibles d’intervenir plus ou moins
loin en mer. Ce potentiel est renforcé à la demande par des
moyens venus du continent, au nombre desquels figure en bonne
place le remorqueur d’intervention « Mérou »,
systématiquement déployé dans les Bouches de Bonifacio dès
que les prévisions météorologiques sont mauvaises.
Mercredi
12 Fevrier 2003 18:49
Dès les premiers jours du printemps,
le patrouilleur Grèbe sera, en
priorité, dans les Bouches de
Bonifacio. (Photo D.R)
Surveillance renforcée dans les
Bouches de Bonifacio
De retour de manœuvres, le patrouilleur Grèbe s'est
arrêté deux jours dans les Bouches de Bonifacio, prémices
à une présence plus constante. Prise de contact avec
la station locale de la SNSM sur fond de tempête
Les dernières semaines en mer ont été dures, pour
les navires comme pour les équipages. Coup de vent
sur tempêtes, les nuits et les jours au large
constituaient des mises en conditions exceptionnelles
pour les entrainements.
Revenant d'une opération européenne qui regroupait,
vers Palma de Majorque, les Guardi Civile Espagnols,
la Garda Italienne, les Douanes Britanniques, une
corvette portugaise, première coopération des forces
européennes contre l'immigration illégale, le
commandant du patrouilleur Grèbe, capitaine de
corvette P-.F. Ferri (d'origine ajaccienne), avait
donné rendez-vous, par l'intermédiaire du sémaphore
de Pertusato, au patron et au second du canot tout
temps SNSM, pour une prise de contact.
Une démarche qui s'inscrit dans le renforcement de la
surveillance des eaux méditerranéennes et des
missions de service public. Dès les premiers jours du
printemps, le patrouilleur Grèbe (que les gens de mer
ont déjà vu à l'œuvre) sera en effet, en priorité,
dans les Bouches de Bonifacio.
Entrainements et contrôles
Avec l'Arago, navire océanographique converti à la
patrouille et le Grèbe, patrouilleur de service
public, bâtiment de 52 mètres, l'accent a été
particulièrement mis sur les eaux méditerranéennes.
Surveillance des pêches, de la navigation avec le
contrôle des navires français comme étrangers, réarmement
des sémaphores, lutte contre l'immigration (qui
emprunte de plus en plus la haute mer), lutte contre
la pollution, surveillance de la zone côtière des
200 milles, missions de recherche et sauvetage,
l'action de l'Etat en mer s'est dotée ces dernières
deux années d'une volonté nouvelle.
Les Bouches de Bonifacio rassemblent les efforts de ce
nouveau dispositif. Tout comme les commandos de l'air
de Solenzara en opération d'hélitreuillage voici
peu, les bénévoles de la station SNSM de Bonifacio,
Pierre Desimone et Yves Laffont ont pu jauger les
moyens mis à la disposition de ce site sensible.
Equipements à infra-rouges
La présence du patrouilleur constitue déjà une prévention
visuelle (comme le gendarme au rond-point) : les
navires de commerce, identifiés auprès du sémaphore
ne risquent pas d'oublier la bonne route, elle leur
serait rappelée manu militari. Et le Mérou, souvent
sur zone, est là pour passer la remorque... Pour
cette prise de contact, l'état de la mer a dissuadé
la plupart des navires ; seul un porte-conteneurs
a effectué sa route, les autres semblaient attendre,
à l'abri, des jours meilleurs.
En été, où le flux des embarcations ne tarit pas,
les particularités du patrouilleur, et surtout de son
canot d'inspection rapide (30 nœuds) embarqué par un
radier arrière même quand le bâtiment fait route,
devraient faire leurs preuves. Equipé de moyens
infra-rouges, permettant la surveillance du braconnage
de nuit, performant sur le contrôle des pêches et
des véhicules nautiques à moteur, ainsi que des
vitesses excessives, le commando du Grèbe intervient
également dans la lutte contre la pollution
(dispersant, canon à eau, prévention incendie).
Coordonnant les moyens en cas d'opération
d'envergure, l'équipage du Grèbe, une vingtaine
d'hommes, très polyvalents, s'est fait un plaisir de
cette démonstration.
Les faits le prouvent parfois dramatiquement, les
actions d'urgence sont nettement plus performantes
lorsque les divers intervenants se connaissent et ont
déjà eu l'occasion de dialoguer, jusqu'à constituer
un réseau dont la dynamique constituera la
performance. Tel était l'objectif de cette prise de
contact.