Cette page est dédié à l'équipage exceptionnel à l'armement du Sous Marins BÉVEZIERS
Une pensée à nos camarades disparus
Photos de BERNARD GOUESBET
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LE SOUS-MARIN BÉVEZIERS
: FILLEUL DE LA VILLE DE CAEN
(1977-1997). Caen : ville
marraine. Créer, équiper. entretenir une flotte de guerre a toujours été pour un État synonyme de dépenses majeures. Sous le règne de Louis XV ( 1610-163), afin de contourner, en partie cette difficulté.
il fut décidé de demander aux villes et aux provinces du pays de
contribuer financièrement à la construction de navires de guerre. En échange
ces généreux donateurs voyaient leur nom orner la proue de leur filleul
et sillonner les mers du globe. C'est ainsi que plusieurs de nos grands
vaisseaux de ligne portèrent les noms de Bourgogne,
Normandie, Provence, Bretagne, Ville de Paris. Cette idée a évolué avec le temps. L'aspect financier de l'opération a disparu au profit de données plus relationnelles, voire plus sentimentales: les parrainages sont désormais l'occasion d'établir des liens privilégiés entre les marins et leurs concitoyens. Les villes côtières sont souvent des marraines recherchées mais y trouve aussi bon nombre de villes intérieures. Aujourd'hui, quasiment tous les bâtiments de la Marine nationale sont parrainés par une ville ou un Conseil générai, de France métropolitaine ou d'outre-mer. Dans le cadre de la refonte de notre système de défense. cette notion retrouve toute sa force: le lien Armées Nation, Marine Nation passe en partie par ce genre de rencontres. Des liens d'amitié, de solidarité doivent plus que jamais être tissés entre nos différents équipages. nos villes et les citoyens. Ouistreham et Caen se trouvent être ou avoir été marraines. Ainsi, à l'entrée de Caen, par la route de Falaise, un singulier panneau d'information composé d'une ancre et d'une clef croisées. témoigne de cette réalité. Il y est inscrit : "Caen : ville marraine du sous-marin Bëre_ ier'". Seuls les érudits comprendront la signification de ce lien entre une ville et un sous-marin. I) Le second Béveziers. Le 16 avril 1977, il y a donc vingt ans, à 12 heures, une cérémonie solennelle avait lieu en la mairie de Caen, en présence des autorités civiles et militaires, de tout l'équipage du sous-marin Béveziers, ainsi que de l'ensemble du Conseil municipal. Le Sénateur Maire de la ville, Monsieur Girault, et le Capitaine de Corvette, Royer de Véricourt, commandant du bâtiment, échangeaient le précieux parchemin de parrainage qui consacrait l'adoption par la cité de son filleul. Près d'eux, se tenait Monsieur Jaeckert, le très actif président de I'AGAASM 1, qui fut à l'origine de ce rapprochement. Il profitait d'ailleurs de cet instant, pour remettre à l'Hôtel de ville une maquette du association Générale Amicale des ancien des Sous-marins.
A l'origine se trouve
des discussions informelles entre plusieurs membres ayant habités
Caen avant la Seconde guerre mondiale. Le souvenir ému d'une (voire de plusieurs)
visite de sous-marins dans le port, ou d'autres types de bâtiments,
l'existence de chantiers navals à Blainville entretenaient le désir de renouer avec
ce passé. La réussite
des escales organisées entre 1973 et 1976, avec les venues alternées des
sousmarins Dauphin,
Morse, Narval,
Sirène, a
fait prendre conscience de l'importance des liens
existants entre la Marine nationale et les Caennais. Dès lors, Monsieur
Jaeckert et la ville n'ont eu de cesse de structurer un parrainage. Le préfet maritime
consulté, se déclare
hostile à la venue d'un sous-marin de façon régulière à Caen, préférant
un dragueur océanique. Finalement,
après plusieurs courriers et appels téléphoniques, l'état-major de la Marine
donnait son accord pour la réalisation du parrainage entre Caen et
un tout nouveau type de
sous-marin d'attaque Agosta,
nom du prototype alors en construction, à Cherbourg. Mais, la construction prenant du retard, il fut remplacé au
dernier moment, par son petit
frère nouvellement lancé : le
Béveziers. Le hasard de ce changement
faisait plutôt bien les choses. A la lecture des
journaux du mois d'avril 1977 nous pouvons constater combien les
Caennais furent sensibles à ce rapprochement. L'originalité de se
parrainage, les spécificités
de la sous marinade, la convivialité, le dynamisme de l'AGAASM et des autres
associations liées au monde maritime, la régularité des visites effectuées
par le Béveziers, ont
largement contribué à la pérennité de cette première rencontre. Il y eut des escales plus marquées
que d'autres, comme l'année du congrès international des anciens sous-mariniers
(1985), ou plus de 500 invités venus du Royaume-uni, de Russie,
d'Italie, d'Allemagne, se retrouvèrent.
Le Béveziers,
après être venu à Caen,
vint prendre "un pied de pilote"
devant Deauville, en
attendant que tous les congressistes viennent
à sa rencontre au large avec tout ce que les environs comptaient de
navires (environ 60). Devant
cette nombreuse assistance, une émouvante cérémonie, à
la mémoire des anciens
sous-mariniers disparus, put avoir lieu. En 1984, comme en 1994, à
l'occasion du quarantième et du cinquantième anniversaire du Débarquement
alliés sur les côtes
bas-normandes, il était toujours présent. A chacune de ses visites (huit
entre 1977 et 1996), ce bâtiment
et son équipage ont su resserrer les liens avec leur marraine. Nombreux sont les Caennais (près de 8 000 à 10 000 selon la presse) qui
peuvent affirmer être
descendus dans ses
entrailles et avoir partagé quelques instants l'exiguïté des
lieux avec l'équipage. Il faut bien dire que ses dimensions n'en font pas
un palace flottant. Sous-marin d'attaque
à propulsion classique, il fut mis sur cale, en mai 1973 à Cherbourg,
devenant ainsi la quatre-vingt unième unité produite par cet arsenal. Il
est le second
d'une série de quatre Agosta, Béveziers,
La Praya, Ouessant
dont l'autorisation de
mise en chantier fut signée par Monsieur Michel Debré, Ministre d'État
chargé de la Défense nationale,
en juin 1971. Lancé le 14 juin 1975, il est présenté aux essais à la mer
en mai 1976, et admis au service actif le 27 septembre 1977, soit quelques
mois après la cérémonie de
parrainage. Ces principales caractéristiques sont DIMENSION Longueur 67,57
mètres Largeur 6,80 mètres. Hauteur
11 mètres TIRANT
D'EAU
5,40 mètres VITESSE
maximale (en plongée) supérieure à 20 noeuds; 11 noeuds en surface. DISTANCE
FRANCHISSABLE
7000
nautiques en plongée à 10 noeuds
au schnorchel. DÉPLACEMENT
En
surface 1490
tonnes. En plongée
1790 tonnes. PROPULSION
Deux moteurs diesel SEMT /
Pielstick de 850 kW (puissance en propulsion surface et schnorchel). Un moteur électrique principal de 3000 CV. Un moteur électrique de
croisière de 32 CV. Une ligne
d'arbre (une hélice). ARMEMENT
Quatre
tubes lance-torpilles d'étrave (avant), et vingt torpilles de réserve. IMMERSION
Jusqu'à 300 mètres. AUTONOMIE
45 jours NUMÉRO
DE COQUE
S621 EFFECTIF
58
hommes soit 7 officiers, 31 officiers mariniers et
20 hommes d'équipages. Les
zones d'évolution de l'équipage sont les suivantes : - une coursive centrale (environ un mètre de large) véritable épine
dorsale du bâtiment, -
un centre opération
d'où est dirigé le bâtiment, - des
postes (logements) pour sept ou huit hommes, - une
cuisine "lilliputienne" et sa "cambuse", - un
"carré" officiers de 1,5 mètres sur 3, - un
local sanitaire avec une douche ("
vous savonnez
les parois, puis vous entrez et vous suivez les mouvements du navire, vous
ressortez propre comme un sous neuf'3), - un
compartiment machines, où les mécaniciens doivent s'adapter à l'étroitesse
des lieux, - le
local torpille où l'on trouve les armes dans leur berceau, et en
l'absence d'une ou deux de ces dernières,
quelques membres d'équipage venus y installer leur quartier, -
le kiosque rempli d'appareillages divers (périscopes,
antennes), indispensables à la bonne marche du navire, est dominé par la
"baignoire" d'où il fait bon venir respirer l'air du
large. On peut aussi stationner juste en dessous de cette partie découverte
et la transformer
en fumoir, les inconditionnels de l'herbe à Nicot le savent bien. La
claustrophobie, l'asocialité sont à bannir dans ce lieu :
la promiscuité est telle qu'il
faut que chacun
y mette du sien pour que règne en permanence une heureuse harmonie.
Tous ceux qui ont vécu une expérience à bord de ce type de bâtiment
vous diront
qu'une exceptionnelle entente s'y développe, que la camaraderie n'est pas
un vain mot. Les
périodes d'activités opérationnelles de onze semaines, tout comme les
cinq semaines
de période d'entretien, permettent de renforcer cette cohésion interne. Affecté dans un
premier temps à l'Escadrille des sous-marins de la Méditerranée (ESMED
à Toulon), il passe le 5 juillet 1984 à L'Escadrille des sous-marins de l'Atlantique (ESMAT à Lorient), et enfin il rallie
en juillet 1996, l'ancienne base sousmarine de l'arsenal de Brest. Conçu pour servir jusqu'en
2002, mais atteint par la réforme
de l'armée française et les restrictions budgétaires, il doit après
plus de vingt ans de service, être mis
en réserve en février 1998, en attendant la date fatidique de son désarmement.
C'est donc pour la neuvième et dernière fois qu'il rend visite à sa
marraine et à ses habitants. Avec son retrait du service actif prend fin une
merveilleuse aventure, un
parrainage pas comme les autres, mais il y a fort à parier que longtemps
encore, nombreux seront ceux qui
garderont un souvenir ému des visites du Béveziers,
de cette silhouette
furtive se glissant silencieusement sur les eaux du canal, dans l'humidité
d'un petit matin normand. Bien que gravé dans le coeur des Caennais, son
nom demeure très énigmatique. Car
avec ce retrait ce n'est pas uniquement une unité de la Marine nationale,
un parrainage original, un nom curieux, qui
disparaissent, c'est un pan d'histoire maritime.
4-
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II)
La
bataille
de
Pevensey. J. Meyer, historien
qui a rédigé en 1993 une publication, confirme dans sa préface la difficulté qu'il y a à se procurer des renseignements sérieux
sur l'origine du nom. A l'aide
des informations des différents manuels et dictionnaires, des nombreuses revues
maritimes, des revues historiques, des archives du Musée de la Marine et
du livre d'or du bâtiment, on découvre enfin une victoire navale française. Entre
1686 et 1697, le Royaume de France doit faire face à une puissante coalition
européenne, connue sous le nom de Ligue d'Augsbourg. Parallèlement aux combats
terrestres se déroule une guerre navale opposant les puissantes escadres
françaises et
anglo-hollandaises. La Manche est un des cadres majeurs
de cet affrontement, et Anne Hilarion
de Costentin, plus connu sous le nom de Comte de Tourville,
s'y illustre particulièrement- Il réussit, enjuillet 1689, venant de
Toulon avec une vingtaine de
vaisseaux, à forcer le blocus anglais mis en place devant Brest. Promu vice-amiral
du Levant le ler novembre 1689, il hisse son pavillon sur le Soleil
Royal
(98 canons)
et prend le commandement d'une Armée navale de 70 vaisseaux de ligne
(plus de 44 canons), 5 frégates,
16 brûlots. Sur les pressantes instructions du Marquis de Seignelay
(fils de Colbert), Secrétaire d'état à la Marine, il quitte Brest le 23
juin 1690 pour
chercher et combattre la flotte combinée anglo-hollandaise ("
Sa Majesté veut qu'il les
combatte en quelque nombre qu'ils soient, qu'il les poursuive jusque dans
leurs ports"). Autour de lui se
trouve une pléiade de grands marins: son avant-garde est commandée
par le lieutenant général Château-Renault (Le
Dauphin Royal
de 110 canons), son
arrière-garde par le vice-amiral d'Estrées (Le
Grand de
90 canons). Les officiers supérieurs sont Villette-Mursay, d'Amfreville,
Gabaret, Relingue, Nesmond, Coétlogon,
Flacourt, Jean Bart, La Galissonnière, Pointis, La Harteloire. Au
matin du 10 juillet 1690, la flotte ennemi s'avance pour engager le combat
contre les Français : "un
des points les plus remarquables de la côte sud d'Angleterre est
un promontoire escarpé situé
entre Brighton et Hastings. Formé
par de hautes falaises crayeuses,
ce cap est appelé par les Anglais Beachy Head. C'est
un amer remarquable et nos
marins, qui le connaissaient bien, l'appelaient dès le XVII siècle, à
l'imitation peutêtre des
Hollandais, le cap Bévesier; ce vocable étant une
déformation (linguistique) du nom d'un petit port voisin : Pevensey",
peut-on lire sur le livre d'or du
sous-marin. Ironie de
l'histoire ou non, ce nom
apparaissait déjà dans les chroniques anciennes, puisque c'est dans cette baie, dans le petit port de Pevensey, que le 29
septembre 1066 Guillaume le
Conquérant débarqua. L'amiral
anglais Herbert (Comte de Torrington) commande une flotte de 57 vaisseaux
de ligne, dont 22 Hollandais qui constituent l'avant-garde, sous les
ordres de l'amiral Evertzen. L'arrière-garde reste sous la direction de l'amiral
anglais Delawal. Comme dans
toutes les autres batailles navales, la concentration d'artillerie est formidable.
Les Français alignent 28 000 hommes et 4 624 canons, les Anglo-Bataves 23
000 hommes et 3 842 pièces. En dépit de la supériorité numérique
affichée par la France, la Cour anglaise a donné l'ordre formel, au
commandant en chef de la flotte combinée,
d'engager le combat. Selon l'ordre habituel
de bataille, les deux flottes combattent en ligne de file (deux
lignes parallèles), l'objectif étant de rompre la ligne adverse. Les
premiers coups de canons sont tirés vers 8h30 au niveau des
avant-gardes. Les 22 navires hollandais engagent
furieusement les 22 bâtiments de Château-Renault. Mais leur vaisseau de
tête ne se trouve qu'à la hauteur de notre neuvième, de sorte que les huit
premiers n'ayant pas
d'adversaires peuvent, sous les ordres du Marquis de Villette, gagner au vent
et contourner l'ennemi. Les
Hollandais se trouvent pris entre deux feux. Au centre l'amiral Herbert
fait preuve d'un attentisme déconcertant, surtout pour ses alliés. Le Soleil Roval
de Tourville a comme
adversaire La Sandwich4 du commandant Ashby, qui,
rapidement désemparé, se fait
remorquer hors de la ligne par ses chaloupes. A l'arrière-garde l'amiral
Delawal sur La Coronation dirige avec fougue ses navires de 70 à 80 pièces contre
d'Estrées, et particulièrement contre ses plus petits bâtiments (50 à
60 pièces). Toutefois la ligne de file est maintenue, et seul Le
Terrible durement
touché par une bombe qui fait
sauter sa poupe, de la Sainte-Barbe à la Dunette, doit être éloigné. A 11 heures, sur
l'ensemble du dispositif de combat, les Français ont l'initiative. Vers
14 heures, l'amiral Herbert décide de rompre le contact. Pendant ce temps
les Hollandais se font durement
malmener. A 15 heures, profitant du vent, des brûlots sont lancés
contre les Français, sans succès: ils furent tous coulés avant
d'avoir pu occasionner des dégâts.
Petit à petit la brise faiblit, puis vers 17 heures le "juzant"5
fait sentir ses effets, ce qui reste de la flotte Anglo-Batave mouille immédiatement,
tout en maintenant sa voilure. Cette ruse, éventée trop tardivement par
Tourville, sauve nos ennemis.
En effet, avant
qu'un ordre identique soit donné aux navires français, ces derniers sont déportés vers l'ouest. Selon
J. Meyer, la canonnade a duré environ 8 heures pour les bâtiments les
plus engagés, et les Français
ont tiré 87 000 coups de canon. Le soir du 10 juillet 1690, le vice-amiral
Tourville est maître de la Manche sans avoir perdu aucun bâtiment. Cinq vaisseaux
hollandais sont rasés, deux en train de couler, une douzaine désemparés
se font remorquer par leurs chaloupes.
Les amiraux Van Wallenburgh et Van der Putten sont
morts au combat. La
poursuite engagée sur les jours suivants, alourdit le bilan du côté
batave. L'amiral Herbert se replie en
désordre en direction de la Tamise. Un de ses navires6, gravement
avarié, est obligé de se jeter à la côte et de se brûler. Il ramène
une dizaine de navires
5'Courant de marée descendant, orthographié selon l'écriture de l'époque. 6
11 s'agit
de L'Anne. gravement
touchés, mais l'essentiel de son Armée navale rentre intacte. En
remontant l'estuaire
de la Tamise il prend soin de détruire le balisage. Au total, les coalisés
perdirent 17 unités. Dans la capitale anglaise, on craint le pire,
l'affolement gagne la population et l'historien britannique Macaulay peut
écrire "il
n'v eut pas de journée plus triste dans les annales de Londres", et
"il fut un long temps
avant qu'un
seul navire anglais osât s'aventurer à montrer la croix de Saint Georges
dans le canal qui sépare l'Angleterre et la France". La Tour de Londres est tout juste
assez bien gardée pour éviter à Herbert d'être lynché(7). Le décompte
des pertes humaines est difficile à faire: les Anglais
avouent une centaine de tués, les Hollandais vraisemblablement 2000 morts. Tourville annonce 344
morts, 811 blessés, cependant, dés
le 17 juillet, il doit débarquer au Havre plus de 2000 malades et 6000
lorsqu'il arrive le 17 août à Brest. En dépit
d'une mauvaise exploitation militaire de ce succès, le Roi Louis XIV fit
chanter un Te Deum à Notre Dame et frapper une médaille commémorative.
Celle-ci se trouve
au Musée de la Marine à Paris, elle porte comme inscription : "Mersa et fugata Anglorum et Batavorum classe ad oras Angliae M.DC.XC." (La flotte
Anglo-Batave coulée et dispersée
sur les côtes d'Angleterre 1690). Curieusement,
l'histoire de France n'a pratiquement pas retenu ce fait d'arme, plus
curieusement encore, nos différentes Marines (Royales, Impériales et
Nationales) ne semblent
pas avoir voulu honorer de façon particulière cette réussite, avant le
vingtième siècle.
|
http://jlvlino.free.fr/agaasm/page6.htm
retour page Béveziers http://www.chez.com/jlv16/page6.htm